Les marchés de Noël : un incontournable de la saison

Comme chaque année, le mois de décembre nous file entre les doigts et nous sommes déjà à quelques jours de Noël. Si vous êtes en manque d’inspiration pour vos cadeaux de dernières minutes, ne tardez pas à vous rendre dans un des nombreux marchés de Noël actifs cet hiver à Montréal et ailleurs au Québec ! C’est une belle occasion d’encourager les entreprises de commerce en ligne qui ne possèdent pas de pignon sur rue, ainsi que les entreprises et artisans locaux. Effectivement, le Marché de Noël est l'endroit de prédilection pour découvrir de nouveaux produits et passer un moment privilégié avec les fabricants et artisans professionnels qui travaillent sans relâche pour cette période importante de l’année. Voici quelques recommandations qui vous permettront de magasiner jusqu’à la fin du mois de décembre !

Le Grand marché de Noël de Montréal

Situé au Quartier des spectacles sur la Place des Festivals, le Grand marché de Noël de Montréal est un incontournable depuis quelques hivers déjà. Pour cette 4e édition, une programmation épatante vous attend : village de Noël, concerts, animations déambulatoires, dégustations, spectacles, enregistrements radio et bien d’autres. Parmi les artisans qui s’y trouveront, on peut nommer la compagnie de chandelle Moonday, la distillerie du Granit venu tout droit de Saint-Romain, Maison Azuré avec ses fameuses serviettes tissées à la main et fait de coton recyclé et la compagnie Olivia qui se spécialise dans la fabrication d’objets utilitaires en bois d’olivier. Si, par chance, vous vous déplacez vers Québec pour vos vacances ou pour le travail, les entreprises et artisans du Grand marché de Noël de Québec (26e édition) vous accueilleront à bras ouverts. Vous avez jusqu’au 30 décembre pour assister à ce magnifique événement !


Les marchés de Noël à Laval

Situé tout près de Montréal, vous devez absolument vous rendre dans la ville de Laval pour faire une tournée des nombreux marchés qui y sont organisés. Pour un temps des fêtes tout en nature, le marché de Noël de la ferme Forget offre au visiteur une variété de produits de la ferme ainsi que la possibilité de repartir avec un sapin pour votre chez vous. Vous pouvez déambuler dans leur petit marché et profiter du feu extérieur dans une ambiance de Noël « à la country » jusqu’au 23 décembre ! La ferme Marineau est aussi au rendez-vous avec son marché de Noël tout en réconfort: panier-cadeaux, ambiance festive, chocolat chaud aux guimauves et produits de la ferme et d’artisanat locaux sont offerts jusqu’au 22 décembre. 


Le marché de Noël de Joliette

Si vous avez accès à un transport, ne manquez pas l’occasion d’aller expérimenter la féérie du marché de Noël de Joliette. Un village éphémère composé de 26 maisonnettes met de l’avant une trentaine d'artisans et producteurs Lanaudois dans une ambiance tout à fait pittoresque. La Place Bourget située dans le centre-ville de Joliette, qui accueille le marché chaque année, regorge également de commerces qui sauront vous offrir tout ce dont vous avez besoin. Profitez de la dernière fin de semaine avant Noël pour y faire vos petites trouvailles et boire un bon chocolat chaud emmitouflé dans votre foulard ! Vous avez jusqu’au 23 décembre pour aller déguster les produits de La Cabane à beigne, du vignoble Saint-Thomas, de la boulangerie Saint-Plaisirs et plusieurs autres. 


Que ce soit pour compléter vos derniers achats avant Noël ou tout simplement pour vous imprégner de l’ambiance du temps des fêtes, consultez les horaires des marchés sur leurs sites respectifs afin de prévoir votre visite. Dépêchez-vous, ça vaut le détour !

Jaymie Vézina

Bibliographie :

Villeneuve, F. (2024, décembre). Les marchés de Noël, une manne pour les artisans. Radio-Canada.

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2127064/marche-noel-chiffre-affaire-artisanat

« ᐆᒻᒪᖁᑎᒃ : Uummatiq : Essence de la vie »

Au cœur du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM), l’exposition « ᐆᒻᒪᖁᑎᒃ : Uummatiq : Essence de la vie » explore les luttes, les triomphes et les visions Inuites face aux bouleversements de leur monde à travers des œuvres contemporaines et des artefacts historiques. Le mot uummatiq, qui signifie « essence de la vie » ou « ce qui fait battre le cœur » en inuktitut, reflète la profondeur symbolique de cette exposition, capturant l’esprit des récits et des expériences partagés par les artistes.

L’impact des changements climatique sur le mode de vie inuite

L’Arctique, où se trouve le territoire inuit, est l’une des régions les plus touchées par le réchauffement climatique. Les visiteurs de l’exposition découvrent des œuvres comme Ice Fall de Kudluajuk Ashoona, qui illustre la fonte accélérée des glaciers et ses effets dévastateurs sur la faune et la chasse traditionnelle. 

Une installation interactive invite à ressentir les transformations du climat. À mesure que les projections numériques montrent la glace se fissurer, des témoignages audios partagés par des aînés inuits décrivent la perte de terres, la diminution des espèces marines et les bouleversements dans leurs cycles alimentaires. 

Colonialisme

Un autre aspect marquant de l’exposition est la reconnaissance des traumatismes historiques infligés aux Inuits. À travers des œuvres comme celles de Tanya Tagaq ou de Asinnajaq, les visiteurs explorent des thèmes tels que la violence des politiques de réinstallation forcée et les pensionnats autochtones. 

Des installations poignantes, comme une cabane en bois reconstituée, montrent les conditions de vie imposées aux communautés par le gouvernement canadien dans les années 1950. Des témoignages documentaires ajoutent une profondeur émotionnelle, révélant comment ces expériences ont fragmenté des familles et érodé des pratiques ancestrales. 

Un appel à l’action et à l’écoute

Uummatiq : Essence de la vie ne se limite pas à informer ou à émerveiller. Elle interpelle. À une époque où les voix autochtones réclament justice et autonomie, cette exposition s’impose comme un rappel puissant de la responsabilité collective de protéger les terres, les cultures et les communautés inuites. 

Pour les visiteurs, c’est une chance unique d’élargir leur perspective. L’exposition est à voir au MBAM jusqu’au 14 avril 2025.


Maxime Gravel

Bibliographie :



Baby Shark doo doo doo... et dehors les sans-abri ?

Baby Shark doo doo doo doo doo doo! Ce refrain, joyeux et innocent pour plusieurs, est devenu pour d'autres un véritable instrument de torture. Popularisée par Pinkpong en 2016, cette chanson au succès planétaire a d'abord charmé les enfants du monde, mais son omniprésence a fini par révéler un côté beaucoup plus sombre.

Image Complexe : Lightmotion

Aux États-Unis, des agents pénitentiaires de l’Oklahoma ont été accusés de cruauté après avoir forcé des détenus à écouter Baby Shark en boucle pendant des heures. Une plainte similaire a été déposée au Kentucky, où des adolescents en centre de détention affirment avoir été soumis au même traitement, assimilé à une violation des droits de l'homme et de la Convention de Genève. La répétition incessante de la chanson, utilisée comme méthode de contrôle psychologique, illustre le pouvoir insidieux de la musique lorsqu'elle est détournée de son usage de divertissement (Martinez & staff, 2024).

Ce contraste entre l’image joyeuse de la fameuse chanson et sa réappropriation à connotation punitive révèle une vérité troublante : ce qui amuse les uns peut tourmenter les autres. Désormais, ce symbole de l’enfance innocente résonne d’un écho plus sinistre, de l’Oklahoma au Kentucky, et maintenant jusqu'au Québec , où sa popularité refait surface à Montréal pour les mauvaises raisons.

En effet, la chanson est désormais utilisée de manière inusitée au Complexe Desjardins à Montréal. Depuis près d'un an, la mélodie est diffusée à plein volume dans les cages d'escalier du stationnement souterrain, dans le but d'éloigner les personnes en situation d'itinérance. Selon Jean-Benoît Turcotte, porte-parole de Desjardins, cette mesure aurait permis d'améliorer la situation sur le site(Laberge, 2024).

Présentée comme une solution «non coercitive», la méthode s’accompagne de la présence de deux travailleurs sociaux sur place pour dialoguer avec les personnes concernées. Toutefois, cette initiative a suscité de vives critiques. Le cabinet de la mairesse Valérie Plante a exprimé des réserves, affirmant que de telles pratiques sont «discutables» et qu’une approche plus humaine, axée sur le référencement vers des ressources adaptées, devrait être privilégiée (Laberge, 2024).

Cette stratégie n'est pas sans précédent. En 2019, la ville de West Palm Beach, en Floride, avait déjà utilisé Baby Shark et Raining Tacos à des fins similaires, pour éviter que des personnes itinérantes ne dorment dans des lieux publics (TVA Nouvelles, 2024).

La situation au Complexe Desjardins relance le débat sur les moyens de gérer la crise de l'itinérance à Montréal. M. Turcotti, porte-parole du Complexe Desjardins à confié aux journalistes de la Presse les réels objectifs de cette mesure sonore, qui est d'avant tout « ne pas agir dans la coercition, mais bien dans l’accompagnement de cette clientèle ». Il précise que Desjardins a mis en place deux travailleurs sociaux pour assurer « un dialogue » avec les personnes en situation d’itinérance. Bien que la diffusion de la chanson «Baby Shark» ait suscité des controverses, M. Turcotti insiste sur l’aspect humain de l’initiative, soulignant qu’elle vise à « améliorer la situation » dans le respect des personnes concernées (TVA Nouvelles, 2024).

