Critique à l’emploi

Source : Pexels / Pixabay

Mon parcours universitaire tire à sa fin. Bien que je devrais être enjouée face à cette perspective, c’est plutôt l’anxiété qui m’habite. Vais-je trouver un emploi qui me fait vibrer ? Suis-je capable de m’adapter à la vie d’adulte qui se présente à moi ? En discutant avec mes amies et collègues universitaires, j’ai vite compris que je ne suis pas la seule dans ce bateau. La perspective d’avoir une vie complètement nouvelle vient en tourmenter plusieurs d’entre elles aussi. Je crois que ce sentiment est toutefois normal et est causé par les défis et les enjeux qu’amène le fait de franchir la porte vers le marché du travail. J’ai donc pensé faire le portrait de quelques-uns de ceux-ci, pour démystifier ce sentiment et potentiellement changer notre vision de voir la chose.


Attentes déraisonnables 

Le premier enjeu qui saute aux yeux lors de la recherche d’un premier emploi est le niveau de compétition. Avoir plus de 100 personnes qui appliquent au même poste sur LinkedIn, cela peut être démotivant. Il faut toutefois prendre sur nous et écrire une belle lettre de motivation qui n’aura, la plupart du temps, aucun retour de la part de l’employeur. Lors de mes recherches de stage, les employeurs demandaient souvent des connaissances spécifiques de certains logiciels ainsi qu’une autonomie rapide puisqu’ils n’ont pas beaucoup de temps à accorder à la formation du stagiaire. Pourtant, faire un stage est censé être une première expérience de travail dans le domaine étudié, qui est riche en apprentissages et qui requiert un certain encadrement dans la mise en application de ses connaissances. Il est donc impossible qu’un stagiaire connaisse toutes les réalités du terrain professionnel sans jamais y avoir mis les pieds. Dans le même ordre d’idées, les emplois qui nous sont proposés lorsqu’on sort de l’université demandent souvent plusieurs années d’expérience. Toutefois, si nous n’avons pas fait de stage dans notre parcours universitaire (comme moi !), très peu d’endroits nous prennent en considération malgré nos nombreuses autres compétences. Pourquoi ne pas rencontrer la personne tout de même et miser sur ses capacités interpersonnelles ? Plusieurs pourraient être surpris de la qualité de main-d’œuvre qu’ils esquivent. Il s’agit donc d’un cercle vicieux qui se doit d’être brisé à un moment rapproché. 


Conciliation travail-vie personnelle

Source : Pexels / Samson Katt

Un autre aspect qui peut être anxiogène est la peur de perdre la conciliation travail et vie personnelle tant chérie de la communauté étudiante. Nous sommes habitués à choisir nos horaires d’école pour que celles-ci soient convenables à un mode de vie qui nous soit adapté. La conciliation travail et vie personnelle, en 2024, est un aspect que les candidats valorisent grandement. Cela fait quelques années, suite à la Covid-19, que les employeurs offrent de faire le poste complètement en télétravail ou en travail hybride. Cet aspect, pour les personnes qui ont une famille ou qui habitent loin du travail, est très alléchant et peut faire la différence dans le choix entre deux postes. Charlotte Fortin, directrice de recherche chez Léger et coresponsable de l’étude Jeunesse, mentionne qu’autant les Z que les millénariaux vont parler du salaire comme du premier facteur qui va expliquer leur mobilité (Larsimont, 2024). Une rémunération adaptée aux études que le candidat a faites est nécessaire en 2024. Le prix de la vie courante étant exponentiel, il s’agit d’un besoin pour celui-ci. 


Générations différentes

Source : Pexels / Yan Krukau

Ce qui peut sauter aux yeux, lors d’une entrée en poste, est la pensée générationnelle profondément différente. « Les travailleurs qui ont joué du coude en arrivant dans un marché du travail saturé par les baby-boomers ont toutes les raisons d’envier la situation de leurs plus jeunes collègues. Leur liberté, leurs possibilités, leurs exigences, leur front, parfois. C’est peut-être bien ce sentiment, au fond, qui est maladroitement exprimé dans les critiques qu’on lit et qu’on entend » (Fournier et Thériault, 2022). Effectivement, les critiques reliées au travail des jeunes que l’on peut entendre du bouche-à-oreille dans les institutions organisationnelles sont occasionnellement négatives et empreintes de mépris. Ces collègues devraient plutôt mettre leurs biais de côté et essayer de se comprendre mutuellement, ce qui donnera un travail collaboratif certainement plus fortuit. De plus, les employés requièrent, dorénavant, de travailler des heures normales. Overtime ? Pas ici ! Ou du moins, pas sans être payé à sa juste valeur. Cette perspective pourrait engendrer des conflits entre les employés de plus longue date. Il s’agit toutefois d’une réalité à laquelle l’employeur se doit de s’ajuster.


Quelques conseils 

Un conseil que Steeve Lavoie, président et chef de la direction de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec, mentionne est de rester à l’affût et de savoir s’adapter aux nouvelles technologies, par exemple celles qui entourent l’intelligence artificielle, aux changements économiques et aux évolutions sociales (2024). Après avoir fait plusieurs recherches d’emploi qui ne s’avèrent pas toujours fructueuses, il est important de rester indulgent envers soi-même. Cela peut prendre quelque temps avant de trouver votre emploi idéal, ce qui est tout à fait normal. Il faut toutefois se rappeler que l’entrée sur le marché du travail est un pas de géant et demandera une adaptation certaine, peu importe le milieu professionnel. Un petit plus serait de créer un portfolio avec les réalisations de votre parcours académique. Même si vous avez peu d’expérience professionnelle, cela montre vos compétences et expertises dans votre domaine et ne passera certainement pas inaperçu de l’employeur. 

Source : Pexels / Ketut Subiyanto

Écrit par Janie Leclerc



Sources 

Fournier, M. et Thériault, W. (2022, 5 juin). Et si les jeunes avaient raison ? La Presse. https://www.lapresse.ca/contexte/2022-06-05/marche-du-travail/et-si-les-jeunes-avaient-raison.php?fbclid=IwZXh0bgNhZW0CMTAAAR1fqKYB4EwcMN1klJu0dKAUYwgvY3mxWCFNNzM-wg4CyKzuhchOVPT4EhE_aem_ATqFFcdboWrsPJnJxI2nnMuhB9fnZsATzYKPwWMhQxc1XHJM8jYYZOsF8_a_VXfBNugnlch1vkq-Jh3Egb3gdwCe


Larsimont, P. (2024, 16 mars). Que veulent les travailleurs de la génération Z ? Le Devoirhttps://www.ledevoir.com/economie/809019/veulent-travailleurs-generation-z?


Lavoie, S. (2024, 26 janvier). La nécessaire évolution du marché du travail. Le Journal de Québec. https://www.journaldequebec.com/2024/01/26/la-necessaire-evolution-du-marche-du-travail

Édition de mars

Chers lecteurs et lectrices,

🐰Toutes l’équipe du ComMédia vous souhaites une joyeuse fin de semaine de Pâques🐣

Oh! Et tant qu’à avoir un long weekend… Profitez-en pour vous relaxer en lisant les articles de nos rédacteurs et rédactrices! Vous n’êtes surement plus étonnés, mais ils se sont, une fois de plus, surpassés pour vos offrir des sujets d’articles plus diversifiés que jamais!

Psssttt : l'article coup de cœur du mois est celui de notre rédactrice Marielle Bucheit qui porte sur la consommation de champignons comme suppléments!🧡

Bonne lecture à tous🤓

Mégane Emmanuelle English - Rédactrice en chef

Enfant soldat, la guerre de l’innocence

« Lorsqu'on devient un enfant soldat, on n'a plus d'amour, on nous montre seulement la haine, il fallait d'abord tuer pour ne pas se faire tuer. »

-Une citation de Junior Nzita Nsuami (Radio-Canada, 2019)

 

Chaque année, le 12 février, le monde entier souligne la Journée internationale contre l’utilisation des enfants soldats, communément appelés la Journée de la main rouge. Cette journée vise à sensibiliser à la nécessité de mettre un terme au recrutement d’enfants par les forces armées et de mettre en évidence le soutien crucial dont ces enfants ont besoin pour retrouver une vie normale et vivre pleinement leur enfance.

 

Un enfant soldat n’est pas toujours un combattant. Selon la définition de l’ONU, les enfants soldats peuvent aussi être les porteurs, les espions, les cuisiniers, mais aussi les enfants recrutés à des fins d’exploitation sexuelle (Plett, 2021). Utilisés comme arme de guerre, ces enfants apprennent à tuer et à obéir coûte que coûte. Ils sont soumis à un entraînement militaire intensif, où ils apprennent à manier les armes et à suivre des ordres sans poser de questions. Leur identité est effacée et remplacée par celle d'un soldat, prêt à tout pour survivre dans un environnement hostile. La drogue est souvent utilisée pour augmenter la bravoure, manipuler et désensibiliser : « Après la capture d’un village, ce qui arrivait, c’est qu’ils nous donnaient du chanvre [haschich] et nous forçaient à tuer des gens pour nous endurcir. Parfois, ils amenaient des femmes et des filles pour être violées. Avant de faire cela, avant de tuer quelqu’un, vous deviez fumer du hasch - et une fois que vous l’aviez fumé, cela empêchait l’esprit de la personne que vous avez tuée d’entrer dans votre corps » témoigne Albert, un ancien enfant soldat (Amnesty International, 2003). De plus, il y a des conséquences sévères lorsqu’un enfant ne parvient pas à répondre aux attentes des soldats adultes : « Les traces que j’ai sur tout mon dos sont dues aux commandants du camp qui m’infligeait 40 coups de crosses de fusils chaque fois que je ne parvenais pas à faire comme un adulte les exercices quotidiens ou bien si je m’endormais pendant mes tours de garde. En raison des coups, deux de mes amis dans le camp sont morts. Les soldats les ont enterrés dans les toilettes » témoigne Thomas, un ancien enfant soldat (Amnesty International, 2003). Dans cette triste réalité, les enfants sont en mode survit puisque leurs vies sont constamment mises en jeu. Olivier, un ancien enfant soldat partage son expérience traumatisante : « Ils m’ont amené une femme et ses enfants et j'ai dû les mettre dans un trou pour les enterrer vivants. Ils criaient et me suppliaient de leur épargner la vie. J’ai pris pitié d’eux mais lorsque je me suis retourné, j’ai vu les deux soldats qui m’accompagnaient. Alors je me suis dit: ‘si je les laisse partir, ces soldats vont me tuer’. Alors j’ai fait ce qu’on m’avait dit de faire et j’ai enterré la femme et ses enfants vivants pour sauver ma propre vie » (Amnesty International, 2003).

 

Qu’en est-il des filles?

En deux mots, exploitation sexuelle. Les filles sont le « butin de guerre » des soldats (Ouimet, 2017). En effet, dans la plupart des cas, les filles sont enlevées dans le but de servir de concubine, de femme au soldat ou d’esclave sexuelle. Natalia, une ancienne enfant soldat témoigne ceci : « Une fois dans l’armée, on m’a appris à porter et à me servir d’un fusil, et je montais la garde la nuit et le jour. C’était horrible parce que je n'avais que 12 ans et que j’étais régulièrement frappée et violée pendant la nuit par les autres soldats. Un jour le commandant a voulu que je devienne sa femme. Alors j’ai essayé de m’échapper. Ils m’ont rattrapée, m’ont fouettée et m’ont violée chaque nuit pendant plusieurs jours. À 14 ans à peine, j’ai eu un bébé. Je ne sais même pas qui est son père » (Amnesty International, 2003).

 

Dilemme : Tirer ou ne pas tirer sur des enfants soldats ?

Cette question est lourde de dilemmes éthique pour les soldats engagés dans des conflits armés. L’enfant est souvent considéré comme un avantage moral, ce qui signifie que les soldats peuvent hésiter à utiliser la force létale contre eux. En mars 2017, l’armée canadienne a été la première au monde à inclure dans sa doctrine militaire qui s’intitule « la note de doctrine interarmées », la notion d’enfants-soldats et l’orientation à prendre lors de rencontre et d’affrontements. Selon ces directives, les militaires canadiens sont tenus de signaler la présence d’enfant soldats, de tenter de désamorcer la situation et de prioriser l’attaque contre les adultes impliqués dans le conflit (Castonguay, 2017). Cependant, l’application de ses règles sur le terrain est souvent plus complexe que prévu. Dans un article de Radio-Canada, des témoignages poignants sont partagés, notamment ceux d’un ancien enfant soldat, de deux militaires de l’armée canadienne et d’une vétérane des forces armées canadiennes. Ces témoignages mettent en lumière les défis auxquels sont confrontés les soldats lorsqu’ils sont face à des enfants soldats et soulignent l’importance de la formation et des directives claires pour guider leurs actions dans de telle situations délicates. (Josselin, 2018)

 

La tragédie des enfants soldats est une tache indélébile sur la conscience collective de l’humanité. Leur recrutement et leur exploitation dans les conflits armés représentent une violation flagrante de leurs droits fondamentaux et de leur enfance. Les témoignages de ces articles ne sont que quelques cas parmi tant d’autres et oui en 2024, les enfants soldats existe encore, même plus que jamais.

 

Maxime Gravel

 

 

 

Bibliographie :

Amnesty international. (2003). République Démocratique du Congo : Les enfants soldats racontent leurs histoires. https://www.amnesty.org/fr/wp-content/uploads/sites/8/2021/06/afr620382003fr.pdf

 Castonguay, A. (31 mai 2017). Quand tirer sur un enfant soldat? L’actualité. https://lactualite.com/societe/quand-tirer-sur-un-enfant-soldat/

 Josselin, M. (15 juillet 2018). Peut-on se préparer à tirer sur un enfant-soldat? Radio-Canada. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1112554/enfant-soldat-formation-armee-canadienne-canada-mission-mali.)

 Ouimet, M. (2017). Le chirurgien de l’âme. LaPresse+. https://plus.lapresse.ca/screens/84628c83-e7a2-4a2d-8562-942aa15292b3%7C5uVc3TnjN6~H.html

 Plett, M. (2021). La détresse des enfants-soldats : les faits, les fondations : comment aider. Vision Mondiale. https://www.visionmondiale.ca/blog/la-detresse-des-enfants-soldats#:~:text=Les%20enfants%2Dsoldats%20peuvent%20occuper,et%20durable%20sur%20l'enfant.

 Radio-Canada. (2019). Témoignage d’un ex-enfant soldat en RDC. Ohdio Radio-Canada. https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/l-heure-de-pointe-toronto/segments/entrevue/128535/enfant-soldat-junior-nzita-nsuami

 

 

Champignons en tant que Suppléments Alimentaires : L'Essor du Shroomboom

Lors de mon dernier voyage en Californie, je suis rentrée dans une épicerie spécialisée dans les aliments santés et j’étais étonnée par la fascinante sélection de suppléments à base de champignons. Une rangée dédiée à toutes sortes de différents champignons, vendus sous forme de capsules, de poudres, de café infusé d'huile, et bien d'autres produits innovants encore, offrant ainsi une multitude d'options pour intégrer les bienfaits de cet aliment dans notre quotidien. Cependant, ce n’était pas la première fois que je voyais des suppléments diététiques à base de champignons en magasin. En effet, j’en ai beaucoup entendu parler sur les réseaux sociaux. Ceci m’a donc poussé à vouloir en apprendre plus sur le fongus polyvalent, plus couramment utilisé comme ingrédient dans la cuisine ou comme hallucinogène, mais maintenant commercialisé comme un complément pour la santé. 

 

Pendant plusieurs générations, les champignons ont été utilisés par de nombreuses populations à travers le monde dans le contexte de la médecine traditionnelle. Depuis des millénaires, les Chinois ont exploité les bienfaits des champignons pour leur santé, faisant de ces organismes de véritables trésors médicaux en Asie. Avec l’avènement de l’utilisation des fongus combinés avec des graines de café, pour faire du café aux champignons, l’ingrédient est devenu de plus en plus attirant. D’ailleurs, le café à base de champignons peut être consommé de deux manières; mélanger le marc de café avec des poudres ou des extraits de champignons, ou encore, infuser les grains de café avec des champignons, et ce, en utilisant les graines afin de faire pousser les champignons (Fooddive, 2023).

 

L’essor du champignon est grandement dû à sa réputation pour ses effets bénéfiques sur la réduction de l'inflammation, la gestion du stress et le renforcement du système immunitaire. Sa hausse en popularité provient également de l'engouement croissant pour les boissons prêtes à consommer, à une prise de conscience accrue à la fois de la durabilité et de l'éthique de la provenance des boissons, ainsi que des "expériences de café savoureuses". Le marché global des champignons est donc en plein développement et les prévisions de l'analyse industrielle indiquent que les applications pharmaceutiques des champignons seront le secteur à la croissance la plus éclatante du marché dans les années à venir (National Geographic, 2024)). Selon plusieurs rapports, le marché mondial des champignons fonctionnels englobant les aliments, les boissons, les compléments alimentaires et les produits pharmaceutiques a été estimé à près de 26.7 milliards de dollars en 2021 et est prévu d’atteindre 65.8 milliards de dollars d'ici 2030. « ; » Ce phénomène de croissance fulgurante en vente de fongus a même été surnommé le shroomboom (National Geographic, 2024). Toutefois, malgré le fait que plusieurs herbalistes et chercheurs ont trouvé que les champignons ont des bienfaits thérapeutiques incroyables, d’autres en sont encore sceptiques. 

 

Comme mentionné plus haut, plusieurs champignons sont utilisés dans la médecine traditionnelle depuis très longtemps. Un bon exemple serait le champignons Reishi, aussi surnommé le champignon de l’immortalité, qui est utilisé depuis plus de 2000 années par certains peuples asiatiques et qui promeut autant la santé que la longévité. Ensuite, le champignon Shiitake, qui est souvent utilisé comme complément antidiabétique et immunotherapeutique. Selon des études, ce dernier a montré des effets de suppression du diabète de type 1 chez les souris ainsi qu'une amélioration de la réponse immunitaire chez les patients atteints de cancer et traités par chimiothérapie. Un autre fongus très populaire dans le marché des champignons est nommé Chaga. Son utilisation médicinale date depuis le 12eme siècle en Europe et est souvent prescrit pour les troubles digestifs afin de réduire l’inflammation, voir même traiter les cancers. Dans des études récentes, le polysaccharide d'Inonotus obliquus (IOP), une concentration du champignon Chaga, a montré son efficacité à réduire les taux de sucre dans le sang chez les souris et à inhiber la croissance des cellules cancéreuses humaines en culture. Cependant, plusieurs experts disent qu’il n’y a pas assez de recherche et de preuves sur les effets de ces champignons. En effet, ces champignons sont souvent examinés en laboratoire, utilisant des cellules cancéreuses en culture ou des animaux génétiquement homogènes, comme des souris. Il est donc probable que les résultats observés chez de vraies personnes atteintes de divers types de cancer, et avec des profils génétiques complexes, seraient très différents. Voilà pourquoi ces études restent, pour l'instant, « essentiellement basés sur des témoignages » (National Geographic, 2024). De plus, étant donné que la croissance en popularité des champignons est encore récente, il faut encore réaliser des études cliniques avec des humains pour être en mesure d’affirmer que ceux-ci ont réellement des bienfaits sur la santé.

 

Au Japon et en Chine, certains composés, extraits de champignons, tels que le lentinane et le PSK, ont été autorisés pour être utilisés en complément de la chimiothérapie dans le traitement des patients atteints de cancer. Néanmoins, ils sont encore loin d'être intégrés dans l'industrie pharmaceutique américaine. Bien qu'un nombre limité d'études cliniques soient en cours, aucun extrait de champignon n'a encore reçu l'approbation de la Food and Drug Administration des États-Unis et au Canada (National Geographic, 2024). Malgré que les compléments de champignons ne paraissent aucunement dangereux, certaines études ont prouvé que ceux-ci peuvent causer des complications au niveau auto-immunitaire et peuvent être toxiques, si mal utilisés. Cependant, la plupart des experts ne sont pas inquiets tant que les consommateurs n'utilisent pas les champignons pour substituer leurs traitements médicaux. Un seul inconvénient ; la distribution des fongus dans les marchés demeure non réglementée, ce qui pose un problème pour plusieurs experts de la santé. Les médicaments approuvés par la FDA sont soumis à une réglementation stricte concernant leur production, leur dosage et leurs effets, contrairement aux champignons comme compléments alimentaires.

 

Bref, cette fascination pour les multiples vertus des champignons s'inscrit dans une tendance croissante vers une approche holistique de la santé, où la nature nous offre des solutions riches et variées. Dans cette exploration de l'univers des champignons, nous découvrons une histoire complexe, où traditions ancestrales se mêlent à la recherche scientifique moderne, et où les promesses de bien-être suscitent à la fois intérêt et questionnements. En effet, même ma mère s'est laissé tenter par les suppléments de champignons! Il semblerait que désormais, chez nous, les champignons aient trouvé une place non seulement dans nos assiettes, mais aussi dans nos armoires à pharmacie. Qui aurait cru que ma mère se lancerait dans le « shroomboom » ?

 

 Marielle Bucheit

 

 

 

 

Bibliographie:

 National Geographic. (n.d.). Could medicinal mushrooms be the next turmeric? Retrieved from https://www.nationalgeographic.com/science/article/mushroom-supplements-chaga-reishi-lions-mane

 Forbes. (n.d.). How the magic of mushrooms can boost your health. Retrieved from https://www.forbes.com/health/supplements/mushroom-supplement/

 Food Dive. (n.d.). Shroom boom: Here's what you need to know. Retrieved from https://www.fooddive.com/news/shroom-boom-here-complicated/692485/

 Ommushrooms. (n.d.). Health benefits of mushroom supplements. Retrieved from https://ommushrooms.com/blogs/blog/health-benefits-of-mushroom-supplements-m2

 

 





Volleyball féminin : Championne du Québec

Les carabins de l’Université de Montréal ont triomphé avec bravoure pour remporter le championnat provincial de volleyball féminin. Leur victoire en quatre manches contre le Vert & Or de l’Université de Sherbrooke a été un moment de gloire pour l’équipe. Le résultat finale, 25-21, 20-25, 25-19 et 25-21, reflète l’intensité de la compétition et la force de l’équipe de Montréal. Nos carabins, premières au Québec, il a de quoi être fier.

 

Portées par ce succès, les Carabins se sont lancées dans une nouvelle quête, celle du championnat canadien de volleyball féminin U SPORTS, qui s’est déroulé du 13 au 16 mars à Hamilton, en Ontario. Cependant, malgré leur dynamisme, leur parcours a été interrompu en quart de finale face au Panda de l’Université de l’Alberta. Elles ont été contraintes de s’incliner en trois manches serrées de 19-25, 20-25 et 22-25.

 

Ce revers au championnat canadien reste une expérience enrichissante pour les Carabins et malgré la défaite, elles ont su garder la tête haute. Leur détermination et leur esprit d’équipe continueront de les propulser vers de nouveaux défis et de nouvelles victoires dans les saisons à venir.

 

Mention spéciale à Olympe Desmedt qui a réussi à être non seulement sur la première équipe d’étoile RSEQ 2024 mais aussi sur la première équipe d’étoile USPORTS 2024. Ses efforts ont porté fruit puisqu’elle a reçu le titre « d’athlète par excellence » offert par le Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ).

 

Ces événements marque la fin de la saison 2023-2024. Nous espérons que leur détermination et leur esprit d’équipe continueront de les propulser vers de nouveaux défis et de nouvelles victoires dans les saisons à venir.

 

Maxime Gravel

 

Bibliographie :

RSEQ. (2024). Volleyball universitaire féminin – Le RSEQ est fier de dévoiler les championnes, les étoiles ainsi que les honneurs individuels 2023-2024. https://rseq.ca/sports/volleyball/universitaire/division-1/feminin/nouvelles/championnes-2024-vb-f/

 

CARABINS. (15 mars 2024). Les carabins subissent un revers en quart de finale. Volleyball féminin. https://carabins.umontreal.ca/volleyball-feminin/les-carabins-subissent-un-revers-en-quart-de-finale/

 

 

 

La trisomie 21, « ça n’empêche pas d’avancer » !

Le 21 mars dernier, le Regroupement pour la trisomie 21 lançait, pour une troisième édition, « l’Opération bas dépareillée » afin de célébrer la Journée mondiale de la trisomie 21. C’est par centaines que les gens ont exprimé leur soutien envers la cause sur les réseaux sociaux en partageant des photos de leurs bas dépareillés, qu’ils soient à l’école, au bureau ou à la maison. Cette initiative du Regroupement pour la trisomie 21 (RT21) encourage les gens, entre autres, à célébrer la différence et permet de sensibiliser la population aux enjeux qui concernent la trisomie 21. C’est également une occasion d’inviter les gens à s’informer sur le sujet afin de briser les préjugés pour permettre une meilleure inclusion des gens ayant la trisomie 21 au sein de la société. Le RT21 n’en démord pas : la différence n’empêche pas d’avancer !

 

Alors, qu’est-ce que la trisomie 21 ?