Robert Beaudry, responsable de l'itinérance à la Ville, plaide pour des mesures plus structurantes, notamment par le déblocage de 100 millions de dollars attendus dans le cadre d’une entente entre Québec et Ottawa (TVA Nouvelles, 2024).

En fin de compte, le record de « Baby Shark » à Québec souligne un paradoxe frappant : une société qui célèbre la distraction collective en remportant un Guinness World Record, tout en détournant le regard des enjeux sociaux pressants (TVA Nouvelles, 2024). Tandis que des centaines de personnes se regroupent pour battre un record en se livrant à une danse enfantine, d’autres, à quelques pas seulement, se battent contre l’itinérance.

Salma Achoumi

Bibliographie :

  • https://www.tvanouvelles.ca/2020/02/23/un-record-guinness-sur-baby-shark-battu-a-quebec

  • https://www.lapresse.ca/actualites/grand-montreal/2024-11-29/baby-shark-pour-faire-fuir-les-sans-abri/c-est-pas-humain-lance-lionel-carmant.php#:~:text=(Qu%C3%A9bec)%20Le%20ministre%20responsable%20des,faire%20fuir%20les%20sans%2Dabri.&text=%C2%AB%20C'est%20pas%20humain%20et,l'Assembl%C3%A9e%20nationale%2C%20vendredi.

  • https://www.live5news.com/2024/01/17/baby-shark-song-used-torture-teen-detention-lawsuit-claims/

Édition de novembre

Chères lecteurs et lectrices,

🍂 Joyeux Thanksgiving à tous! 🦃

Alors que l’automne tire doucement sa révérence pour laisser place à l’hiver; notre équipe de rédaction est fière de vous présenter l’édition de novembre!

Au programme ce mois-ci, nous avons un article percutant sur la montée des mouvements anti-avortement au Québec, un rapport sur le Shinrin Yoku pour contrer le stress et une revue du film Monsieur Aznavour.

Pssst, nos deux articles coup de 🤎 du mois sont Marielle Bucheit et Maxime Gravel pour leur article portant sur comment les Canadiens, à travers leurs traditions, surmontent les jours d'hiver plus sombres et sur le féminisme!

Nous espérons que vous prendrez autant de plaisir à lire nos articles que nous en avons eu à les écrire🫶


Bonne lecture🤓

Mégane Emmanuelle English - Rédactrice en chef

Lumière dans la neige

Les hivers québécois, avec leurs nuits interminables, le froid mordant et leurs paysages figés sous un manteau de neige, me fascinent autant qu’ils me testent. Chaque année, lorsque les journées se raccourcissent et que la neige commence à tomber, un mélange d’appréhension et d’émerveillement s’installe en moi. Cette période impose un ralentissement forcé, un défi que nos ancêtres ont relevé avec une résilience impressionnante. L’hiver, loin d’être un simple obstacle, est aussi un moment de redécouverte.

Bien avant l’arrivée des colons, les Premières Nations trouvaient dans l’hiver une source d’inspiration spirituelle. Au solstice d’hiver, ce jour où la lumière est à son plus bas, elles célébraient le retour progressif du soleil avec des rituels de feux et des chants. Ces cérémonies, marquant à la fois un renouveau et un moment de gratitude envers la nature, portaient un message puissant : même dans la nuit la plus sombre, la lumière finit toujours par revenir (Journal de Québec, 2023). Ces rassemblements autour du feu ne se contentaient pas d’éloigner le froid, mais nourrissaient l’âme et renforçaient les liens sociaux. J’imagine ces soirées glaciales où la chaleur ne provenait pas seulement des flammes, mais aussi des histoires partagées, porteuses de sagesse et de mémoire. Ces moments rappellent que l’unité face à l’adversité est une leçon intemporelle (Toque and Canoe, 2017).

Avec l’arrivée des colons européens, des traditions comme la bûche de Noël ou les danses au son du biniou (un instrument de musique traditionnel de Bretagne) se sont mélangées aux coutumes autochtones. Louis Fréchette, dans son recueil Christmas in French Canada, décrit poétiquement ces fêtes où l’on brûlait une bûche de Noël pour attirer la chance ou dansait au son du biniou. Il écrit : « À la clarté vacillante des chandelles, dans la douce chaleur de l’âtre, naissaient des histoires qui semblaient défier le froid de l’hiver », une époque où l’entraide et les récits populaires tissaient des liens dans les rigueurs hivernales (Query the Past, 2020). Cette même chaleur existe encore aujourd’hui dans les rassemblements d’hiver, où le partage et l’esprit communautaire se réinventent. Les temps ont changé, mais ces rituels d’unité et de convivialité perdurent, se transformant à chaque génération. Dans une société de plus en plus numérique, ces moments partagés en plein air ou autour de tables communes représentent une résistance face à l’individualisme croissant. Ces instants deviennent d’autant plus précieux, créant des souvenirs collectifs et renforçant les liens humains, essentiels dans un monde parfois déconnecté de la nature et des autres.

L’hiver d’aujourd’hui soulève également des questions sur notre bien-être face à la noirceur. Le débat sur l’abandon du changement d’heure met en évidence l’impact du cycle lumière-obscurité sur notre santé mentale et physique. Le Dr Roger Godbout, spécialiste du sommeil, précise que « respecter l’heure naturelle permet au corps de mieux s’adapter aux rythmes saisonniers » (Radio-Canada, 2024). Face à ces défis modernes, des solutions comme les lampes de luminothérapie ou les activités extérieures sous la lumière du jour deviennent de plus en plus populaires. Cette évolution soulève la question de l’équilibre entre traditions et besoins actuels pour affronter l’hiver, un équilibre qui va au-delà du physique pour toucher notre état d’esprit et notre perception du temps. Aujourd’hui, l’hiver canadien se réinvente à travers des événements comme le Carnaval de Québec ou le Bal de Neige à Ottawa. Ces festivals transforment la rigueur de la saison en une fête collective, où la neige et la glace deviennent des instruments de créativité (The Canadian Encyclopedia, 2023). Ces événements montrent qu’en modifiant notre perspective, il est possible de trouver beauté et joie même dans la dureté de l’hiver, une saison souvent perçue comme austère.

Ainsi, l’hiver canadien n’est pas seulement une saison de froid et d’obscurité, mais un moment propice pour ralentir, réfléchir et se reconnecter à l’essentiel. Entre traditions ancestrales et innovations modernes, chaque flocon porte une leçon universelle : même au cœur de la noirceur, il y a toujours une lumière, une histoire ou un moment de chaleur à découvrir – ou à créer. Comme le disait Fréchette, ces instants, aussi éphémères soient-ils, sont « l’âme même de notre hiver canadien ».



Marielle Bucheit



Bibliographie :

Le Shinrin Yoku : un « bain de forêt » pour contrer le stress

Qu’est-ce qu’est le Shinrin Yoku ? 

Le Shinrin Yoku est une pratique d’immersion en forêt issue du shintoïsme, religion japonaise polythéiste. Présente depuis des millénaires au Japon, la pratique est popularisée dans les années 1980 et est maintenant considérée comme une forme de thérapie dans le milieu médical. Au Québec, c’est Bernadette Rey, guide de Shinrin Yoku certifiée depuis 2015 et fondatrice du regroupement Shinrin Yoku Québec, qui en est l’ambassadrice. Également surnommé « bain de forêt », il s’agit d’une marche au cœur d’une forêt, ou de tout autre milieu naturel, durant laquelle le participant est appelé à ralentir et lâcher-prise. Des mouvements et une respiration lente sont à prioriser afin de pouvoir mieux contempler ce qui l’entoure et être davantage à l’écoute de ses sens. Cette pratique soulève grandement l’enjeux de déconnexion de l’humain avec la nature dans un contexte de vie urbaine, qui nous éloigne de plus en plus des milieux naturels. 

Les bienfaits du Shinrin Yoku sur le corps humain, selon des études réalisées au Japon, seraient attribués à des microparticules nommées phytoncides qui sont sécrétées par les arbres pour se protéger des insectes (Girouard, 2024). Lorsque les phytoncides sont inhalés, notamment lors d’une marche en nature, elles favorisent la production de globules blancs qui sont impliqués dans le bon fonctionnement du système immunitaire (Girouard, 2024). Certaines études ont démontré les effets positifs du Shinrin Yoku sur le système nerveux comme une diminution du rythme cardiaque et de la pression artérielle, une diminution des symptômes du stress, d’anxiété et de dépression ainsi qu’une augmentation de l’énergie (Girouard, 2024). 


À quoi ressemble une séance de Shinrin Yoku ?

Lors d’une séance de Shinrin Yoku, la place du guide est très importante puisque c’est sa voix et son énergie qui donnent le ton pour l’entièreté de l’expérience. Le ou la guide nous invite tout d’abord à apprivoiser le silence; les regards, les clins d'œil et les sourires sont alors la nouvelle manière d'interagir et de communiquer en cas de besoin. Dans la première moitié de la séance, les participants sont encouragés à ralentir le pas pour contempler les arbres et le ciel. Il est proposé de laisser derrière soi ce qui nous pèse et ce qui ne nous sert plus afin de se concentrer sur le moment présent. Chacun est invité à sentir le vent sur son visage et toucher les choses qui l'entourent : le sol, le feuillage, les roches, le gazon, les plantes, etc. Les participants peuvent, à tout moment, ramasser des choses qui les inspirent, comme des fleurs mortes, des branches et des cailloux. Tout au long du parcours, le ou la guide nous rappelle de faire le vide dans nos esprits et d’errer instinctivement là où la nature nous mène. Dans la deuxième moitié de la séance, les participants sont invités à reconnecter peu à peu avec la parole afin de vivre des invitations en binôme et partager leur ressenti du moment les uns avec les autres. La dernière invitation consiste à s'asseoir ou s’allonger pour un instant méditatif chacun de son côté. La séance se termine alors par une cérémonie du thé afin de remercier la nature de nous avoir servies et accueillies durant ce voyage introspectif. 

Il faut le voir pour le croire ! 

Avec la fin de session qui approche à grands pas, il n’y a pas de meilleur moment pour tenter l’expérience et aller vous ressourcer dans un milieu naturel ! Le regroupement Shinrin Yoku Québec offre des séances de groupe un peu partout au Québec pour un coût tout à fait acceptable. Toutefois, si ce n’est pas à votre portée, pas de soucis ! Vous pouvez pratiquer le Shinrin Yoku, avec ou sans guide, à Montréal, ou dans n’importe quel espace vert près de chez vous. Prenez le temps de faire le vide, délaissez-vous de vos tracas pendant 1h et allez vous éblouir dans les sentiers du Jardin botanique ou du parc Lafontaine. Profitez des divers boisés du campus de l’Université de Montréal et reconnectez avec la nature pour en ressentir les bienfaits tout au long de votre journée. Bonne pratique !


Jaymie Vézina



Bibliographie :

La montée des mouvements anti-avortement au Québec

Pourquoi les jeunes hommes, pourtant nés dans un contexte de plus grande égalité, semblent-ils se tourner vers des idéologies de droite plus conservatrices que celles de leurs propres parents? Assiste-t-on à une régression dans les luttes sociales et féministes? Comment expliquer la résurgence des mouvements anti-avortement, qui prennent de l’ampleur non seulement aux États-Unis, mais aussi ici, au Québec? 

Le documentaire La peur au ventre de Léa Clermont-Dion, diffusé sur Télé-Québec plonge au coeur de ce phénomène inquiétant qu’est la montée des groupes anti-avortement. Il s’agit d’un constat troublant, car les droits des femmes sont en danger. Mais que se cache-t-il réellement derrière cette montée en puissance de mouvements conservateurs? Qu’est-ce qui explique ce revirement? La peur au ventre tente d’y répondre. 

Donnons-nous un peu de contexte, tout a commencé en 2022, lorsque la Cour suprême des États-Unis a annulé la décision historique Roe v. Wade, qui garrantissait le droit à l’avortement dans tout le pays. Depuis, 14 États ont totalement interdit l’avortement, même en cas de viol ou d’inceste et 7 autres l’ont sérieusement restreint. Cette attaque contre ce droit fondamental a suscité une onde de choc, pour ceux qui se battent pour l’égalité des sexes à l’échelle mondiale. C’est donc dans ce climat que Léa Clermont-Dion a décidé de mener son enquête. Elle s’est déplacée sur le terrain pour rencontrer les acteurs de ce courant conservateur, qui s'étend de Washington à Ottawa, en passant par le Québec. Ce qu'elle découvre la surprend : loin de se cantonner à une génération plus âgée, ces idées séduisent de plus en plus la jeunesse, un phénomène qu'elle n'avait pas anticipé. C’est en grande partie en raison des réseaux sociaux et de l'influence croissante des figures populaires en ligne que de nombreux jeunes adhèrent aujourd’hui à ces idéologies rétrogrades. 

La réalisatrice du documentaire s’est rendue à une grande manifestation anti-avortement à Washington : Ce sont des jeunes, parfois même des adolescents, et bien souvent des hommes, qui tiennent des pancartes et s’exclament contre ce droit reproductif. Mike Johnson, président de la chambre des représentants aux États-Unis s’exclame: « Et nous nous rassemblons tous pour célébrer la vie et ce que cela signifie d’être un américain… ». Mais alors, que signifie donc la vie de ces femmes ou de ces jeunes filles dont l'avenir a été brisé par une grossesse imposée, sans leur consentement ni leur choix? Le slogan principal du mouvement pro-vie est celui-là : « Life is our revolution ». Ce message met en avant la protection des droits des embryons et des fœtus, qu'ils considèrent comme des vies humaines dès le commencement. Pourtant, dans leur démarche, ils semblent ignorer la réalité des femmes, dont la vie et les choix sont souvent sacrifiés au nom de cette dite révolution. Ce sentiment d’être dans un futur dystopique et oppressant est palpable tout au long du documentaire. 

Depuis 1988, 48 projets de loi ont été déposés au Canada pour restreindre l’accès à l’avortment. Aujourd'hui, au Québec, le mouvement pro-vie est bien présent, comme en témoigne une manifestation qui a eu lieu cet été dans la ville de Québec. Parallèlement, certains centres dits « d’aide à la grossesse » exercent une pression considérable sur les femmes, les incitant fortement à poursuivre leur grossesse et leur faisant croire qu'elles regretteraient leur choix d'avorter. On comprend donc rapidement que la question de l’impact qu'ont ces idéologies sur les politiques canadiennes est bel et bien présente. 

Ce qui frappe le plus, c’est que cette idéologie de « sauver des bébés », issue des valeurs patriarcales et traditionalistes, et soutenue par des groupes religieux conservateurs, repose sur une peur irrationnelle: celle que les droits des femmes menacent de détruire la société. Et ce qui fait réellement peur, c’est que ces militants sont de plus en plus visibles, avec des manifestations qui rassemblent des milliers de personnes. Derrière les slogans et les marches, il y a une véritable stratégie pour influencer l’opinion publique, particulièrement chez les jeunes. 

Le documentaire La peur au ventre nous révèle à quel point ces idéologies conservatrices sont plus proches de nous qu’on ne l’imagine, et comment elles sont liées à d’autres phénomènes inquétants de notre époque. Le 11 novembre dernier, Télé-Québec diffusait Alphas, un documentaire qui explore la montée en popularité des discours des influenceurs masculinistes. Sur les réseaux sociaux, ces influenceurs trouvent un écho puissant auprès des jeunes hommes, leur montrant un modèle de masculinité, très toxique. Cette fausse représentation de la masculinité est malheureusement fondée sur la peur de l’émancipation et de la liberté des femmes. Au bout du compte, ces idéologies, qu’elles soient pro-vie ou masculinistes, alimentent une vision du monde dominée par la peur et la répression, et soulignent la nécessité urgente de défendre les droits des femmes et l'égalité des genres face à ces mouvements grandissants.


Judith Bernadet

Bibliographie :

  • Alphas : un documentaire saisissant sur l’ampleur du mouvement mâle alpha. (22 octobre 2024). Centre De Presse De Télé-Québec. 

  • https://presse.telequebec.tv/communiques/2286/alphas-un-documentaire-saisissant-sur-l-am pleur-du-mouvement-male-alpha/ 

  • La peur au ventre | Centre de presse de Télé-Québec. (2024). Centre De Presse De Télé-Québec. https://presse.telequebec.tv/nos-contenus/767/la-peur-au-ventre/ 

  • Le docu de la semaine | La peur au ventre, de Léa Clermont-Dion. (21 octobre 2024). La Presse. 

  • https://www.lapresse.ca/arts/television/2024-10-21/le-docu-de-la-semaine/la-peur-au-ventre de-lea-clermont-dion.php

Féminisme : entre soutien et sceptic

Après avoir discuté avec plusieurs femmes autour de moi, j’ai réalisé qu’elles ne se disent pas toutes féministes. Certaines disent ne pas vouloir être associé à ce mouvement parce que « ça va trop loin ». Certaines disent ne pas vouloir se positionner face à cet enjeu sachant que l’absence d’opinion est une position en soi. Certaines disent simplement ne pas s’y connaître. Moi qui croyais que le scepticisme venait principalement des hommes, j’ai été surprise par cette nouvelle perspective. Alors, j’ai décidé d’entreprendre des recherches, de regarder des documentaires, de lire des livres, de poser des questions ici et là pour comprendre ce qu’il se passe avec le mouvement féministe aujourd’hui. 

Contexte :

« La misogynie est présente dans toutes les sphères de nos vies, et pour y mettre fin, il faut d’abord oser déconstruire les idées préconçues qui nous maintiennent dans un faux confort » - Bianca Lara-Maletto, membre du comité féministe de l’UdeM


Le féminisme, mouvement fondé sur la lutte pour l’égalité des sexes, a évolué au fil des décennies. Dans ses premières vagues, il s’est concentré sur des revendications fondamentales telles que le droit de vote et l’accès à l’éducation. Au fil du temps, le mouvement a diversifié ses objectifs et ses approches. Notamment avec la dénonciation des violences sexuelles, la justice reproductive, l’intersectionnalité et la masculinité toxique. Aujourd’hui, le féminisme se trouvent souvent confronté à des critiques, surtout sur les réseaux sociaux, où il est perçu par certains comme un mouvement qui a perdu son sens. Alors que les femmes ont acquis de nombreux droits, certains estiment que les nouvelles formes de féminisme ont perdu leur crédibilité. 