Il s’agit d’un état chromosomique congénital provoqué par la présence d’un chromosome supplémentaire à la 21e paire de chromosomes (Regroupement pour la trisomie 21, 2024). La trisomie 21, également appelée le syndrome de Down, n’est généralement pas héréditaire et ne se soigne pas. On observe notamment des caractéristiques morphologiques et physiologiques particulières chez les gens ayant la trisomie 21 : un faible tonus musculaire, une nuque plate avec un excès de peau, des mains petites et carrés avec des doigts courts, un visage rond, des yeux écartés, des jambes et des bras courts, une difficulté à contrôler les muscles de la langue, etc. (Touraine, 2010). La trisomie engendre aussi, dans certains cas, des malformations cardiaques et digestives en majorité, ainsi que des complications médicales à la naissance (Touraine 2010). Les personnes porteuses présentent généralement une déficience intellectuelle allant de légère à modérée. C’est pourquoi la stimulation précoce par les parents et auprès de spécialistes est très importante pour le bon développement des gens ayant la trisomie 21. En effet, « avec de la stimulation et des moyens adaptés, la plupart de ces personnes sont capables de s’intégrer à la société de façon autonome à l’âge adulte. L’expérience a prouvé qu’il est possible d’intervenir dès le jeune âge par la stimulation précoce et, ainsi, aider au développement moteur, au développement intellectuel et au développement du langage » (Regroupement pour la trisomie 21, 2024). Ainsi, pour les gens ayant la trisomie 21, la scolarisation leur est accessible de pair avec un bon accompagnement, et est également nécessaire pour le développement de leurs habiletés sociales et leur confiance en eux.

 

Au-delà de fournir des ressources précieuses aux familles vivant avec la trisomie 21 (activités de socialisation, information et support, ainsi que des services spécialisés en orthophonie, ergothérapie, en physiothérapie, etc.), le RT21 travaille à défendre leur autonomie et cherche à sensibiliser la population afin de pousser les mentalités vers une plus grande inclusion des gens ayant la trisomie 21. C’est notamment à travers le programme TASA, instauré au RT21 en 2016, que les gens de 18 ans et plus sont en mesure de découvrir leur autonomie au quotidien à l’aide d’ateliers sur l’utilisation de différentes technologies numériques. Le RT21 prend également grand soin de ses membres vieillissants, qui constituent une grande partie des gens ayant la trisomie 21, en leur offrant des activités pour socialiser chaque semaine, ainsi qu’en organisant des moments de qualité (et d’inclusion !) avec les enfants du CPE voisin, Rhéa, à Montréal (Regroupement pour la trisomie 21, 2024).

 

Que pouvons-nous faire concrètement ?

Ce que le Regroupement pour la trisomie 21 cherche à mettre de l’avant, c’est surtout de s’éduquer pour mieux comprendre, et donc mieux accepter. Le RT21 rend accessible des informations simples et remplies de bienveillance afin d’aider les gens à se défaire de leurs préjugés et d’ainsi se laisser guider vers un monde plus inclusif. Profitez des ressources à votre disposition sur leur site web ! Si c’est à votre portée, le RT21 accepte toujours les donations, peu importe le montant. Visitez leurs réseaux sociaux et aimez leurs publications afin de faire voyager la cause le plus possible et toucher toujours plus de gens ! Pour remettre en question et confronter le regard que nous posons sur les gens ayant la trisomie 21, je vous recommande d’aller voir la capsule de sensibilisation réalisée avec brio par la Canadian Down Syndrome Society, « Assume that I can », visant à briser les stéréotypes. Et enfin, pour la prochaine année, notez la date du 21 mars dans votre calendrier et portez vos bas dépareillés pour la Journée mondiale de la trisomie 21 en 2025 !

 

Jaymie Vézina

Bibliographie

Canadian Down Syndrome Society (2024). Assume that I can. Global World Down Syndrome Day 2024. https://www.youtube.com/watch?v=92ivgabfdPQ

Regroupement pour la trisomie 21 (2024). Qu’est ce que la trisomie 21. Regroupement pour la trisomie 21. https://trisomie.qc.ca/a-propos/quest-ce-que-la-trisomie-21/.

Regroupement pour la trisomie 21 (2024). Regroupement pour la trisomie 21. Regroupement pour la trisomie 21.https://trisomie.qc.ca/a-propos/regroupement-pour-la-trisomie-21/

Touraine, R. & al. (2010). La Trisomie 21. Collège National des Enseignants et Praticiens de Génétique Médicale. http://www.vaviona.net/Images/liens/cours-genetique-medicale.pdf

À la découverte des animaux poïkilothermes

Pour mieux comprendre :

La thermorégulation chez les animaux présente une diversité fascinante. Généralement, on peut les diviser en deux groupes : les poïkilothermes, à sang froid et les homéothermes à sang chaud, (Les animaux à sang froid, s.d ).

 

Pour ce qui est des animaux de types poïkilothermes, ils sont caractérisés par leur dépendance à l’environnement qui les entourent et ce, dans le but de réguler leur température corporelle. Ils ne produisent donc pas de chaleur interne, mais ils ont la capacité de l’ajuster en fonction de l’environnement dans lequel ils se situent (La rédaction, 2020). Parmi les animaux capables de faire cela, on compte tous les invertébrés ainsi que certains vertébrés comme les poissons, les amphibiens et les reptiles (La rédaction, 2020).

Dans les animaux homéothermes (à sang chaud), on compte les oiseaux, les mammifères ainsi que les être humains (La rédaction, 2020). Les êtres de ce type sont capables de maintenir la température de leur corps interne de manière indépendante de l’environnement qui les entoure. Leur température interne est donc régulière et ne varie pas en fonction de son environnement (La rédaction, 2020).

 

Il est aussi important de souligner que malgré ces deux groupes, il existe quelques rares espèces qui ont un fonctionnement différent. Par exemple les thons, les espadons et les requins peuvent adopter une forme de régulation thermique partielle, c’est-à-dire qu’ils arrivent à gérer la température de certains de leurs organes. Une autre pratique peu commune est celle de la régulation thermique collective (La rédaction, 2020). C’est une pratique que l’on retrouve par exemple chez les abeilles, qui en faisant vibrer leurs ailes, génèrent une source de chaleur qui permet de réchauffer ou de refroidir l’essaim de la ruche selon les saisons (La rédaction, 2020).

 

Mais pourquoi à sang froid?

On utilise « sang froid » pour définir les espèces poïkilothermes (David Espesset, s.d.). Cependant, si on prend l’exemple d’un lézard, un animal à sang froid, et qu’on calcule sa température corporelle en plein été au soleil, son sang atteint environ les 45 degrés Celsius (David Espesset, s.d.). À l’inverse si on prend un être composé de sang chaud et que l’on calcule la température de son sang (dans les bouts de doigts par exemple) on obtient 25 degrés Celsius (David Espesset, s.d.). Comparée à celle du lézard, cela semble donc froid. L’utilisation de l’expression « sang chaud » et « sang froid » est donc en réalité symbolique et fait référence à la capacité de l’animal à réguler sa température corporelle.

 

Les différents mécanismes :

Il existe trois mécanismes distincts de régulation corporelle chez les animaux :

Le premier mécanisme est l’ecotothermie qui aide à réguler leur propre chaleur corporelle, et ce, en captant la chaleur de leur environnement. Tous les insectes (considérés comme sang froid même s’ils n’ont pas de sang) utilisent principalement cette méthode. Les abeilles, les papillons ou encore les sauterelles régulent la température de leur corps en absorbant la chaleur de l’environnement qui les entoure.

Le deuxième mécanisme est la Poïkilothermie (David Espesset, s.d.). Cette méthode implique des variations significatives de la température corporelle de l’animal. Elle est utilisée notamment chez le crocodile d’Afrique de l’ouest qui se chauffe au soleil en somnolant et régulent la température de son corps en ouvrant régulièrement la bouche. En cas de besoin, il peut aussi s’immerger dans l’eau puis ressortir pour se réchauffer à nouveau.

Enfin, le dernier mécanisme observé est le Bradymétabolisme (David Espesset, s.d.).  Dans ce cas-ci, le métabolisme de l’animal ralentit. Cette méthode est la plupart du temps retrouvée chez les animaux qui hibernent. La grenouille rousse, par exemple, se cache pendant les périodes de forte chaleur et hiberne pendant les mois d’hiver en restant immobile dans le but de ou afin de réduire ses besoins vitaux. Pendant cette période, elle respirera à travers sa peau (David Espesset, s.d.).

 Avantages et inconvénients :

On remarque que les animaux de types poïkilothermes adoptent différents modes de fonctionnement pour bénéficier d’une réduction considérable de leurs besoins énergétiques. Ces méthodes leurs permettent de survivre dans des conditions où les animaux homéothermes ne pourraient pas survivre puisque l’animal poïkilotherme est capable d’économiser ses besoins énergétiques et a la possibilité d’hiberner. Pour finir, l’animal a aussi la capacité d’économiser de l’eau en réduisant leur taux métabolique au moment des températures très élevées (Les animaux à sang froid, s.d). Ils sont donc plus avantagés que les animaux à sang chaud dans les environnements arides. Mais Toutefois, il existe aussi des désavantages, car les animaux poïkilothermes, ne pouvant pas maintenir une température corporelle constante, sont contraints d’avoir un métabolisme fortement influencé par les différentes variations de températures (Les animaux à sang froid, s.d). Les différentes températures peuvent affecter leurs activités et donc leur capacité à se nourrir, à se reproduire et à se protéger. Dans le pire des cas, l’animal peut même mourir à la suite de températures extrêmes de leur environnement. Le froid peut alors leur causer une hypothermie et le chaud, lui, peut entrainer des suffocations ou de la déshydratation (Les animaux à sang froid, s.d).

 

Pour conclure, l’étude de la thermorégulation chez les animaux révèle une diversité dans les mécanismes utilisés pour maintenir leur température corporelle. Cette étude met en lumière les adaptations fascinantes et les défis auxquels ils sont confrontés dans leurs environnements, offrant ainsi une perspective précieuse sur la diversité du règne animal.

  

Julie Ginet

 

 

 

Bibliographie :

 Paul Berthet (2000). Les planètes et le froid/ Publications de la société Linnéenne de

Lyon

https://www.google.com/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=&ved=2ahUKEwjbjp-80YSFAxVCEFkFHbRbDwcQFnoECBAQAw&url=https%3A%2F%2Fwww.persee.fr%2Fdoc%2Flinly_0366-1326_2000_num_69_1_11307&usg=AOvVaw1hS5YvLxR1t1AlXlD_FnGE&opi=89978449

 David Espesset  (s.d). Des animaux à sang chaud ou à sang froid ? | Connaissances - Faune.

https://www.animateur-nature.com/connaissances_faune_et_sujets_generaux/sang-chaud-froid.php

 Rédaction, L. (2020, 15 décembre). Quelles différences entre un animal à sang froid et un

animal à sang chaud ? https://lemagdesanimaux.ouest-france.fr/dossier-583-differences-animal-sang-froid-chaud.html

Les animaux à sang froid. (s. d.).  

https://www.bestioles.ca/animaux/animal-sang-froid.html

 

Hymne à la nostalgie

Durant les journées longues et grises ou les journées seules et froides, un sentiment vient s’installer tranquillement au profond des âmes et des cœurs. Une vague de chaleur et de tristesse, remémorant des moments de journées du passé, une vague débutant dans les entrailles et qui se répand jusque dans la poitrine. On regarde par les fenêtres embuées d’une journée d’hiver et on voit repasser des souvenirs de notre enfance. Les anges dans la neige, les batailles de neige, les forts et les clans ennemis qui se battaient pour un prix imaginaire. On se rappelle les chocolats chauds de nos parents, ceux avec les guimauves et qui brulaient la langue quand on rentrait de longues heures à jouer dans le froid. Les hivers de nos souvenirs, recouverts d’un voile brillant de magie et d’imagination, font des jaloux des hivers actuels, qui, eux, ne semblent que froids et pluvieux.

Par des journées où le soleil commence à sortir de son sommeil, ce même sentiment revient nous hanter, parce que lors de nos 10 ans, les fleurs du printemps étaient plus colorées et l’odeur du gazon frais du matin, encore gorgé d’eau, venait nous chatouiller le nez. La température froide devenait fraiche et on remplaçait les manteaux par des petites laines et on ressortait les bicyclettes. On sourit tendrement en repensant aux cabanes dans les arbres et aux spectacles que l’on créait entre amis. Comme quoi le printemps était un signe de liberté, car l’été paraissait enfin arrivé. Parfois, cela nous fait un petit pincement au cœur, de penser que d’aller cogner chez ses amis ne signifie plus de demander pour aller jouer dehors à combattre des dragons imaginaires, que les jours de l’enfance sont passés.

Puis il y a les journées chaudes et radieuses d’été, celles qui rappellent la crème glacée et les jeux d’eau. Ces journées qui donnent envient d’appeler ses voisins pour jouer dans la piscine, mais durant lesquelles on se contente de sourire au vide, se rappelant que les vacances d’été n’existent plus dans un monde d’adulte et que le 9 à 5 du lendemain nous attendent. L’été nous rappelle les camps de jours et les chansons quétaines, mais aussi les feux de camp et les soirées se finissant bien plus tard que le couvre-feu le permettait. À ne pas oublier, les guimauves, un peu trop griller, qui prennent en feu, amis qui sont quand même excellents. On repense à tout ça et on se sent mélancolique du passé.