Un féminisme mal compris

Selon Bianca Lara-Maletto, « Les réserves face au féminisme moderne viennent d’une incompréhension, qu’elle soit exprès ou pas, des messages que nous véhiculons au sein du mouvement ». Une étude menée en 2022 par l’institut Ipsos révèle que 43% des Canadiens considèrent que le féminisme est devenu trop extrême. Cette perception erronée est en partie alimentée par la désinformation sur les réseaux sociaux, où les idées féministes sont parfois caricaturées ou déformées pour paraître menaçantes. Ce manque de compréhension empêche de saisir les véritables enjeux, comme les inégalités structurelles ou la montée des discours antiféministes, renforçant ainsi la polarisation autour de la question. Pour y remédier, Bianca Lara-Maletto affirme que « Tout ça passe par l’éducation, autant dans les institutions d’enseignement que dans les espaces d’apprentissage comme à la maison ou entre famille ». Aussi, l’écoute des expériences des personnes directement concernées par la misogynie est essentielle.


Un exemple concret :

Sans surprise, le féminisme suscite des réactions, notamment chez certains hommes qui perçoivent l’égalité comme une menace à leur position sociale. Francis Dupuis-Déri, professeur de science politique à l’UQAM, explique cette résistance en soulignant la persistance des discours de crise de la masculinité. Ces discours, ancrés dans la peur de perdre des privilèges, alimentent des stéréotypes dénigrants envers les féministes : « Elles sont féministes par « haine des hommes », parce qu’elles sont « lesbiennes », ou « mal baisées » » (Deri, 2023, p.65). Pour ces hommes, le féminisme remet en question des modèles traditionnels qu’ils souhaitent préserver, refusant de reconnaître l’égalité comme un progrès collectif. 

« Il y a des hommes qui ne veulent pas du féminisme, ils ne veulent pas de l’égalité, ils veulent protéger les modèles traditionnels, […] Ils voient l’égalité comme une menace. » - Francis Dupuis-Déri

Des critiques depuis toujours… 

Les critiques envers le féminisme ne datent pas d’hier : depuis des décennies, des hommes expriment leur opposition, souvent en clamant que les femmes prennent « trop de place » ou ne respectent pas leur « rôle traditionnel ». Ce n’est pas nouveau, loin de là. En 1973, Richard Doyle publiait Men’s Manifesto et The Rape of the Male, revendiquant notamment la garde exclusive des enfants pour les pères en cas de divorce, tout en fondant la Men’s Rights Association (MRA). Puis, en 1982, des manifestant scandaient déjà que « ce sont les femmes qui oppriment les hommes ». Aujourd’hui, cette vision continue de se manifester à travers de nouveaux discours et mouvements. 


Masculinisme 

Le mouvement masculinisme, bien qu’il se présente comme un défenseur des droits des hommes, émerge paradoxalement dans un système où les hommes bénéficient déjà de privilèges institutionnels et sociaux. En revendiquant une oppression inexistante, ce mouvement détourne l’attention des inégalités réelles auxquelles les femmes font face. L’ironie de cette posture réside dans sa tendance à renforcer les structures patriarcales en place, tout en minimisant les luttes légitimes pour l’égalité des sexes. Par conséquent, plutôt que de favoriser un dialogue constructif sur les rapports de genre, le masculinisme risque de maintenir et légitimer les inégalités.

À la suite de l’annonce de l’invitation d’un homme masculinisme sur le plateau de Tout le monde en parle le 11 novembre 2024, de nombreuses réactions et critiques ont émergées. L’émission et Simon Coutu, le journaliste et réalisateur du documentaire Alphas, sont tous deux accusés de donner une visibilité à ce mouvement jugé dangereux. En réponse à ces reproches, Simon Coutu c’est défendu en déclarant :

« C’est un phénomène qui existe. Une minorité très bruyante. […] Le but n’est pas de donner un chèque en blanc, une glorification, c’est d’essayer de comprendre le phénomène » 

On comprend alors qu’il s’inscrit dans une logique de « comprendre pour mieux agir ». Ça reflète l’idée qu’une meilleure compréhension d’un phénomène permet de prendre des mesures plus éclairées et adaptées face à celui-ci. 

De l’autre côté, plusieurs personnalités publiques québécoises ont exprimé leurs préoccupations sur les réseaux sociaux concernant cette visibilité :

« C’est dangereux parce que ça donne une voix de plus à des gens qui vont en toucher d’autres et c’est gars-là ne vont pas comprendre l’importance du choix. […] Il y en a des filles qui sont comme: Oui, mais moi, j’aime ça, je supporte ça, j’ai le goût d’être à la maison, puis je n’ai pas envie de travailler. C’est correct, c’est ça le féminisme, c’est le choix, te donner le choix de faire ça. » Lysandre Nadeau, podcast Sexe Oral

Cette controverse illustre un dilemme crucial dans le traitement médiatique des sujets sensibles : entre la nécessité d’exposer et de comprendre un phénomène pour mieux y répondre, et le risque de lui offrir une plateforme qui pourrait le légitimer ou l’amplifier.

Engagement féminisme à l’UdeM

Le comité féministe de l’AÉSPÉUIM à l’Université de Montréal est un espace d’engagement dédié à la lutte contre les oppressions et les inégalités. Il offre un lieux sécuritaire où les étudiant.e.s peuvent s’exprimer, partager leurs expériences et trouver du soutien face aux discriminations, y compris les injustices épistémiques. Ce travail militant vise à sensibiliser, informer et mobiliser la communauté universitaire sur des enjeux féministes actuels.

Pour Bianca Lara-Maletto, son engagement au sein du comité représente une manière concrète de militer pour une cause qui lui tient à cœur. Elle explique que le féminisme se manifeste à travers des actions quotidiennes visant à réduire les injustices systémiques et les souffrances vécues par les femmes. Bien que ces actions puissent parfois sembler modestes, leur impact qu’il soit petit ou grand, reste significatif et gratifiant pour les membres du comité. 

Cependant, militer dans un tel contexte n’est pas sans défis. Les membres du comité font souvent face à une violence antiféministe marquée par des accusations d’être « hystériques » ou de « semer la zizanie ». Malgré ces obstacles, elles poursuivent leur travail avec détermination, convaincues que l’information et l’éducation sont des outils essentiels pour faire évoluer les mentalités et promouvoir l’égalité. 


Un combat pour la liberté de choisir

Le féminisme est un mouvement en constante évolution, qui reflète les besoins et les enjeux de chaque époque. Pourtant, il demeure marqué par des tensions entre un soutien généralisé à ses valeurs fondamentales et un scepticisme croissant face à certaines de ses formes modernes. Encore aujourd’hui, beaucoup de personnes expriment des réserves ou une hésitation face au mouvement. Après avoir analyser ce constat, il apparaît que la montée en puissance des réseaux sociaux, combinées à une désinformation omniprésente, contribuent à une incompréhension généralisée du mouvement. Ce brouillage des messages rend difficile pour plusieurs de cerner les véritables objectifs du féminisme et alimente des malentendus qui freinent son avancée. Comme l’a si bien exprimé Lysandre Nadeau, « le féminisme, c’est le choix ». Le choix pour chaque femme, et pour toutes les personnes, de déterminer leur propre chemin sans contrainte ni discrimination. Ce choix englobe tout : la possibilité de choisir sa carrière, de porter ce que l’on veut, d’être mère ou de ne pas l’être, de parler ou de se taire, d’aimer librement ou de vivre en célibataire. Il ne s’agit pas d’imposer un modèle unique, mais de garantir à chacun et à chacune la liberté de vivre selon ses propres aspirations. 


Maxime Gravel



Bibliographie



La Bohème Revient à l'Écran

Monsieur Aznavour est le film tant attendu de l'année...voire du siècle ! Sous la plume de Grand Corp Malade et Mehdi Idir et Tahar Rahim qui incarne la légende, on découvre un biopic époustouflante de Charles Aznavour.

L’histoire derrière le biopic : Le destin hors du commun

Né de parents réfugiés, élevé dans la pauvreté, Charles Aznavour semblait condamné à une vie. Sa voix unique et son ambition démesurée suscitait davantage de scepticisme que d’espoir. Pourtant, contre toutes les embuches, Charles Aznavour a défié les pronostics pour s’imposer comme l’un des piliers de la chanson française. Avec près de 1 200 titres, interprétés en plusieurs langues et acclamés sur les cinq continents, Aznavour a marqué de son empreinte des générations entières, devenant un symbole de résilience et de créativité.

Avec Monsieur Aznavour, le duo de réalisateurs Grand Corps Malade et Mehdi Idir signe un troisième long métrage. Validé par l’artiste lui-même avant son décès, ce biopic offre un regard intime sur l’homme derrière la légende, s’attardant avec précision sur les épreuves et les triomphes qui ont façonné son ascension fulgurante

Une prestation Bluffant

Tahar Rahim s’est investi corps et âme pour incarner l’essence de Charles Aznavour, un artiste dont la voix, parlée et chantée, demeure l’un des traits les plus distinctifs. Grâce à une immersion complète dans les archives et des échanges approfondis avec la famille du chanteur, l’acteur a su retranscrire avec finesse les facettes publiques et intimes de la légende, capturant ses nuances et son humanité. Il a perdu près de 20 kilos et s’est intensément entraîné au chant et au piano, poussant plus loin des compétences qu’il avait à peine effleurées dans des projets précédents. « Je ne suis pas chanteur, je suis un acteur », rappelle-t-il modestement lors de ses apparitions télévisées, témoignant de son humilité face à ce rôle d’envergure.

Tahar Rahim, déterminé à offrir une performance authentique, a choisi de relever le défi ultime : chanter lui-même les morceaux à l’écran. Porté par les encouragements de son professeur de chant, qui a rapidement cru en ses capacités, Tahar Rahim s’est lancé avec audace : « Je me suis dit : tant qu’à faire, je vais chanter pour vrai. Et puis voilà. » A t-il confié dans un article du JDM. C'est une décision qui ajoute une couche supplémentaire de réalisme et d’émotion au biopic. Rien qu'en écoutant la bande d'annonce du film, je suis convaincu par le travail acharné que Tahar Rahim a mis, qui rend sa prestation complètement bluffant

Ce qui a réconforté l’acteur, c’est le soutien et les retours positifs de la famille. Sur le plateau de Télé Loisirs, Tahar a rapporté les paroles de Katia, la fille de Charles Aznavour : « Elle a l’impression de revoir son père. »

Montréal : En avant la chanson !

Montréal, une ville où les rêves prennent vie, où la culture résonne, a joué un rôle déterminant dans la carrière de Charles Aznavour. C’est dans cette ville vibrante, qu'Aznavour a fait des pas décisifs sur scène, un moment clé qui a marqué le début de son ascension vers la gloire internationale. En 1948, il connaît son premier succès avec Roche avec leur album Pierre Roche / Charles Aznavour, qui compte 12 titres, plus de dix ans avant la France. Au fil des ans, il a collaboré avec plusieurs artistes québécois.

Le film évoque, bien que brièvement, le séjour marquant de Charles Aznavour à Montréal à la fin des années 1940, où il a envoûté le public pendant deux ans sur la scène du Faisan Doré. La ville a été un lieu d’opportunités où l’artiste a pu se produire et faire entendre sa voix unique. Cette connexion entre Aznavour et Montréal est magnifiée, car c’est ici qu’il a surmonté ses rêves d’explorer et faire connaître son talent, et ainsi de devenir un incontournable de la chanson française.

Ce lien prend une signification encore plus forte lorsqu’il est projeté en sol québécois, résonnant profondément avec un public qui le soutient depuis ses débuts.

Alors que Monsieur Aznavour s’apprête à illuminer les écrans canadiens dès le 29 novembre, l’attente grandit pour découvrir les impressions du public québécois, profondément attaché à cette icône incontournable de la chanson française. Une chose est sûre : l’émotion et l’éblouissement sera au rendez-vous.

Salma Achoumi

Bibliographie :

  • https://atuvu.ca/fil-culturel-actualite-culturelle/actualite-cinema/cinemania-2024- monsieur-aznavour-ode-a-laudace-dun-grand-monsieur

  • https://www.sudouest.fr/international/guerre-en-ukraine-un-arrangement-entre-lequipe-trump-et-biden-envisage-pour-mettre-fin-a-ce-conflit-22274823.php

  • https://www.journaldemontreal.com/2024/11/08/le-film-monsieur-aznavour-presentea-montreal-samedi-une-premiere-symbolique-pour-le-realisateur-grand-corpsmalade

  • https://www.programme-tv.net/news/people/362947-elle-a-l-impression-de-voir-sonpere-tahar-rahim-soulage-par-les-retours-de-la-famille-aznavour-sur-le-biopic-dedieau-chanteur/

  • https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1127198/mort-charles-aznavour-quebec-pierreroche-montreal-lynda-lemay

  • https://www.lemonde.fr/culture/article/2024/10/22/monsieur-aznavour-ses-amoursses-galeres-ses-rencontres_6357922_3246.html

Édition d'octobre🍂

Chères lecteurs et lectrices,

Après avoir été absent cet été, c’est avec une grande fierté que nous vous retrouvons pour cette première édition de la session d’automne 24.

L’équipe de rédaction a travaillé d’arrache-pied pour vous offrir un contenu intéressant et inspirant! Dans ce numéro, nous abordons des thèmes essentiels : des crimes d'honneur à la représentation des femmes dans Occupation Double, en passant par les initiatives écoresponsables dans la mode de luxe. Et parce que l’art et la culture restent au cœur de nos pages, découvrez deux articles coups de 🧡, dont un hommage aux expositions immersives, avec un focus spécial sur l’exposition Tintin, ainsi qu’une entrevue passionnante avec l’avocate Nada Boumeftah.

Merci de nous lire et d’être au rendez-vous. Nous espérons que ces articles vous captiveront!

💌 Un merci spéciale au rédactrices qui ont travaillé sur ces articles malgré la période de mi-session

Je vous souhaite une très bonne lecture, et une bonne Halloween! 🎃

Mégane Emmanuelle English,
Rédactrice en chef

Les expositions immersives au service de l’art

Peut-être que certains d’entre vous, tout comme moi, ont eu la chance de rencontrer le petit journaliste intrépide dans les pages d’une bande dessinée à la bibliothèque de votre école ou encore dans la collection de vos parents ? Assurément, vous vous êtes alors plongés dans ses aventures rocambolesques, voyageant avec lui jusqu'en Chine ou en Égypte. Peut-être le reconnaîtrez-vous grâce à son pull bleu et son iconique chevelure rousse ? Peut-être serez-vous tombé, vous aussi, sous le charme de son acolyte, Milou, un petit chien blanc doté de la parole. Les péripéties débordantes d’adversaires à affronter et les fameux jurons du capitaine Haddock ne vous auront certainement pas laissés indifférents. Et si on vous disait que vous pouviez entrer dans cet univers ludique et coloré pour aller à la rencontre de Tintin et de vos personnages favoris ?

C’est exactement ce qu’offre l’Arsenal de Montréal avec l’exposition Tintin, l’aventure immersive. Déjà très populaire à Paris, Bruxelles et Bordeaux, notamment, l’exposition prend maintenant place à Montréal depuis le 4 octobre 2024. Cette exposition multimédia haute en couleur rend hommage au travail de l’auteur belge Georges Rémi, plus connu sous le nom de Hergé, à l’origine de la populaire série de BD, Les Aventures de Tintin. Il s’agit d’une immersion au cœur de l'œuvre et de l’univers de ce bédéiste à succès. Les spectateurs sont donc invités à redécouvrir les images qui ont bercé leur jeunesse sous un tout nouveau jour.

 

Art, divertissement ou hommage ?

Souvent placé au rang de divertissement, le concept d’exposition immersive  éprouve des difficultés à être perçu comme un art au sein du monde artistique traditionnel (Baillargeon, 2019). Cependant, cette forme de création, grandement influencée et façonnée par le numérique, a prouvé à plusieurs reprises qu’elle pouvait être au service de l’art. On peut penser notamment à des expositions comme Imagine Picasso et Imagine Van Gogh présentés à OASIS Immersion aux Galeries du Palais des congrès, qui proposent une rétrospective de leurs œuvres les plus significatives. Elles constituent également une sorte d’hommage à leur génie artistique et leur contribution à l’histoire de l’art. De la même manière, Tintin, l’aventure immersive revisite les 50 ans de carrières du dessinateur Hergé ainsi que les 23 albums des Aventures de Tintin. Dans cette exposition, l’usage des technologies met de l’avant son style de dessin unique et nous permet de constater la grandeur de son talent, ainsi que le réalisme de son œuvre.

 

L’exposition immersive propose de voir les œuvres autrement. En effet, des œuvres connues et familières se transforment en quelque chose de nouveau et de vivant grâce à l’intersection de divers médias (Higgins, 2017). Des images habituellement statiques sont mises en mouvement et se promènent autour du spectateur. Le sous-marin jaune avance sous l’océan, Milou court dans le gazon et la Castafiore nous surprend avec son chant. Musique, sons et images s’allient pour offrir au spectateur une toute nouvelle aventure de Tintin. Mouvement, formes, couleurs, superpositions, collages, découpages et répétitions se conjuguent alors pour créer une actualisation d’une bande dessinée vieille de presque 100 ans.

 

Malgré les réserves du monde de l’art, il va sans dire que les expositions immersives contribuent à changer la vision que nous avons de l’art en ce qu’il peut être changé, revisité et redoré grâce aux technologies, qui nous ouvrent de plus en plus de portes. Tintin, l’aventure immersive n’est qu’un exemple parmi tant d’autres pour démontrer que l’art peut être consommé différemment. En bref, qu’elle soit un art, un divertissement ou un hommage, l’exposition immersive nous permet de découvrir et de redécouvrir des moments de notre histoire qui se doivent d’être soulignés. Tintin, l’aventure immersive m’a certainement permis de ressentir un grand émerveillement et de raviver des souvenirs qui méritaient d’être ramenés à la surface. Tintin et sa bande, de même que leur créateur, resteront assurément gravés dans ma mémoire.


Vous avez jusqu’au 12 janvier 2025 pour faire le plein de nostalgie avec l’exposition Tintin, l’aventure immersive ! Peut-être deviendrez-vous un.e  « fan » comme moi ?

 

Jaymie Vézina


 

Références :

 

 

La représentation des femmes à travers la téléréalité Occupation double

On le sait tous, en grandissant, on cherche des modèles qui nous ressemblent et qui nourrissent nos rêves. Pourtant, la diversité manque encore souvent à nos écrans. Alors, pourquoi est-ce si important d’avoir une représentation juste et authentique à la télévision?