Par la suite de tout cela, le froid revient tranquillement, en automne. De retour à l’école, à laquelle nous ne retournerons plus. Un sentiment de tristesse qui refait surface en pensant à la dernière fois où nous avons passé les portes de ce bâtiment où nous avons passé notre enfance. C’est en repensant aux amis que nous ne reverrons plus que, la nostalgie et la mélancolie refont surface pour de bon.

C’est en repensant à la dernière fois où nous avons sauté dans un tas de feuilles après avoir passé la journée à les racler. C’est cette vague d’émotions que nous ressentons lorsque nous pensons à la dernière fois où princesse, policier ou chien fut notre choix de costume d’Halloween pour cogner à toute les portes du quartier et se battre pour savoir qui avait récolté le plus de bonbon en une soirée.

Vient un jour où l’on regrette. On regrette de ne pas avoir assez profité de ces moments, parce que les hivers ne sont plus magiques comme ils l’étaient avant, que le printemps ne semble plus autant frais et nouveau, que l’été a perdu de sa chaleur et de sa liberté et parce que l’automne semble plus fade que jamais. Mais il reste une chose avec nous, la nostalgie des journées passées. Celle qui nous rappelle nos meilleurs moments et qui nous fait s’ennuyer d’avoir 11 ans pour une dernière fois.

Sara-Maude

République Démocratique du Congo : quand un seul geste réveille les consciences

Le 10 février, les joueurs de l'équipe de football de la République démocratique du Congo (RDC) se sont rassemblés pour chanter leur hymne national lors de la demi-finale de la Coupe d'Afrique des nations, leur geste symbolique a révélé bien plus que leur passion pour le sport. En adoptant une pose particulière, une main devant la bouche et l'autre contre la tempe, ces athlètes ont voulu attirer l'attention sur les atrocités persistantes qui affectent des millions de Congolais depuis plus d'un quart de siècle. Cette célébration sportive, bien qu'emblématique, ne fait que souligner l'ampleur d'une crise complexe et multiforme qui secoue la RDC depuis des décennies.

Le conflit dans la République Démocratique du Congo trouve ses racines dans la période post-génocide au Rwanda, où les conséquences du génocide des Tutsi en 1994 ont déclenché une série d'événements qui ont affecté toute la région. Les réfugiés hutus, dont certains étaient impliqués dans le génocide, ont fui vers le Zaïre voisin, rebaptisé depuis la République démocratique du Congo. Cela a entraîné une série d'invasions et de conflits armés, avec des groupes rebelles et des milices se disputant le contrôle des ressources minières riches de la région, telles que le coltan, l'or et le cobalt. Ces rivalités entre tous les groupes rebelles ont alimenté une instabilité politique et sécuritaire durable, exacerbée par l'implication de pays voisins comme le Rwanda et l'Ouganda, qui ont soutenu divers groupes rebelles dans le but de protéger leurs propres intérêts économiques.

 

Le Nord-Kivu en RDC est une région d'un intérêt stratégique majeur en raison de ses ressources naturelles précieuses, notamment le coltan, l'or et les diamants. Ces ressources sont essentielles pour l'industrie technologique mondiale, en particulier pour la fabrication de téléphones portables et d'autres appareils électroniques. Par conséquent, le contrôle de ces ressources est un enjeu économique crucial pour de nombreux pays, ce qui explique l'intérêt soutenu des pays donateurs pour la région du Nord-Kivu en RDC malgré les conflits et les violations des droits humains qui y ont lieu.

 

En 30 ans, 6 millions de personnes ont perdu la vie et 7 millions ont été déplacées dans des conditions tragiques et des violences généralisées, y compris des violences sexuelles (ONU, 2023). La situation en République démocratique du Congo et plus particulièrement dans la région du Nord-Kivu est marquée par des violences sexuelles brutales perpétrées notamment par des groupes armés comme le M23. Ces violences sont utilisées comme une arme de guerre pour semer la terreur et exercer un contrôle sur les populations civiles, en particulier les femmes et les enfants qui en sont les premières victimes. Ces actes barbares ont des conséquences dévastatrices sur les survivantes.

 

Le Dr Denis Mukwege, éminent gynécologue œuvrant activement contre les violences sexuelles en tant qu'arme de guerre, travaille depuis des années à l'Hôpital de Panzi à Bukavu pour soigner et soutenir les femmes et les enfants victimes de ces crimes odieux. Son travail acharné lui a valu le Prix Nobel de la paix en 2018, reconnaissant ainsi son dévouement et son engagement envers les droits humains et la lutte contre les violences sexuelles. Il met en lumière l'horreur de ces violences et appelle à une action urgente pour mettre fin à cette tragédie humaine. (Feyt ; Sadutto, 2022)

 

Malgré les invasions du Rwanda et de l'Ouganda en République démocratique du Congo (RDC) depuis 1996, les gouvernements occidentaux continuent de fournir une aide significative à ces pays. Les principaux donateurs tels que les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Union européenne et les Pays-Bas ont maintenu un soutien financier et militaire au Rwanda et à l'Ouganda. (Reid, 2022, p.9) Cette aide représente la majeure partie des budgets officiels de ces deux pays

L'initiative de l'équipe de football de la République démocratique du Congo met en lumière l'importance de l'engagement de figures nationales dans la sensibilisation et la lutte contre les défis persistants de leur pays. Cette action montre que le sport peut être un puissant catalyseur sociétal. En se projetant vers l'avenir, la République démocratique du Congo doit traduire sa prise de conscience en actions concrètes, tant au niveau politique, social et économique. Cela nécessite de renforcer les institutions, de promouvoir la justice et la réconciliation et d'assurer une gestion transparente des ressources naturelles. Tout cela sera impossible tant que des acteurs internationaux auront toujours une main mise sur cette région si riche et si convoitée. La RDC doit (re)trouver une indépendance et une autonomie totale de son territoire.

Abdel Saber Sadou 


Bibliographie

 Miliani, A. (10 fevrier 2024). République démocratique du Congo : comprendre la « crise oubliée » que dénoncent les footballeurs de la CAN. https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2024/02/10/republique-democratique-du-congo-comprendre-la-crise-oubliee-que-denoncent-les-footballeurs-de-la-can_6215870_4355770.html

Michel, T. (16 mars 2022). L’empire du silence

Feyt, B. ; Sadutto, M. (2 novembre 2022) 25 ans de crimes et d’impunité au Congo : Denis Mukwege dénonce "l’humanisme à géométrie variable" de la communauté internationale. https://www.rtbf.be/article/25-ans-de-crimes-et-dimpunite-au-congo-denis-mukwege-denonce-lhumanisme-a-geometrie-variable-de-la-communaute-internationale-11093817

ONU Info (30 octobre 2023) RDC : près de 7 millions déplacés par les violences, la grande majorité a besoin d’aide https://news.un.org/fr/story/2023/10/1140132

Reid, Timothy B., (2022) Killing Them Softly: Has Foreign Aid to Rwanda and Uganda Contributed to the Humanitarian Tragedy in the DRC. https://afjn.org/wp-content/uploads/2022/06/timothy-b-reid1-killing-them-softly-has-foreign-aid-to-rwanda-and-uganda-contributed-to-the-humanitarian-tragedy-in-the-drc.pdf

Édition de février

Chers lecteurs et lectrices,

La mi-session est enfin à nos portes!!!

Et qui dit fin de mois dit aussi nouvelle édition du ComMédia 🥳

Un merci particulièrement spécial à nos rédacteurs et rédactrices qui ont participé à l'édition du mois malgré cette période de mi-session!💌

Que vous soyez au chalet, en voyage ou entrain d’étudier; vous aurez besoin de prendre un temps pour relaxer et quoi de mieux que de prendre ce moment pour lire des articles très bien écrit sur le viol en temps de guerre, les deepfakes et leur danger ou encore sur la baisse de natalité en Corée du Sud?!

Psssttt : l'article coup de cœur du mois est celui de notre rédactrice Jaymie Vézina portant sur le phénomène peu connu du Post-Partum!🤎

Bonne lecture à tous🤓

Mégane Emmanuelle English - Rédactrice en chef

Le Post-Partum : un phénomène encore mal compris

L’animatrice et auteure Valérie Roberts a publié, en janvier dernier, son deuxième ouvrage, Post Partum : les hauts et les bas du 4e trimestre. Dans celui-ci, elle aborde les défis qu’elle a personnellement traversé durant les mois suivants l’accouchement de son premier enfant, mais elle tente également de démystifier le post-partum en discutant avec des femmes et des spécialistes afin de mettre en lumière et de rendre compréhensible ce phénomène complexe. En partageant sa propre expérience, elle entreprend de dépeindre le post-partum tel qu’il est. Passant de l’accouchement à l’allaitement et au rétablissement, elle traite des enjeux qui touchent tant de femmes, mais qui restent, encore aujourd’hui, tabous.

Le mouvement de démocratisation du post-partum est publiquement et massivement enclenché le 15 février 2020 lorsque la sociologue française Illana Weizman réagit fortement à la censure d’une publicité dépeignant l’épisode douloureux du post-partum. Celle-ci devait être présentée durant la cérémonie des oscars sur la chaîne américaine ABC. En réaction à cet incident, elle décide de partager sur Instagram une photo d’elle à la suite de son propre accouchement, où on peut la voir portant une couche pour adulte. Elle parle de ses saignements, de ses déchirures, de son corps encore ébranlé en soutenant que de visibiliser la réalité du post-partum, c’est de permettre aux femmes de se sentir moins isolées, démunies et honteuses face à la situation (Herzog 2020).


Bouleversements psychiques et physiques

C’est également ce que soutient Valérie Roberts dans son livre Post Partum : les hauts et les bas du 4e trimestre. Il est important pour elle d'ouvrir le dialogue sur ce que beaucoup de femmes vivent afin de mieux les comprendre et de mieux les épauler (Roberts, 2024a). Aidée notamment par Valérie Namer, ostéopathe au Québec et docteur en endocrinologie en France, ainsi que Ingrid Bayot, spécialiste en périnatalité et sage-femme, elle s’attarde à définir le post-partum et à couvrir tout ce qui l’entoure. Le post-partum correspond donc au 4e trimestre, soit les trois mois suivant l’accouchement. Il correspond à une « chute d’hormone » drastique causant un dérèglement psychique et physique puissant (Roberts, 2024a). Celle-ci altère chimiquement le cerveau engendrant entre autres des changements de comportement. Ingrid Bayot soutient que, si le corps est en gestation pendant 9 mois, il doit inévitablement « dégester » : « Le cœur, le foie, les reins, les poumons… Tous les organes vitaux ont modifié leur physiologie et, parfois, se sont transformés [...], mais ils ne doivent pas moins réajuster leur anatomie et leur fonctionnement après l’accouchement, et ces ajustements prennent entre six semaines et trois mois. Même travail pour les tissus cutanés, les ligaments, les muscles et les articulations » (Bayot 2019, p.28). Sans nécessairement mener à la dépression ou à la psychose, la période du post-partum reste tout de même très difficile à surmonter pour beaucoup de femmes. Toutefois, le 4e trimestre est souvent oublié et sous-estimé en termes d’impact face aux deux situations extrêmes : le rose bonbon ou la dépression. Valérie Namer nomme notamment une profonde anxiété, de la peur, de la culpabilité, de la honte, de la tristesse, de la solitude, de l'hypervigilance, etc., comme symptômes majeures. Il s’agit d’une crise identitaire importante pour la femme (ou le parent) qui doit s’adapter et qui ne peut devenir mère du jour au lendemain (Bayot 2019).

 

Jugement et pression

La nouvelle mère est en général soumise à beaucoup de jugement et beaucoup de pression face à son nouveau rôle, en plus de vivre des changements bouleversants. Avec la conseillère en lactation Maurine Léger Willa, Valérie Roberts soulève également les difficultés de l’allaitement lié au post-partum ainsi que le jugement y étant associé. Les femmes ayant témoigné dans son livre soulignent un manque d’empathie et une pression énorme de la part du personnel médical, mais également de l’entourage malgré les douleurs insupportables qu’elles vivent (Roberts 2024b). Ingrid Bayot déplore le vocabulaire dévalorisant souvent utilisé pour décrire les nouvelles mères; termes qu’elles utilisent elles-mêmes : « mou, moche, abîmé » (Bayot 2019, p. 28). Elle soutient que de tels termes contribuent à l’isolement et la honte des femmes face à leur nouveau corps. Elle met également de l’avant les images incohérentes concernant la maternité, présentée constamment au cours de notre vie, et qui ne correspondent pas à l’expérience réelle (Roberts 2024c) amenant beaucoup de femme à ressentir de la culpabilité face à leur situation qui s’avère loin de ce qu’elles s’étaient imaginé.