Depuis 2003, Occupation double s’est imposée comme un incontournable de la culture populaire québécoise, suscitant des débats sur l’amour, les relations et la représentation des genres. Cette émission met en scène des célibataires à la recherche de l’amour, qui vivent ensembles dans une villa et participent à diverses activités et défis, pour qu’à chaque dimanche, l’un d’entre eux soit éliminé. L’amour, le désir et le regard des autres, au cœur de cette émission, sont étroitement liés aux corps et à l’apparence physique, négligeant ainsi toute représentation qui diverge des normes de beauté contemporaines.


Le souci, c'est que les standards de beauté varient tellement entre les femmes et les hommes, que cette disparité contribue à des inégalités de genre, renforçant certains stéréotypes. Cela m’amène à me questionner: De quelle manière Occupation double influence-t-elle la façon dont les femmes sont perçues, tant à l’écran qu’en dehors?


D’abord, les normes de beauté privilégient souvent l'image de la femme hétérosexuelle blanche, jeune, mince et « féminine ». Les femmes issues des minorités ont de la difficulté à se frayer un chemin dans les intérêts romantiques des hommes. Il s’agit du même problème pour les femmes en surpoids, par exemple. Julie Munger est la seule femme en surpoids à avoir participé à Occupation double, mais encore une fois, les candidats masculins la percevaient seulement comme une amie. Lors de cette saison, la production a démontré un désir d’inclusivité, mais l’expérience de Julie, marquée par un rejet amoureux à l’écran, soulève des interrogations sur la pertinence de son passage et sur les conséquences négatives que cela peut avoir pour les femmes qui se sont identifiées à elle (Gérald, 2020).


Cette année, à OD Mexique, la sélection des candidats a été critiquée pour son homogénéité et le manque de représentation des femmes noires (Jean, Poirier-Pouliot, 2024). D’ailleurs, même celles qui apparaissent à l’écran sont souvent les premières à partir et semblent avoir moins de succès auprès des candidats. Cette situation peut les amener à ressentir une pression pour s’adapter aux attentes du milieu, entraînant parfois un conflit avec leur identité culturelle (Jean, Poirier-Pouliot, 2024). Des inégalités de genre se manifestent dans ce contexte, car ce discours ne s'applique pas de la même manière aux hommes noirs, qui semblent être davantage valorisés par les candidates. La couleur de peau chez les hommes a moins d'importance, et les apparences atypiques sont généralement mieux acceptées, voire appréciées. On peut donc comprendre qu’une fois de plus, la valeur d’une femme est liée à son apparence physique, tandis que celle d’un homme découle de son caractère et de sa personnalité (Desrumaux, 2011).


Ces stéréotypes et préjugés sont si ancrés dans notre société et notre culture, que même si l’on reconnaît les inégalités, l’inconscient contrôle parfois notre façon de penser ; les stéréotypes simplifient l’information et orientent notre perception (Desrumaux, 2011). Malheureusement, la représentation des femmes à Occupation double facilite le chemin vers une perception stéréotypée et renchérit ce narratif à travers lequel les femmes doivent correspondre à un standard de beauté. Connaître l’origine de ces stéréotypes, c’est s’armer pour les déconstruire et ainsi contribuer à créer une société plus inclusive et respectueuse, parce que chaque femme mérite d’être vue et valorisée !


Judith Bernadet



Références :

  • DESRUMAUX, P (2011). Chapitre 6. La norme d’internalité et le stéréotype de beauté. Psychologie et recrutement Modèles, pratiques et normativités. De Boeck Supérieur, pp. 147-175. https://doi.org/10.3917/dbu.laber.2011.01.0147.

  • GÉRALD, A (2020). La participation de Julie à OD est-elle de l’inclusivité de façade? Enjeux. URBANIA. https://urbania.ca/article/la-participation-de-julie-a-od-est-elle-de-linclusivite-de-facade

  • JEAN, H, & POIRIER-POULIOT, B (11 septembre 2024). Nouvelle saison, mêmes enjeux : la représentativité culturelle à Occupation Double. Le Délit. https://www.delitfrancais.com/2024/09/11/nouvelle-saison-memes-enjeux-la-representativite

  • MICHELI-RECHTMAN, V (2013). La féminité transformée par le virtuel. Figures de la psychanalyse, 2013/1 n° 25, pp. 85-94. https://doi.org/10.3917/fp.025.0085.

  • PROULX, S, & BÉLANGER, D (2001). La représentation des communautés immigrantes à la télévision francophone du Québec Une opportunité stratégique.Réseaux, 2001/3 n° 107, pp. 117-145. https://shs.cairn.info/revue-reseaux1-2001-3-page-117?lang=fr

Quand le luxe rencontre la durabilité

La mode de luxe se réinvente de manière éco responsable, ou le choix entre le style et la durabilité n’est plus une question - il est possible d’avoir les deux! Par exemple, des marques emblématiques comme Stella McCartney, Hermès, Sézane et Veja montrent au monde comment combiner haute couture et pratiques respectueuses de l’environnement.

 

Quand il s’agit de luxe responsable, Stella McCartney est la référence incontournable (Vogue, 2023). De ses vêtements légèrement over size ou parfaitement ajustés, à ses sacs à mains (tous sans cuir ni fourrure!), Stella a toujours été consciente de l’impact de la mode sur l’environnement. Ses collections utilisent des matériaux éco responsables comme du coton bio, du polyester recyclé et même du cuir à base de champignons (Vogue, 2023). L’esthétique de Stella représente le chic sans effort et les pièces intemporelles qui rendent la durabilité très stylée. Elle montre qu’on peut faire de la mode haut de gamme sans nuire à la planète, tout en alliant style ainsi qu’éthique.

Connue pour son artisanat raffiné et ses sacs de luxe, Hermès progresse également vers un avenir plus écologique. D’ailleurs, Hermès valorise la longévité en créant des produits faits pour durer, comme leurs sacs en cuir emblématiques, leurs foulards en soie et leurs vestes personnalisées. Mais ce n’est que le début! Hermès a adopté des pratiques éco-responsables en expérimentant de nouveaux matériaux, comme le cuir à base de champignons, et a lancé un programme de recyclage nommé “Petit H”, qui transforme les matériaux restants en pièces uniques. De plus, la marque offre des services de réparation pour prolonger la vie de ses produits, réduisant ainsi les déchets. Hermès marie donc tradition et innovation tout en préservant son style intemporel (The Straits Times, 2022).

Pour ceux qui adorent le style parisien sans effort, Sézane est la marque à choisir. Avec ses blouses délicates, ses blazers structurés et son denim parfait, Sézane capture l’essence de la mode française tout en priorisant la durabilité. En effet, plus de 70 % de leurs récentes collections sont fabriquées à partir de matériaux écologiques comme le coton bio et les tissus recyclés. La transparence de Sézane est une autre raison d’apprécier la marque. Ils sont transparents sur leur chaîne d’approvisionnement et s’engagent à utiliser des certifications indépendantes pour soutenir leurs promesses de durabilité. De plus, la marque encourage fortement les clients à recycler leurs vieux vêtements (Curiously Conscious, 2024). Sézane prouve ainsi qu’élégance et responsabilité peuvent aller de pair!

Si vous aimez les sneakers (baskets) minimalistes et élégants, vous avez probablement entendu parler de Veja. En effet, cette marque de sneakers a bâti sa réputation sur l’importance de la transparence envers ses clients. Chez Veja, chaque détail est transparent, jusqu'à la composition des semelles intérieures, souvent fabriquées à partir de canne à sucre et de matériaux recyclés (Vogue, 2024). Les chaussures de Veja sont faites de matériaux écologiques comme du coton bio, du caoutchouc sauvage de l’Amazonie et des tissus recyclés. Que ce soit les matériaux recyclés utilisés dans les semelles ou leur dédicace pour réduire leur empreinte carbone, la marque Veja prouve qu’on peut créer des chaussures stylées et durables sans faire de compromis sur la durabilité.

En conclusion, la sphère de la mode de haut de gamme s’oriente vers une approche plus durable et consciente, ou le style et la responsabilité écologique s’assemblent. En intégrant des matériaux durables et en adoptant des pratiques transparentes, ces marques réussissent à redéfinir les standards auxquels les marques de luxes sont confrontées aujourd’hui. Après tout, choisir la mode de luxe durable, c’est choisir la planète sans compromettre le style!

Marielle Bucheit

Références :

Me Nada Boumeftah : Quand tout devient possible!

Il y a des personnes qui excellent dans un domaine. Et puis, il y a Nada Boumeftah – qui pourrait très bien être la définition même du mot : Polyvalence.

Image: Ann-Sophie Gagné

Dès son entrée dans le milieu juridique, Nada s’est distinguée par son engagement envers les personnes plus vulnérables. En choisissant de se spécialiser en droit criminel et en protection de la jeunesse, elle prend la parole pour ceux qu’on n’entend jamais.

«Mon expérience face a la discrimination et le rejet m’a motivée à me battre pour la justice de tous. L’intimidation dès mon jeune âge était ma première altercation face à l'injustice, et c’est depuis ma jeunesse que je m’exprime haut et fort pour la dénoncer.»

Nada souligne que l’intimidation peut soit briser une personne, soit allumer une flamme de détermination pour être la meilleure version de soi-même. Pour elle, il est évident que cela a enflammé une passion qui brûle encore à ce jour.