 

C’est pourquoi Valérie Roberts cherche à parler haut et fort de son expérience. Elle tente de mettre en lumière les enjeux les moins discutés afin de les normaliser. La douleur du corps, l’allaitement, les changements psychiques, l’isolement, le deuil, etc. : elle y plonge tête première. À travers des discussions vulnérables et touchantes, elle s’attarde à mettre le doigt sur les éléments « moins beaux » du post-partum, souvent ignorés ou cachés. Ingrid Bayot soulève qu’il « plane une sorte de flou, un déni collectif qui affecte autant les professionnels de la santé et les familles que les femmes elles-mêmes » (Bayot 2019, p. 29) d’où l’importance de démocratiser le sujet et tout ce qui l’entoure. Ce faisant, elle pousse à réfléchir sur l’attention portée à la nouvelle mère lors de cette période difficile. Comment pourrait-elle être mieux soutenue ? Valérie Roberts considère qu’en parler honnêtement et sans filtre est un bon début, mais elle espère de plus grands changements et compte bien en faire partie (Roberts 2024c). 

 

Jaymie Vézina





Bibliographie

Bayot, I. (2019). Le post-partum côté femme : un quatrième trimestre de « gestation » ? Sortir des dénis culturels pour un meilleur accompagnement. Revue médicale périnatale.

https://rmp.revuesonline.com/articles/lvrmp/pdf/2019/01/lvrmp_2019_sprperinat000454.pdf

 

Herzog, C. (2020). #MonPostPartum : un hashtag pour libérer la parole sur l’après accouchement. Le Monde.

https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2020/02/20/du-sang-des-larmes-des-cris-un-hashtag-pour-liberer-la-parole-sur-le-post-partum_6030234_4832693.html

 

Roberts, V. (animatrice). (2024a). La chute d’hormone (no 1) [épisode d’un balado audio]. Dans Post-partum. QUB Radio.

https://www.qub.ca/radio/balado/post-partum-un-balado-de-valerie-roberts?silent_auth=true

 

Roberts, V. (animatrice). (2024b). L’allaitement (no 2) [épisode d’un balado audio]. Dans Post-partum. QUB Radio.

https://www.qub.ca/radio/balado/post-partum-un-balado-de-valerie-roberts?silent_auth=true

 

Roberts, V. (animatrice). (2024c). La matrescence (no 4) [épisode d’un balado audio]. Dans Post-partum. QUB Radio.

 https://www.qub.ca/radio/balado/post-partum-un-balado-de-valerie-roberts?silent_auth=true

Viol de guerre : arme de destruction impunie

Cette photographie a été élue meilleure photo au monde sur le thème de la paix et fait partie de la série de 15 photographies « Regardez-moi, je suis belle ! » de Patricia Willocq. La série retrace le parcours d'une petite fille née d'un viol, traversant tous les grands événements de sa vie : sa naissance, ses premiers pas, son premier jour d'école, son mariage, son premier jour de maman, etc. https://www.unesco.org/en/articles/look-me-i-am-beautiful-0

Le viol de guerre, souvent traité avec indifférence et négligence, demeure un phénomène aux conséquences dévastatrices qui échappent trop souvent à la justice internationale. En dépit des progrès dans la reconnaissance de ce crime, il persiste comme une arme utilisée pour détruire non seulement des vies individuelles, mais aussi des communautés entières.

 

De quoi s’agit-il ?

Cet acte d'une cruauté systématique va au-delà de la simple violence physique. Il se caractérise par des actes horribles tels que la grossesse forcée, des violations sur enfants, des crimes commis en public ou sous les yeux des familles, la prostitution forcée, des viols suivis d’assassinat, la mutilation des parties génitales et d'autres atrocités difficiles à décrire (Duroch, 2004, p.139). Le viol de guerre ne peut être banalisée, car elle représente une tentative délibérée d'anéantissement de sociétés entières.

 

L’intention derrière cette atrocité

L’intention derrière les viols de guerre est complexe et peut varier en fonction du contexte spécifique du conflit. Souvent utilisé comme arme de terreur, ici les agresseurs cherchent à paralyser psychologiquement les communautés ennemies et à les forcer à se soumettre. Aussi, le viol de guerre peut être utilisé comme tactique dans le cadre de « nettoyage ethnique », visant à expulser ou éliminer une population particulière d’une région donnée (Nahoum-Grappe, 2011, p. 126). Dans certains cas, il s’agira plutôt de moyen de contrôle démographique. Forcer des grossesses, provoquer intentionnellement des infections sexuellement transmissibles, ou encore détruire des familles contribuent à modifier la composition démographique de la population ennemie. Évidemment, le viol de guerre est aussi utilisé avec l’intention d’humilier, de dominer et de déstabiliser des communautés.

 

Les limites de la Cours pénale internationale (CPI)

La Cour pénale internationale (CPI) a joué un rôle essentiel dans la reconnaissance du viol en tant qu'arme de guerre, mais elle présente des limites significatives. Les procédures longues et complexes, la difficulté de collecter des preuves dans des contextes de conflit, l'impunité persistante des hauts responsables, le manque de coopération internationale et la focalisation sélective sont autant de défis entravant l’efficacité de la CPI (Rousselot, 2018, p.30). De plus, l'insuffisance de la protection des témoins et des victimes, ainsi que le risque de stigmatisation, soulignent la nécessité d'améliorations dans le traitement judiciaire des violations de guerre. Bien que la CPI ait contribué à faire progresser la reconnaissance de ces crimes, la communauté internationale doit continuer à réfléchir à des moyens d'augmenter l'efficacité de ses mécanismes pour assurer une justice équitable et dissuader de futurs actes épouvantables.

 

La loi du silence

Malgré les progrès, le viol de guerre persiste largement impuni. La loi du silence, la honte et l'absence de preuves, combinées à la difficulté personnelle de dénoncer ces crimes, maintiennent une tradition d'impunité. Les victimes, souvent convaincues de l'injustice qui les attendent dans la quête de justice, restent silencieuses, tandis que les forces en présence semblent indifférentes.

 

« Le droit du viol existe, mais le droit de violer prospère » (Rousselot, 2018, p.33).

 

Maxime Gravel

Quelques articles de journaux de cas précis et récent de viol de guerre

Williamson, L. (2023, 9 décembre). Le Hamas a violé et mutilé des femmes le 7 octobre, selon les témoignages recueillis par la BBC. BBC News Afrique. https://www.bbc.com/afrique/articles/c983r07z0geo

Hachey, I. (2023, 17 mai). En Ukraine, le viol comme arme de guerre. La Pressehttps://www.lapresse.ca/international/chroniques/2023-05-17/en-ukraine-le-viol-comme-arme-de-guerre.php

Kouagheu, J. (2023, 24 septembre). Cameroun : dans les régions anglophones, le viol comme arme de guerre. Le Monde. https://www.lemonde.fr/afrique/article/2023/09/24/cameroun-dans-les-regions-anglophones-le-viol-comme-arme-de-guerre_6190803_3212.html

Laleix, G. (2023, 22 novembre). Guerre au Soudan : le viol utilisé comme arme de guerre dans le conflit. Radio France Internationale. https://www.rfi.fr/fr/afrique/20231122-guerre-au-soudan-le-viol-utilis%C3%A9-comme-arme-de-guerre-dans-le-conflit

 

Le cas de la République Démocratique du Congo

Moufflet, V. (2008). Le paradigme du viol comme arme de guerre à l'Est de la République démocratique du Congo.  Afrique contemporaine, 227, 119

133. https://doi.org/10.3917/afco.227.0119

 

Le cas de l’Algérie

Branche, R. (2002). Des viols pendant la guerre d'Algérie. Vingtième Siècle. Revue d'histoire, https://doi.org/10.3917/ving.075.0123

 

Bibliographie

Rousselot, P. (2018). Le viol de guerre, la guerre du viol. Inflexions, 38, 23-35. https://doi.org/10.3917/infle.038.0023

 

Duroch, F. (2004). Le viol, arme de guerre : l’humanitaire en désarroi. Les Temps Modernes, 627, 138-147. https://doi.org/10.3917/ltm.627.0138

 

Nahoum-Grappe, V. (2011). Violences sexuelles en temps de guerre. Inflexions, 17, 123-138. https://doi.org/10.3917/infle.017.0123

La baisse de natalité en Corée du Sud

« Si la baisse de la natalité se poursuit, les Coréens seront éteints d'ici à 2750 » (National Géographic, 2023). En 2023, la Corée du Sud se classe parmi les derniers rangs du tableau de taux de natalité brut (taux de naissances pour 1000 personnes) avec un taux de 5,56. En 1998, le chiffre correspondant au nombre d’enfants par femme était de 1,46. Depuis, il n’a cessé de chuter atteignant 0,81 en 2021, et ce malgré les milliers de dollars investis par le pays pour lutter contre ce crash démographique (BBC News, 09/08/2022). Mais quels sont les causes de cette chute qui met en danger toute la Corée du Sud?

 Facteurs économiques :

 En Corée du Sud, le contexte économique est peu favorable à la croissance de la natalité puisque depuis plusieurs années, le coût de la vie ne cesse d’augmenter. Avoir des enfants demande un logement plus grand et donc plus onéreux; se rajoutent à cela des frais de scolarité, de cours particuliers avec des professeurs de renom, d’activités extra-scolaires, la prévision de potentielles perspectives d’avenir (Université, …).  Dans une Corée du Sud caractérisée par une compétitivité constante, les parents n’ont d’autre choix que de suivre ce rythme. Cependant, tous ne parviennent pas à le faire, ce qui creuse des inégalités d’autant plus exacerbées par l’émergence de l’épidémie du Covid-19 et l’augmentation du chômage.

 

Facteurs professionnels

Dans la tradition coréenne, la femme assumait la responsabilité de la gestion du foyer ; une carrière professionnelle n’était pas envisageable. Toutefois aujourd’hui, les femmes aspirent à se frayer un chemin dans la vie active et sont confrontées à un choix drastique entre carrière et vie de famille. Concilier les deux relèves presque de l’impossible, car une semaine de travail représente environ 40 heures, auxquelles peuvent s’ajouter 12 heures supplémentaires légales. Cet emploi du temps chargé ne laisse guère de place à une vie de famille épanouie.

 

Facteurs culturels :

En Corée du Sud, les anciennes générations exercent continuellement une pression envers la nouvelle. À l’époque, les femmes coréennes avaient en moyenne 4 enfants, alors que la nouvelle génération, elle, est reconnue comme la génération « sampo » rejette ces anciennes coutumes (ELLE, 12/06/2023). La génération « sampo » représente les jeunes qui ne désirent ni se marier, ni avoir de relations amoureuses et encore moins avoir des enfants. Ils se complaisent dans leurs emplois actuels, veulent voyager et se consacrer à leurs loisirs. Pour eux, le mariage n’est donc pas un élément déterminant du bonheur là où en Corée du Sud, le mariage engendre nécessairement naissance d’enfants et obligation de famille.

 

En conséquence :

L’une des conséquences de la baisse du taux de natalité en Corée du Sud est la diminution de sa population, un phénomène qui risque de s’accentuer puisque le taux de mortalité actuel dépasse celui de natalité.

 

La Corée du Sud envisage ces derniers temps des solutions pour contrer ce problème. Le ministre de la justice Han Dong-Hoon a proposé de favoriser l’immigration dans le pays pour permettre aux Coréens d’avoir des « domestiques » offrant ainsi aux hommes, mais surtout aux femmes, la possibilité de mener une carrière professionnelle tout en jouissant d’une vie de famille (L’express, 09/12/2023). Quant au Président Yoon Seok-Youl, il a suggéré l’augmentation des primes de naissance. Actuellement de 300$, le gouvernement souhaiterait la monter à 730$. Le président souhaiterait également supprimer le service militaire pour les pères de famille ayant trois enfants avant l’âge de 30 ans (RFI, 25/03/2023). D’autres propositions ont été émises mais pour le moment aucune preuve n’affirme qu’elles ont été mises en place.