«J'étais d'abord dans une école publique où certains services n'étaient pas offerts, et c’est au secondaire que j’ai eu la chance d’aller au privé, où j'ai découvert une multitude de possibilités et d’accessibilité. J’ai donc choisi de m’impliquer dans divers comités, que ce soit pour des causes environnementales ou pour la sensibilisation à la toxicomanie. J’ai également été présidente de l’école et impliquée dans plusieurs organisations à but non lucratif (OBNL). J’ai mené de nombreux combats pour défendre des causes qui me tenaient à cœur. J’ai toujours été très vocal, il faut le dire — ça a toujours fait partie de mon ADN. » Pour elle, c’est crucial de montrer que les femmes — et encore plus les femmes de couleur — ont toute leur place dans ces milieux exigeants.

C’est dans ses premiers emplois, comme monitrice de camps de jour et enseignante de karaté, qu’elle commence à s’engager envers la jeunesse. On voit ses premiers pas vers ce soutien qui a commencé tôt, un engagement qui s’est renforcé dans son rôle à la Clinique juridique de Saint Michel, où elle travaille directement avec des jeunes en difficulté et fait une grande différence dans sa communauté.

Influence et Médias

C’est pendant la pandémie de COVID-19 que Nada a fortement marqué sa présence sur les réseaux sociaux. Elle raconte : «Quand j'ai vu la Clinique juridique de Saint-Michel dans le jus lors de cette crise et la population québécoise confinée et inquiète, j'ai eu le réflexe de lancer des diffusions juridiques en direct (livestream juridiques) pour informer la population des changements législatifs qui prenaient place. Il y avait des réglementations qui évoluaient très rapidement. Pour garder les gens connectés, la Clinique juridique devait jouer ce rôle.»

Nada ne s'est pas simplement contentée d'informer, elle a pris des initiatives audacieuses pour animer davantage ses diffusions en direct : «C’est moi qui ai pris les devants en allant contacter personnellement des spécialistes et des artistes québécois pour susciter l’intérêt du public en les invitant à participer et partager ce qui a permis à plusieurs de se connecter. J’ai été vue et entendue, et les médias ont commencé à plus s’intéresser à moi et m’ont invitée à commenter l’actualité.»

Ces apparitions lui ont ouvert des portes, comme Les Débatteurs de Noovo, une émission qui propose des discussions animées et des analyses sur des sujets d'actualité. Elle continue d'informer et de captiver un public toujours plus large sur des sujets courants comme «La menace de l'intelligence artificielle» et «Le droit de manifester sur les campus».

Philanthropie et Communauté

En parallèle, Nada est nouvellement l’ambassadrice du Grands Frères Grandes Sœurs (GFGS) du Grand Montréal, un organisme qui existe depuis plus de 100 ans qui est répandu partout en Amérique du Nord. GFGS jumelle des jeunes de 6 à 21 ans, confrontés à des défis de taille, avec des mentors dévoués pour les soutenir et les encourager dans leur parcours.

https://www.linkedin.com/posts/me-nada-boumeftah-39871a59_nous-sommes-heureux-dannoncer-que-me-activity-7240026394045415424-AC1s?utm_source=share&utm_medium=member_ desktop


«GFGS est à la base un OBNL qui représente mes valeurs, d'être inspirante, modèle, ouvrir des portes aux jeunes. Je souhaite organiser des ateliers dans les écoles de la région pour partager mon parcours et que mon histoire les inspire. Donner un coup de pouce aux jeunes et leur offrir toutes les chances possibles.» Nada a toujours connu GFGS, elle est très heureuse de pouvoir représenter cet organisme.


Elle explique: «J'ai toujours souhaité m'impliquer, et devenir ambassadrice était une suite logique. J’aimerais donner aux jeunes les outils pour réussir, comme j’aurais aimé en avoir.»

La prochaine étape!

Nada compte développer des projets qui soutiennent diverses communautés, chacune ayant ses propres défis à surmonter. Actuellement, elle collabore avec La Dauphinelle, un organisme montréalais qui offre refuge et accompagnement aux femmes et enfants victimes de violence conjugale ou en situation de crise. À travers ce projet, Nada espère non seulement représenter ces victimes, mais aussi leur apporter un soutien concret. Elle souhaite également continuer à s'exprimer haut et fort sur divers sujets d’actualité, que ce soit sur les réseaux sociaux ou à la télévision.

«Il faut être créateur de ces opportunités et faire tout ce qui est nécessaire pour y arriver, notamment en créant des liens. Le milieu juridique, autrefois très masculin, a changé, avec de plus en plus de femmes qui y accèdent. Cependant, il y a encore peu de femmes issues de minorités visibles. Petit à petit, je vois le changement, et cela m'inspire, qu'il s'agisse d'étudiantes ou de femmes dans les cabinets. Nous faisons notre place, notamment dans le divertissement au Québec, toutefois il est crucial de continuer à démontrer notre pertinence. Nous avons énormément de talents à mettre en avant!»

Salma Achoumi

Quand l'horreur tue

Publié en 2003, Brûlée vive, est un livre dans lequel Souad, un pseudonyme utilisé par une femme d’origine palestinienne, raconte comment sa famille a tenté de la tuer pour avoir « salit leur honneur » en tombant enceinte hors mariage. Condamnée à être brûlée vive par son beau-frère, elle survit miraculeusement à ce crime d’honneur. Ce témoignage bouleversant met en lumière une violence tragique, perpétrée au nom d’une notion d’honneur mal comprise et souvent toléré par l’inaction des autorités.

 

Un crime d’honneur est un acte de violence, souvent meurtrier, commis par un membre de la famille contre un autre membre, généralement une femme, sous prétexte qu’elle a déshonoré la famille par son comportement (Hostalier, 2014, p.62). Ces comportements incluent le refus d’un mariage arrangé, l’accusation d’adultère, ou tout autre conduite perçue comme portant atteinte à l’honneur familial.

 

Contrairement à certaines croyances, les crimes d’honneur ne trouvent aucun fondement dans le Coran ni dans les enseignements islamiques. Le Coran prône la justice, le respect de la vie humaine, et interdit formellement le meurtre. Pourtant, ces actes sont parfois justifiés à tort par des interprétations culturelles ou des traditions locales, ce qui montre que ces pratiques n’ont rien à voir avec la religion, mais plutôt avec des normes patriarcales enracinées (Schwab, 2013, p.252).

 

Dans plusieurs régions où les crimes d’honneur se produisent, l’État tend à ne pas intervenir dans ce qui est perçu comme relevant de la sphère familiale ou privée. Cela crée une tolérance implicite envers ces crimes, puisque la famille est souvent vue comme la gardienne de l’honneur. De plus, des lacunes dans les lois ou une application faible de celles-ci permettent à de nombreux coupables de s’en sortir avec des peines légères, ou même sans conséquence. Dans son récit, Souad mentionne comment après l’attaque, personne dans sa communauté n’a cherché à lui apporter de l’aide ni à condamner ouvertement ce geste. Ce silence autour de la violence qu’elle a subie reflète l’acceptation tacite de telles pratiques. Ce n’est qu’avec l’intervention d’une organisation humanitaire suisse qu’elle a pu être secourue, soignée et finalement protégée.

Il faut briser le silence.

Maxime Gravel

Références :

  • Pavlowsky, A. (2006) . Les crimes d'honneur en Palestine. Confluences Méditerranée,

  • Schwab, A. (2013). La pratique du crime d’honneur : entre mythe et réalité. Université de

Édition d'avril

Et oui! C'est déjà l'heure de vous dire au revoir!

Cette session aura été riche en articles et en sujets diversifiés, et pour célébrer la fin d'une étape, l'équipe s'est surpassée une fois de plus!

Vous êtes amateurs de cas policiers? Je vous conseille alors fortement d’allez lire l'article coup de 💛 du mois écrit par Sara-Maude Girard-Vanier sur le cas de la petite Marie-Chantale Desjardins

Un merci particulièrement spécial à nos rédacteurs et rédactrices qui ont participé à l'édition du mois malgré cette fin de session!💌

Bonne lecture🤓

Pssstttt… Ne vous inquiétez pas ; ce n’est qu’un au revoir😉

Mégane Emmanuelle English - Rédactrice en chef

Le cas de Marie-Chantale Desjardins

http://surl.li/tiqmo

*Avertissement : mention de meurtre, de violence et de violence sexuelle* 

Marie-Chantale Desjardins, 10 ans, venait tout juste d’emménager dans sa nouvelle maison à  Sainte-Thérèse avec sa mère, son beau-père et son frère, lorsque le drame a frappé. Samedi 16  juillet 1994, Marie-Chantale quitte sa résidence familiale à 9h30 pour rejoindre une amie à  Blainville à bicyclette. Au cours de sa journée, la jeune fille a été vu en train de jouer à des jeux d’arcades, un endroit qu’elle fréquentait souvent, avec d’Autres amis que celle qu’elle était censée rejoindre, puisque cette dernière était partie quelques heures avec ses parents. Par la suite, elle  serait allée chez son amie de 15h à 17h30. Plus tard en soirée, vers 21h30, Marie-Chantale a été  aperçu par une connaissance de la famille, Martin Gauvreau, alors qu’elle se dirigeait, seule, vers chez elle toujours sur sa bicyclette. Ce fût la dernière fois que quiconque l’aurait vu en vie. Pour  donner suite à sa disparition, des recherches dans les environs ont été mises en marche par la police  et de nombreuses personnes se sont portées bénévoles pour aider la police à retrouver la fillette de  10 ans. Plusieurs théories ont circulé, sur ce qui était arrivé à la jeune fille, entre autres que ce serait  une fugue. Des rumeurs comme quoi Marie-Chantale n’était pas heureuse de son déménagement  l’aurait poussé à s’enfuir de chez elle, mais tout cela s’est bien vite éteint, lorsque 4 jours après sa  disparition, son corps inerte à été retrouvé. Mercredi le 20 juillet, une équipe de bénévole fouillait  un boisée de Rosemère, lorsque, vers 11h25, Suzanne Houle découvre le cadavre de Marie 

Chantale Desjardins. Face vers le sol, habillé de deux chandails et d’une paire de boxers, c’est  comme ça que la jeune fille a été laissé par son meurtrier. Son vélo jaune, reconnu par une amie de  la famille qui lui aurait donné, ainsi que ses clés, ont été retrouvé pas bien loin de son corps, dans  le même boisé.Selon la police, elle n’était pas morte depuis plus de deux jours. Plusieurs jours  après, le coroner déclare que la jeune fille serait morte d’asphyxions par les mains du criminel et  que des bleus et contusions laisseraient croire qu’elle aurait été victime d’agression sexuelle avant  sa mort. Après cela, il aura fallu 30 ans pour avoir du développement dans le cas du meurtre de  Marie-Chantale Desjardins. 