 

 

Julie Ginet

 

 

Bibliographie :

Classement des États du monde par taux de natalité. (s. d.). Atlasocio.com.

https://atlasocio.com/classements/demographie/natalite/classement-etats-par-taux-de-natalite-monde.php#google_vignette

 

Statista. (2023, 24 octobre). Nombre d’enfants par femme en Corée du Sud 1998-2021.

https://fr.statista.com/statistiques/1399746/coree-du-sud-taux-fecondite/

 

BBC News Afrique. (2022, août 29). Natalité en Corée du Sud : « Nous sommes en grève pour avoir des bébés»

https://www.bbc.com/afrique/articles/c1eq3l75030o

 

Du, F. O. À. S. E. C. (2019, 17 décembre). Pourquoi les Sud-Coréennes ne veulent plus d’enfants. La Croix.

https://www.la-croix.com/Sciences-et-ethique/Sciences-et-ethique/Pourquoi-Sud-Coreennes-veulent-denfants-2019-12-16-1201066814

 

L’Express. (2023, 9 décembre). La Corée du Sud craint « l’extinction » en raison de sa démographie au plus bas. L’Express.

https://www.lexpress.fr/monde/asie/la-coree-du-sud-craint-lextinction-en-raison-de-sa-demographie-au-plus-bas-GYPU7ZRCUZENXDQADM3O7JNDQU/

 

Baron, L. (2023, 19 juin). Rencontre avec ces Coréennes qui ne veulent ni mariage ni enfant pour lutter contre le patriarcat. Elle.

https://www.elle.fr/Societe/News/Revolution-silencieuse-en-Coree-du-Sud-Rencontre-avec-ces-femmes-qui-ne-veulent-ni-mariage-ni-enfant-pour-lutter-contre-le-patriarcat-4134315

 

Rfi. (2023, 25 mars). Corée du Sud : pas de service militaire pour les jeunes pères de familles nombreuses ? RFI. Rfi. (2023, 25 mars). Corée du Sud : pas de service militaire pour les jeunes pères de familles nombreuses ? RFI.

https://www.rfi.fr/fr/asie-pacifique/20230325-cor%C3%A9e-du-sud-pas-de-service-militaire-pour-les-jeunes-p%C3%A8res-de-familles-nombreuses

 

 

 

Quand l’art devient politique

Photo: Andy Buchanan Agence France-Presse L’œuvre «Flower Thrower», aussi connue sous le titre «Love Is in the Air», par l’artiste britannique Banksy, lors de son exposition personnelle «Cut & Run: 25 Years Card Labour» à la Galerie d’art moderne de Glasgow, en juin dernier

L’art peut servir à plusieurs choses; faire ressentir des émotions, raconter des histoires, immortaliser une scène. Toutefois, l’art peut aussi être une façon de passer des messages, de soutenir des gens ou des causes et ou encore de dénoncer des actes sociétaires. On le sait tous, l’art est utilisé par les sociétés pour diriger les populations et leur montrer le droit chemin. En effet, nous pouvons penser, entre autres, aux diverses représentations de l’enfer qui était promis à ceux qui pêchaient pour garder les citoyens croyant dans le bon ordre. De nos jours, il est encore possible de voir des pièces d’art mettant en scène des valeurs véhiculées par l’état en place, mais au lieu d’être religieux (même si ceux-ci existent toujours bien évidemment), ils sont plutôt politiques. Par exemple, si nous revenons un peu en arrière, lors de la deuxième guerre mondiale, les artistes allemands créaient des œuvres soutenant le parti Nazi comme acte de propagande.

L’art regroupe un large éventail de médiums et son utilisation est très varier. Les communautés sont très touchées et très influencées par ces différents types d’art, donc lorsqu’un artiste populaire décide d’appuyer disons un politicien dans sa campagne politique cela peut avoir un impact énorme sur son public cible. Par exemple, en 2018, Kanye West a sorti, pour le grand public, une chanson se nommant « Ye vs. The people ». Dans cette chanson, l’artiste décrit son support pour l’ancien président et chante tout le bien que ce dernier a fait pour son pays. En sortant cette chanson, Kanye West a eu un impact sur son public et, par intérim, a donc impacté les résultats politique de l’année d’après. L’art peut donc réellement être au service de la politique puisqu’elle peut l’aider à promouvoir un régime, à mettre sur un pied d’estale des décisions de politiciens et à critiquer la politique elle-même. D’un autre côté, elle peut aussi démontrer les pires aspects de l’humanité, les décisions les plus dévastatrices des dirigeants et dénoncer les grandes injustices de ce monde.

L’art est versatile, et nous n’avons pas conscience de l’impact qu’à celle-ci dans nos vies quotidiennes et de toute l’influence qu’elle a sur nous. De plus, c’est sans que nous nous en rendions compte que plusieurs régimes l’utilisent pour passer leur message. Par exemple, Kim Jun Hun en Corée du Nord utilise la filmographie pour diffuser le message de son gouvernement et ainsi se rendre au même niveau que le divin aux yeux de ses citoyens.

L’art est aussi une façon pour l’homme de manifester contre la politique, comme on peut le voir un peu partout dans le monde. Nous pouvons entre autres penser aux photos prises lors de manifestations ou d’évènements importants, qui se font publier pour dénoncer les atrocités qui se déroulent dans certains pays. L’art et la politique sont donc deux choses qui se s’entremêlent beaucoup et nous pourrions prendre des heures pour analyser leurs liens et leurs impacts sur notre société. Ce petit survol n’en n’est qu’un début.

 

Sara-Maude Girard-Vanier

 

Bibliographie :

Durand, G. S. (2011). L’art politique : nouvelles ruses et anarchie. Inter : Art Actuel107, 16–29. https://www.erudit.org/fr/revues/inter/2011-n107-inter1509005/62676ac/

Mariette, A. (2017, November 3). Comprendre les relations entre art et politique. Le Devoirhttps://www.ledevoir.com/culture/511841/comprendre-les-relations-entre-art-et-politique

Qui Viger, P. & Soubbotnik, M. (2014). Art et politique. Revue Française d'Histoire des Idées Politiques, 39, 3-4. https://doi.org/10.3917/rfhip.039.0003

Watch How to Become a Tyrant | Netflix official site. (n.d.). https://www.netflix.com/ca-fr/title/80989772

L’hypertrucage, défi entre réalité et fiction

Il est certain que nous sommes souvent avertis de la nécessité de ne pas prendre tout ce que nous trouvons en ligne pour argent comptant. La désinformation est un danger bien connu, et il est très facile de tomber dans ses pièges. Il suffit parfois de lire un article au titre accrocheur et convaincant pour être trompé. Mais avec l'avènement de l'intelligence artificielle, la désinformation a atteint de nouveaux sommets, notamment dans le domaine audiovisuel.

Cela dit, il ne suffit plus de se méfier des articles, mais aussi des vidéos. Les deepfakes, ou hypertrucages, sont fascinants et impressionnants, mais ils représentent également une menace sérieuse. Leur capacité à créer des vidéos qui semblent incroyablement réelles remet en question la distinction entre le réel et le fictif. Par ailleurs, ces manipulations visuelles et auditives sont devenues très présentes sur diverses plateformes médiatiques, alimentant ainsi un climat de méfiance généralisée envers les sources d'information. Leur réalisme extrême a déjà eu des répercussions significatives dans de nombreux domaines de notre vie quotidienne. Un exemple frappant est survenu le 6 octobre 2018, lorsque certaines personnes ont partagé une vidéo sur les réseaux sociaux dans laquelle un ancien président des États-Unis affirmait avoir éradiqué le virus du VIH. Cependant, il s'est avéré que Donald Trump n'avait jamais prononcé ces paroles ni participé à la réalisation de cette vidéo (L’apostrophe, 2019).

L’hypertrucage est un procédé utilisant l’intelligence artificielle (IA) pour produire une image. Avec une base de données comprenant des photos et des vidéos, une IA peut créer une image de toute pièce et la superposer à une vraie photo dans le but de produire une simulation réaliste. D’ailleurs, une compagnie montréalaise nommée montréalaise_Lyrebird utilisa l’hypertrucage en 2018. Cette dernière avait mis en place un logiciel de transformation de la voix qui permettait de prendre la voix de quelqu’un et de la copier sur la bouche de n’importe quel individu afin de lui faire dire ce qu’ils voulaient (L’apostrophe, 2019). Ce procédé est apparu pour la première fois en 2008 au cinéma et est rapidement devenu un moyen par lequel les plateformes médiatiques, ainsi que l’industrie de la pornographie, pouvaient métamorphoser le visage de certains individus comme des actrices. L’hypertrucage est donc souvent mobilisé comme outil menaçant la réputation ou l’image de célébrités et cause de plus en plus de dégâts dans différentes industries. Le terme pornodivulgation ou revenge porn a même été établi pour expliquer ce phénomène qui sert à atteindre ou affaiblir l’image de certains individus.

Le deepfake est un outil qui peut être très utile et qui peut impacter positivement la société, elle témoigne notamment du progrès dans le monde médiatique. Par contre, ce dernier est malheureusement également associé à son utilisation néfaste et manipulatrice. L'utilisation de ce procédé, ayant pour finalité de créer du contenu pornographique, est de plus en plus commun et cible souvent des personnalités féminines de streaming qui ne partagent pas de contenu explicite. Bien que ce contenu soit artificiel et modifie la réalité, les victimes des hypertrucages expriment de l’humiliation et de l’anxiété extrême face à leur image de soi et leur représentation sociale. Une multitude de célébrités ont perdu leur emploi, leurs amis, ou même leur famille, tout simplement en raison d’un deepfake partagé qui semblait réel. Il devient alors clair que les répercussions, qu’elles soient psychologiques ou autres, sont extrêmement grave et ont des répercussions pouvant anéantir une vie. Conséquemment, un individu qui crée des images explicites de quelqu’un d’autre sans leur consentement commet officiellement un acte de violence sexuelle contre cette personne (Decrypt, 2023).

L'essor des deepfakes a également engendré une augmentation significative des cas de fraude, notamment au Québec, où les voix de plusieurs individus sont trafiquées dans le but de commettre des fraudes financières (La Presse, 2023). Cette tendance inquiétante est exacerbée par la diffusion fréquente de vidéos truquées mettant en scène le milliardaire à la tête de Tesla, de SpaceX et de la plateforme sociale X. Son soutien au dogecoin, comme moyen de paiement pour un billet dans l’espace, a piqué l'attention de nombreux individus faisant de lui une cible de choix pour les fraudeurs. En effet, il est facile de trouver une multitude de vidéos de Elon Musk ou il promet des rendements exceptionnels de 30% par jour ou propose des offres absurdes telles que deux bitcoins pour le prix d’un.

Ces hypertrucages ont même entraîné des pertes importantes pour plusieurs individus, et ont même fait huit victimes au Québec depuis l’été dernier (La Presse, 2023). Exprimant leur angoisse face à des pertes atteignant des dizaines de milliers de dollars pour certains; cette situation démontre davantage le danger que représentent les deepfakes, comme l'a souligné Gary Gensler, président de la Commission des valeurs mobilières et des changes des États-Unis, en septembre 2023 (Decrypt, 2023). Ces contrefaçons, créées minutieusement par l'intelligence artificielle, peuvent induire en erreur les investisseurs et les régulateurs, influençant ainsi les marchés financiers. Au-delà de ces implications financières, les deepfakes posent une menace sérieuse pour la sécurité et la confiance dans le monde numérique, incitant les chercheurs en cybersécurité à redoubler d'efforts pour contrer cette menace.

Bref, l'essor des deepfakes représente une menace sérieuse pour la société, créant des risques de fraude, de manipulation et d'atteinte à la réputation. Alors que les conséquences de cette technologie continuent à se multiplier, nous sommes confrontés à une question importante: comment pouvons-nous préserver notre crédibilité dans un monde numérique dominé par les faux-semblants?

 


Marielle Bucheit


Sources:

Deepfakes : Entre Intelligence Artificielle et désinformation. L’Apostrophe. (n.d.). https://www.apostrophemag.ca/articles/deepfakes-entre-intelligence-artificielle-et-desinformation

 

Karim Benessaieh, La Presse. (2023, December 13). Fraudes Financières: Le Deepfake Débarque au Québec. La Presse. https://www.lapresse.ca/affaires/techno/2023-12-13/fraudes-financieres/le-deepfake-debarque-au-quebec.php

 

Reiff, N. (2023, September 18). La Pornographie Deepfake : Le Consentement sur votre image est-il une cause perdue ?. Decrypt. https://decrypt.co/fr/resources/la-pornographie-deepfake-le-consentement-sur-votre-image-est-il-une-cause-perdue

 

 

 

 

Édition de janvier

Le ComMédia est déjà de retour pour l’année 2024🥳

 

J’espère que vous vous êtes ennuyé parce que nos rédacteurs et rédactrices se sont donné à fond pour faire paraître cette édition!

 

Afin de partir l’année en beauté, notre équipe à traiter des sujets plus diversifiés que jamais et nous avons très hâte pour vous de les lire! 🤗

 

Aller jeter un petit coup d’œil😉

 

Mégane Emmanuelle English – Rédactrice en chef

Le monde virtuel en ébullition: l'émergence enivrante des micro-animations

Les micro-animations virtuelles sont une nouvelle tendance qui émerge rapidement et attire l'attention des passionnés de technologie et des amoureux de l'animation dans l'immensité sans limites de l'espace virtuel. La façon dont nous consommons et interagissons avec les animations est révolutionnée par cette nouvelle forme d'art numérique. Les micro-animations sont des créations courtes et dynamiques, souvent inférieures à 15 secondes, qui réussissent à captiver et à transmettre des émotions intenses en un temps record. Découvrons les causes de cette montée rapide et les sources qui ont façonné ce nouvel univers électronique.

Les micro-animations virtuelles ont été largement popularisées grâce aux réseaux sociaux. Avec la prolifération des plateformes telles que TikTok, Instagram Reels et Vine, les créateurs ont préféré utiliser le format court pour attirer l'attention des utilisateurs. Les micro-animations permettent une expression rapide, une réaction immédiate et une propagation virale. C'est grâce à ce phénomène qu'une culture de créativité spontanée et temporaire an émergé, où chaque microanimation a le potentiel de devenir une sensation mondiale en quelques heures.

La montée en puissance des smartphones et des tablettes a également conduit à la création de micro-animations virtuelles. Des applications et des outils de montage vidéo pratiques ont facilité la création d'animations. Par conséquent, les créateurs n'ont plus besoin de matériel coûteux ou de compétences techniques approfondies pour réaliser des projets. La démocratisation de la création a donc permis à un grand nombre de talents qui n'avaient pas encore été exploités de partager leurs micro-animations avec le monde entier.

En les poussant à transmettre un message clair, émouvant ou humoristique en quelques secondes seulement, les micro-animations virtuelles offrent un défi stimulant aux créateurs. Ce format nécessite une narration simple et inventive, ce qui pousse les artistes à dépasser les limites de leur créativité. Les micro-animations sont suffisamment courtes pour être consommées rapidement et partagées avec enthousiasme par les utilisateurs, tout en pouvant provoquer des réflexions profondes ou un éclat de rire.

En invitant les spectateurs à interagir avec les œuvres, les micro-animations virtuelles transcendent les limites de la passivité. Elles peuvent se fondre dans le monde réel ou créer des mondes virtuels sans précédent grâce à des technologies émergentes telles que la réalité augmentée et la réalité virtuelle. Les expériences immersives captivent davantage les spectateurs, les plongent dans des récits captivants et leur permettent de devenir acteurs de l'histoire en un clin d’œil.

La création de micro-animations virtuelles a inauguré une nouvelle ère de la représentation numérique. Grâce à sa viralité, son accessibilité, sa puissance narrative et son potentiel d'interaction, ce format court et percutant a réussi à séduire autant les créateurs que les consommateurs. Dans le domaine de l'art numérique, chaque instantané vivant représente une nouvelle page d'un livre en constante évolution.

 

Solenn Douieb

Bibliographie :

« Micro-Mations: The Evolution of Short-Form Animation in the Digital Age", Animation World Network, www.awn.com.

 

"How Micro-Animations are Changing the Digital Landscape", Creative Bloq, www.creativebloq.com.

 

"The Rise of Micro-Animations: A Brief History", Visual Playground, www.visualplayground.com.

 

"Micro-Animations: The New Wave of Digital Art Creation", Digital Arts Online, www.digitalartsonline.co.uk.

Les Award Shows : une époque révolue ou une opportunité de changement ?

12 février 2012. Le Grammys Award atteint ses plus hautes cotes d’écoute avec près de 40 millions d’auditeurs (Balasubramanian & Gorelick, 2022). Depuis, ce nombre est pourtant en dégringolade année après année pour la plupart des grandes cérémonies tel que les Emmys, les Golden Globes, les Oscars, les People's Choice Awards, etc. Les gens semblent de moins en moins au rendez-vous, mais pourquoi ? Les spectacles ne sont-ils plus assez enlevants ? Les temps ont-ils tout simplement changé ? 12 février 2012. Le tapis rouge de la 54e cérémonie des Grammys Awards s’apprête à commencer. Du haut de mes 12 ans, je trépigne d'impatience à l’idée d’enfin apercevoir mes vedettes préférées. Lady Gaga, Rihanna, Bruno Mars, Katy Perry et Nicki Minaj se succèdent devant les milliers de flashs des appareils photos. Le scintillement du décor m'émerveille. Tout me semble sortir directement d’un rêve. Tous paradent dans des tenues de gala plus extravagantes, uniques et colorées les unes que les autres. Sur le divan du salon, je ne tiens plus en place. L’unique opportunité pour moi d’aller à la rencontre de mes idoles en temps réel est arrivée. Les pages du magazine Cool dédié aux célébrités ne font plus le poids face à cette chance de les voir interagir et se mouvoir devant mes yeux. Durant la cérémonie, les performances flamboyantes s'enchaînent et le talent déborde de partout. Je suis aux anges. Alors, quand est-il de cette fascination luxueuse exercée par les parures, le décor et l’ambiance de la soirée qui attirait tant de téléspectateurs comme moi ? Cela ne semble plus suffire…

 

Divertissement : des habitudes de consommation en changement

Bien avant le passage de la Covid-19 dans nos vies, les audiences fidèles des diffusions en direct se faisaient déjà de moins en moins nombreuses. Toutefois, il est vrai qu’entre 2020 et 2021, les cérémonies de remises de prix les plus populaires, comme les Grammys et les Oscars, ont connu une chute de plus de 50 % de leur auditoire (Balasubramanian & Gorelick, 2022). Ce changement drastique s’explique, entre autres, par l’expansion rapide d’une multitude de plateformes rendant tous les types de contenues plus accessibles (Bansal, 2022). Celles-ci ont, notamment, fait fureur durant la pandémie. Le marché du streaming semble être guidé par les jeunes générations qui démontrent plus ou moins d’intérêt pour la télévision câblée puisqu’elle n’offre pas la même flexibilité et abondance que les plateformes en ligne (Bansal, 2022). Maintenant aux prises avec un très vaste choix de contenu, le marché du divertissement se retrouve saturé. Les Awards Shows en tout genre (cinéma, musique, écriture, petit écran, direction et production, etc.) se multiplient afin de répondre à cette immense et constante quantité de nouveau contenu. L’engouement d’autrefois, face à ces soirées « hight profil », se retrouve alors dilué parmi l’abondance du moment (Bansal, 2022).

 

La popularité grandissante des divers réseaux sociaux pourrait, également, expliquer le manque d’intérêt pour ce type de cérémonie (Bansal, 2022). En effet, les vedettes ont maintenant la possibilité de partager ce qui leur convient à propos d’eux, au moment qui leur convient. Au-delà de leurs « looks », les réseaux comme Instagram nous permettent d’avoir aussi accès à leur vie quotidienne pratiquement 7 jours sur 7. Ainsi, le besoin d’assister au moindre gala télévisuel pour voir Selena Gomez en action se fait moins présent parce que les gens assouvissent, désormais, leur curiosité autre part.

 

Des critiques qui ne datent pas d’hier

Derrière le « glam » qui saisit instantanément notre regard, se cache une réalité un peu moins attrayante. Les Awards Shows sont effectivement lourdement critiqués depuis les dernières années concernant leurs manque de représentation, de diversité et d’égalité. L’enjeu est adressé haut et fort en 2015 avec la campagne #OscarSoWhite lorsqu’aucune personne de couleur ne s’est retrouvée nominée aux Oscars cette même année (Bansal, 2022). Plusieurs célébrités dénoncent elles-mêmes l’institution, mais en dépendent tellement qu’elles doivent malheureusement continuer à jouer le jeu (Balasubramanian & Gorelick, 2022). L’actrice Michelle Yeoh, première femme d’origine asiatique malaisienne à avoir remporté l’Oscar de la meilleure actrice en 2023, se prononce sur les difficultés des femmes, des femmes plus âgés, des artistes de couleurs et issus des minorités à être reconnu tel qu’ils le devraient dans le milieu du divertissement (Asmelash, 2023). Nancy Wang Yuen, sociologue et autrice, note que l’augmentation des artistes de couleur en nomination depuis 2015, notamment aux Oscars, ne serait pas une réelle reconnaissance, mais plus une manière d’éviter les critiques (Asmelash, 2023). Ainsi, depuis 2002, alors qu’Halle Berry est nommée meilleure actrice au Academy Awards, seulement 9 femmes de couleur ont été nominés dans cette catégorie, mais aucune n’a remporté le trophée (Asmelash, 2023).

 

Il semblerait, également, que la composition du comité de vote ait un certain rôle à jouer dans cette problématique. En effet, selon des statistiques de 2016, l'Académie (comité de vote) était constituée à 91% de blanc et à 76% d’homme (Asmelash, 2023). La nature de chaque membre a le potentiel d’influencer inconsciemment ou consciemment les choix finaux. Plus le groupe est homogène, plus les votes seront teintés de l’idéologie dominante (Asmelash, 2023). Si l’on se fie aux résultats des remises de prix des dernières années, il est possible d’entrevoir que la composition n’a pas énormément changé… De plus, malgré la bonne intention de vouloir récompenser les penseurs, artistes et techniciens du milieu, il est important de ne pas oublier le gain économique lié à ces événements tant pour l’Académie que pour les réseaux de télévisions, ce qui influence également le vote des membres (Asmelash, 2023).

 

Finalement, la réalité est que les Awards shows n’ont pas su avancer et évoluer au rythme du temps. Ils restent prisonniers d’un système qui mériterait d’être repensé pour les besoins actuels. Les 10 millions d’auditeurs restants ne seront plus aux rendez-vous bien longtemps si des changements impératifs ne s’opèrent pas !

 

Jaymie Vézina

Bibliographie

 

Asmelash, L. (2023). Awards Shows have been criticized for their lack of diversity for years. Why are they so slow to change? CNN Entertainment.

https://www.cnn.com/2023/03/11/entertainment/awards-shows-diversity-oscars-cec/index.html

 

Balasubramanian, A.R., Gorelick, R. & al. (2022). The death of Awards Shows : Do people no longer care ? Boston University News Service.

https://bunewsservice.com/the-death-of-awards-shows-do-people-no-longer-care/

 

Bansal, V. (2022). Award Shows : A thing of the past. Business Review at Berkeley.

https://businessreview.berkeley.edu/award-shows-a-thing-of-the-past/

 

 

 

Le garçon et le héron: À la croisée du shintoïsme et du Bouddhisme

Le dernier chef d’œuvre du célèbre réalisateur Hayao Miyazaki « Le Garçon et le Héron » offre une véritable exploration des pratiques religieuses japonaises où se juxtaposent Shintoïsme et Bouddhisme. Ce chef d’œuvre regorge de folklores japonais où rituels et cérémonies rythment, tout au long du film, la vie des protagonistes. Et c’est avec émotion que Miyazaki nous invite à nous plonger dans la richesse culturelle de son pays, le Japon, pour vivre une expérience spirituelle unique.

Pour Miyazaki, la religion est un élément central dans la plupart de ses œuvres ; on y retrouve aussi bien le Shintoïsme que le Bouddhisme. Subtilement insérés, les éléments sont difficilement perceptibles pour des novices.

Le héron : représentation du Shintoïsme

Comme son titre l’indique, le film raconte l’histoire d’un héron et d’un personnage principal : « Mahito ». Ce grand héron majestueux, nommé « le héron gris », d’une couleur bleu feu et à la voix de Robert Pattinson, marque, dès le début, le spectateur par ses étranges apparitions. Bien qu’effrayé par l’humain, notre héron se montre assez docile avec Mahito dès son arrivé chez sa tante.

En réalité, il s’agit d’un « Yokai », un « esprit fantomatique » dans la mythologie japonaise, associé au Shintoïsme, l’une des religions les plus anciennes du Japon. Cet être surnaturel peut être, à la fois, bienveillant et malveillant. Souvent aperçu le jour, il prend son envol le soir pour revenir le lendemain. Pour National géographique, « il peut s'agir d'une suggestion symbolique du cycle de la vie : lorsque les gens meurent, ils retournent dans l'au-delà. ». Et notre héron symbolise toutes ces facettes à travers son comportement : le deuil, la mort et la vie. Mais un Yokai doit respecter des missions. Dans le film, nous en avons retenu deux. En guidant Mahito, la première mission de ce Yokai était de lui lancer un avertissement moral en lui faisant prendre conscience des conséquences de ses actions négatives et en lui inculquant des valeurs morales. Sa deuxième mission était de le protéger, lui et sa famille lors de son expérience dans « l’imaginaire ».

La nature : élément sacré du Shintoïsme

Hayao Miyazaki est réputé pour mettre constamment au premier plan la beauté de la nature avec des paysages à couper le souffle et des créatures tout droit sorties de l’imaginaire. Dans le Shintoïsme, la nature est un lieu sacré. Ses films jouent de cette interaction entre l’humain et l’environnement. Et dans « Le garçon et le héron », c’est grâce à cette nature que, Mahito, loin de Tokyo, arrive peu à peu à faire le deuil de sa défunte mère.

Un aspect des interdits dans le Shintoïsme

Un autre aspect du Shintoïsme est représenté dans la scène de la salle d’accouchement. Mahito commet la même erreur qu’un personnage de la mythologie japonaise en entrant dans un lieu interdit, déclenchant la colère de sa tante et des roches.  Cette scène fait référence au premier volume du Kojiki, le « Jingi-den » qui conte la création du monde et l’ascendance des dieux shintoïstes. Dans ce passage, Izanagi, mourant d’impatience de revoir sa femme, commet l’erreur de la regarder dans son intimité malgré ses avertissements. Ayant vu quelque chose qu’il n’aurait pas dû voir, sa femme, Izanami se sent salie et honteuse et maudira son mari pour avoir franchi cet interdit. De plus, dans le Kojiki, la naissance est considérée comme « kegare ». Ce concept se réfère à l’impureté dans la spiritualité. Au japon, un certain nombre de situations médicales sont sous l’influence du « kegare ». Le contact direct avec une personne enceinte est minimisé et des mesures de sécurité sont souvent mises en place. Ces méthodes visent surtout à protéger le médecin du « kegare ». La pièce, le lieu en lui-même étant donc un interdit, Mahito ne devait donc pas être présent, ce qui explique la colère de sa tante et des roches.

Le passage des pélicans : référence au Bouddhisme

Plus tard dans le film, le spectateur fait la connaissance de pélicans. En réalité, ces pélicans peuvent être mis en lien avec le Bouddhisme. Dans cette croyance, il existe 6 voies de réincarnation/ de destinée calculées par rapport à son karma et à ses actes passés. L’une d’elle est connue pour être une des plus mauvaise et se nomme « la voie des âmes affamées » ou encore « la réincarnation preta ». Les « preta » représentent des démons, des êtres et des esprits affamés symbolisés, dans le film, par les pélicans. Et lorsque le pélican explique à Mahito qu’ils sont prisonniers de l’île, sans nourriture et obligés de vivre de la sorte, Mahito se rend compte de leur mauvais karma et prend conscience que ses actes commis dans sa vie actuelle le mèneront vers la mauvaise voie. Son manque de sincérité, l’automutilation, le mensonge le conduiront, comme les pélicans, vers une destinée sombre s’il ne réagit pas.

Pour conclure, le film du réalisateur Hayao Miyazaki, « Le garçon et le héron » offre à son public une exploration à travers le Shintoïsme et le Bouddhisme du Japon. Le film invite celui qui le regarde à réfléchir sur cette coexistence présente entre les deux religions. C’est par ces évènements spirituels que Miyazaki invite son auditoire à réfléchir sur les sujets universels comme la mort, la vie, la moralité des choses. Parallèlement à cela, le réalisateur, à travers ce monde spirituel, utilise Mahito pour incarner la frontière entre les divinités et les esprits imaginaires. Alors que le film se perd entre la réalité et la fiction, Miyazaki intervient en offrant à son personnage principal un nom qui ne passe pas inaperçu : « Mahito » qui signifie « vrai humain ».

Julie Ginet

Références :

 

·      Buta Connection. (s.d). Comment vivez-vous?

https://www.buta-connection.net/index.php/longs-metrages/films-de-hayao-miyazaki/comment-vivez-vous?start=3

 

·      Meakaya. (10 novembre 2023)Jeuxvideo.com.. Le Garçon et le Héron : 7 explications pour bien comprendre le dernier film d’Hayao Miyazaki.

https://www.jeuxvideo.com/news/1820134/le-garcon-et-le-heron-7-explications-pour-bien-comprendre-le-dernier-film-d-hayao-miyazaki.htm

 

·      Selena Takigawa Hoy. (19 décembre 2023). National Geographic. Culture et cinéma au Japon : « Le Garçon et le Héron », fruit de siècles folklore japonais.

https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-cinema-japon-le-garcon-et-le-heron-fruit-de-siecles-de-folklore-japonais

 

·      Yokai.com. (s.d). Aosagibi.

https://yokai.com/aosagibi/

 

·      Courious Ordinary. (2023, janvier). Aosagibi

 https://www.curiousordinary.com/2023/01/aosagibi.html

 

·      Wikipédia. (s.d). Preta

https://fr.wikipedia.org/wiki/Preta

 

·      Wikipédia. (s.d). Six destinées.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Six_destin%C3%A9es

 

·      Radio France – France Inter. (31 octobre 2023). La Terre au Carré du mardi 31 octobre 2023.

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-terre-au-carre/la-terre-au-carre-du-mardi-31-octobre-2023-5258793

 

·      Buta Connection (7 octobre 2022). Princesse Mononoke

https://www.buta-connection.net/index.php/longs-metrages/films-de-hayao-miyazaki/princesse-mononoke?start=6

 

·      François Macé. (01/01/2010). Les grands dossiers des sciences humaines. Le « shintô », une religion première au XXIe siècle?

https://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=GDSH_435_0007&contenu=auteurs

 

·      Encyclopédie Larousse. (s.d) Shintoïsme.

https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/shinto%C3%AFsme/91708

 

·      Emmanuel Trouillard. (18/07/2014). Annales de géographie. Géographie animée : l’expérience de l’ailleurs dans l’œuvre de Hayao Miyazaki.

https://www.cairn.info/revue-annales-de-geographie-2014-1-page-626.htm?contenu=auteurs

 

·      Japon-Fr.com. (S.d). Les lanternes dans les jardins japonais

https://japon-fr.com/lanternes-japonaises.htm

 

Images :

Miyazaki © Studio Ghibli-Wild Bunch

 

 

 

 

 

 

Ciné-campus : l’amour triomphe toujours !

De retour en ce mois de janvier avec une programmation aussi éclectique que passionnante, le Service à la vie étudient de l’UDEM a mis à l’honneur le cinéma québécois et francophone. Jonglant entre comédie et thriller, le ciné-campus a porté  son dévolu sur le thème de l’Amour. 

Simple comme Sylvain : quand l’amour s’enflamme

« L’amour, c’est la seule valeur universelle ». Ces quelques mots reflètent parfaitement le propos de cette comédie romantique créée par la réalisatrice québécoise, Monia Chokri. Nominé aux César dans la catégorie « Meilleur film étranger », ce film retrace l’histoire de Sophia, professeure de philosophie, vivant avec Xavier, professeur en sciences politiques et avec qui elle forme un mariage en apparence prospère, mais qui s’est laissé consumer par la monotonie du quotidien. En quête du chalet de leur rêve, Sophia fait la rencontre de Sylvain, charpentier et aux antipodes de Xavier. Viril, charnu, passionnel et manuel, il fait comme l’effet d’une tornade dans la vie de Sophia. Se laissant porter par son désir, par cette flamme ravivée, une idylle extra-conjugale commence et brise toutes ces certitudes bâties au fil des années. Des doutes, des questionnements, des inquiétudes fusent dans l’esprit de Sophia. La notion d’amour est passé sous crible et traverse de nombreux tumultes. Son mariage moderne et platonicien semblait voué à s’éteindre. La distanciation charnelle entre Xavier et Sophia installait une forme d’anti-séduction et les éloignait petit à petit. Sylvain est simple, Sylvain est brut de décoffrage, mais Sylvain est plein d’amour. Son arrivée interroge tout ce que la professeur de philosophie concevait de l’amour et de la vie. Confronté à un tout autre monde, ce choc la renvoie à la conception de Spinoza qui distingue le désir de l’amour. Dans ce long-métrage, les plans choisis et leur dynamiques mettent les personnages et l’amour au centre de l’image. L’esthétique emprunte au romantisme cinématographique. On se laisse entrainer dans ce cadre pittoresque des grandes forets canadiennes. La musique nous berce dans ces longues sérénades langoureuses. Ce film est une réelle épopée dans le sujet universel et si complexe que représente l’amour. En passant par plusieurs conceptions philosophiques, le film replace l’amour comme un acte conscient et comme le moteur principal de notre humanité.


Vampire humaniste recherche suicidaire consentant : se faire un sang d’amour

Que de paradoxe dans cette comédie mêlant de l’horreur non-consentie à de l’humanisme revendiquée. Ce film retrace l’histoire de Sasha, une vampire adolescente incapable de tuer, ne serait-ce que pour survivre. Traumatisée et bien trop empathique pour faire du mal à autrui, elle éprouve beaucoup de mal à se trouver. Vrai OVNI de compassion dans une famille de vampire sanguinolents, on lui force la main, jusqu’à lui coupe les vivres. Ici, les vivres correspondant à des poches de sang, eau de vie pour vampire. Pourtant, un miracle semble tombé du ciel : Paul, adolescent en proie, à des tendances suicidaires et est réellement fatigué de vivre. De là, entre gêne et mélancolie, s’opère une rencontre à leur image : timide et émouvante. Prêt à se livrer à Sasha pour mettre fin à ses jours, une intimité nait autour de la musique et de leur fatigue existentielle. La réalisatrice québécoise Ariane Louis-Seize parvient à combiner une esthétique sombre avec des souvenirs de films pour adolescents dans une réussite audacieuse. La fusion entre une comédie cynique et une horreur décomplexée. Sur des notes de piano jazzy et des dialogues drôles et assez justes, elle y explore des thèmes liés à la nature humaine, voire surhumaine. Le film retrace cette quête vers l’acceptation de soi et redonne espoir à quiconque perdrait foi en la vie ou voudrait s’hydrater d’hémoglobine…


Anatomie d’une chute : l’effondrement d’un amour

Dans ce drame judiciaire réalisé par Justine Triet, on y suit l’histoire de Sandra Voyter, auteure allemande à succès qui est accusée de la mort de son mari, Samuel Maleski, ancien professeur à Londres et également écrivain à ses heures perdues. Ensemble, ils ont un enfant, Daniel, qui, à la suite d’un accident, est devenu aveugle. Pour un retour au source, la famille suit Samuel dans son village natal et achète un chalet. Un matin, alors que Daniel se promenait avec son « super-chien », comme dirait son père, et que Sandra se reposait, Samuel serait tombé du grenier alors qu’il procédait à des travaux sur la toiture. De là, commence un réel décryptage d’un mariage qui renfermait tant de failles, de rancunes et de non-dits. Présumée coupable du meurtre de son mari, Sandra voit toute sa vie intime subir une autopsie aussi détaillée que douloureuse. Accusée d’être une mauvaise mère, infidèle ou encore obnubilée par sa carrière, rien n’est mis de coté pour l’accuser de la mort de Samuel. Accablée de toute part par l’accusation, ce procès retrace sans aucun filtre tout ce qui a mené à la chute d’un amour qui les avait pourtant liés. Durant le procès, Daniel, âgé de seulement 10 ans, se révèle déterminant tant par sa position de seul témoin que par sa maturité et sa sensibilité mise à rude épreuve. La force de cet enfant se révèle être la force de son amour pour sa mère. Au centre de rancunes entre ses parents , il a dû se construire dans un tumulte permanent. Ainsi, la trame scénaristique du procès est parfaitement mise en image par des capsules intimes et poignantes de leur intimité et nous tient en haleine jusqu’à la décisions finale. Palme d’Or du festival de Cannes en 2023 et primé à deux reprises aux Golden Globes , le film de la réalisatrice française continue de tout rafler en ce début d’année. En lice pour la 96ème cérémonie des Oscars, « Anatomie d’une chute » a été nominé dans 5 catégories : Oscars du meilleur scénario original, de la meilleure réalisation, du meilleur film, de la meilleure actrice et du meilleur montage. Une réelle prouesse à la hauteur de chef-d’œuvre scénaristique.

Après un mois déjà bien rempli, il reste un dernier rendez-vous pour les cinéphiles de l’UDEM. Ce 30 janvier, le thriller « Les chambres rouges », réalisé par Pascal Plante, sera le clou du spectacle de cette programmation mensuelle. Le réalisateur prendra part à une « Ciné-causerie » et répondra aux questions des spectateurs. Ce long-métrage retrace l’histoire de Kelly-Anne, obsédée par l'affaire très médiatisé du présumé meurtrier de trois adolescentes. Surnommé « le démon de Rosemont », il sévissait sur le darkweb. L'obsession de Kelly-Anne pour cette sombre affaire mettra-t-elle en péril sa santé mentale ?

À vos tickets !

—> https://culture-umontreal.tuxedobillet.com/main/les-chambres-rouges


Abdel Saber Sadou

Bibliographie :

Agence France Presse. (2023). « Festival de Cannes : Anatomie d’une chute, de Justine Triet, remporte la Palme d’or ». Radio-Canada. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1982591/film-realisatrice-francaise-prix-cinema

 

France 24. (2024). « Cinéma : "Oppenheimer" triomphe aux Golden Globes, "Anatomie d'une chute" se distingue ». France 24. https://www.france24.com/fr/culture/20240108-cin%C3%A9ma-le-film-anatomie-d-une-chute-remporte-deux-golden-globes

 

Francois Becker. (2024). Objectif Oscars pour Anatomie d’une chute. La Presse. https://www.lapresse.ca/cinema/2024-01-08/apres-les-golden-globes/objectif-oscars-pour-anatomie-d-une-chute.php