L’histoire de Marie-Chantale Desjardins a contribué à l’effroi communautaire que vivait le Québec  à cette époque. De 1987 à 1995, 8 jeunes filles ont été victimes de meurtre dans la grande région  de Montréal. Sophie Landry,16 ans en 1987, Lyette Gibb, 19 ans en 1987, Chantal Rochon, 17 en  1988, Valérie Dalpé, 13 ans en 1989, Marie-Ève Larivière, 11 ans en 1992, Mélanie Cabay 19 ans, qui a été tuer étrangler seulement quelques semaines avant Marie-Chantale en 1994, Marie Chantale Desjardins,10 ans en 1994 et Joleil Campeau, 10 en 1995. Cette suite de meurtre, même  s’ils n’ont pas été commis par la même personne, à créer l’horreur et la peur au Québec pendant  plusieurs années. De ces huit meurtres, seulement trois ont été élucidé. Le meurtre de Sophie  Landry, tuer par Guy Croteau a été résolu en 2002, 15 ans après sa mort. Mais c’est la résolution  du meurtre de Joleil Campeau, qui à été résolu en 2011, 16 ans après son meurtre, qui a encouragé  les policiers à s’avancer plus sur le cas de Marie-Chantale Desjardins. C’est grâce à l’avancement  technologique et scientifique sur l’ADN, que les enquêteurs ont été en mesure de trouver le  coupable de l’affaire Campeau, un homme qui à été identifier comme Éric Daudelin et qui à été  condamné en 2014 pour le meurtre. Les avancés sur l’Adn ont poussé les policiers à analyser des  traces d’ADN retrouver sur le corps de Marie-Chantale Desjardins, qui n’avait pas pu être identifier  en 1994 lors du meurtre. Au début de l’année 2023, Paul Courtemanche, le dentiste de Marie 

Chantale, dévoile des informations alors jamais dévoilé auparavant. Il déclare que la jeune fille ne  serait pas partie sans se battre, puisque l’examen dentaire post-mortem dévoile qu’une de ses dents  se serait brisé et a été retrouver dans sa gorge. Selon Paul Courtemanche « L’agresseur a mis sa  main droite sur la bouche de la petite pour l’empêcher de crier. Il est surement arrivé par en arrière  d’elle. La petite, qui ne s’en laissait pas imposer, la probablement mordu avec sa canine pointue  numéro 63, et ce, à l’index de la main droite. Or, lorsqu’il a retiré son doigt, car ça fait mal une  morsure d’une canine – une molaire ça écrase, une canine ça perce – il lui a arraché la canine de  l’autre côté, la numéro 53, sans le savoir » (Infos Laurentides, 2023). Mais c’est plus tard, en  décembre 2023, que l’arrestation de Réal Courtemanche, accusé de meurtre au premier degré, a été  faite et tout cela, grâce à l’ADN qui a finalement pu être identifier. 

Réal Courtemanche est un criminel endurci, qui a déjà été arrêter pour kidnapping, drogue et  agression dans le passé. Entre autres, en 2011, il a menacé et enlever une femme à Princeville,  crime pour lequel il était en prison lors de son identification sur le dossier de Marie-Chantale  Desjardins. Présentement, il fait face à des accusations de meurtre et son procès est toujours en  cours à l’heure actuel. 

Donc, plus de trente ans plus tard, le cas de Marie-Chantale a enfin pu être résolu, et même si cela  ne reportera jamais la petite fille à sa famille, au moins l’histoire est finalement close et cela va  permettre à la famille de la fillette de finalement faire leur deuil. Les avancés scientifiques permettent à chaque jour de nous rapprocher de réponse pour des cas similaires à celui de la jeune  Marie-Chantale, et les enquêteurs travaillent toujours d’arrache-pied avec l’espoir de résoudre les  cas des autres victimes de meurtre donc les meurtriers n’ont toujours pas été trouvé. 

Sara-Maude Girard-Vanier 

Bibliographie : 

Dominé, S. (2023, December 12). Meurtre d’une enfant en 1994 : Réal Courtemanche arrêté. L’info De La  Lièvre. https://infodelalievre.ca/actualites/2023/12/12/arrestation-real-courtemanche-accusation meurtre-premier-degre-12-decembre-2023-etablissement-macaza-16-20-juillet-1994-marie-chantal desjardins-rosemere-sainte-therese-dossiers-non-resolus-surete-que/ 

Eyes, V. T. L. a. P. P. (2020, January 6). Marie-Chantale Desjardins, une enquête policière irrésolue.  Homicides Et Disparitions Non Résolus Au Québec.  https://homicidesetdisparitionsnonresolus.wordpress.com/2020/01/06/marie-chantale-desjardins-une enquete-policiere-irresolue/ 

La presse, 21 juillet 1994, cahier A, BAnQ numérique. (n.d.). BAnQ Numerique.  https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2178182 

Gonthier, V. (2023, December 13). Meurtre de Marie-Chantale Desjardins: un suspect épinglé près de 30  ans plus tard. Le Journal De Montréal. https://www.journaldemontreal.com/2023/12/12/meurtre-de marie-chantale-desjardins-un-suspect-epingle-pres-de-30-ans-plus-tard 

JAllore. (2021, December 6). Marie-Chantale Desjardins – WKT2 #8. Who Killed Theresa? https://theresaallore.com/2018/02/25/marie-chantale-desjardins-wkt2-8/ 

La voix de l'Est, 1994-07-22,p.2, Collections de BAnQ. La petite Marie-Chantale a été étranglée et violée. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2865181 

MacFarlane, J. (2023, December 12). Charges laid in 1994 murder of 10-year-old Marie-Chantale  Desjardins. CBC. https://www.cbc.ca/news/canada/montreal/sq-arrest-cold-case-marie-chantale desjardins-1.7056424 

Marin, S. (2023, December 13). Un homme arrêté 30 ans plus tard pour le meurtre d’une fillette. Le  Devoir. https://www.ledevoir.com/societe/justice/803667/homme-arrete-30-ans-plus-tard-meurtre fillette 

Meurtre de Marie-Chantale Desjardins | Près de 30 ans plus tard, Réal Courtemanche accusé de meurtre  au premier degré. (2023, December 12). La Presse. https://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-faits divers/2023-12-12/meurtre-de-marie-chantale-desjardins/pres-de-30-ans-plus-tard-real-courtemanche accuse-de-meurtre-au-premier-degre.php

Nouvelles, T. (2002, February 15). Un homme est accusé d’un meurtre commis en 1987. TVA Nouvelles.  https://www.tvanouvelles.ca/2002/02/14/un-homme-est-accuse-dun-meurtre-commis-en-1987 

Radio-Canada. (2014, March 13). Meurtre de Joleil Campeau : l’opération « Mister Big » comportait 45  scénarios. Radio-Canada. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/657762/laval-justice-eric-daudelin-joleil campeau 

Sureté du Québec, 12 décembre 2023, DOSSIER NON RÉSOLU – ARRESTATION D’UN HOMME DANS LE  MEURTRE DE MARIE-CHANTALE DESJARDINS https://www.sq.gouv.qc.ca/communiques/dossier-non resolu-arrestation-dun-homme-dans-le-meurtre-de-marie-chantal-desjardins/ 

Suspect(e) - Jeune fille assassinée - ADR.tv. (n.d.). ADR.tv. https://adr.tv/suspects/81011-048-Jeune-fille assassinee 

Tremblay, S. (2023, February 17). De nouveaux éléments pour relancer l’enquête du meurtre de la petite  Marie-Chantale Desjardins - Infos Laurentides. Infos Laurentides.  https://journalinfoslaurentides.com/faits-divers/des-elements-jamais-devoiles-dans-le-meurtre-de-la petite-marie-chantale-desjardins

La production agroalimentaire en hiver au Québec

Au Québec, la vague d’achat local, priorisant une consommation plus consciencieuse, est bel et bien amorcée. Le mouvement, engendré entre autres par la pandémie de COVID-19 (2020 à 2022), est présent et observable dans plusieurs secteurs d’activités, surtout ceux de la mode et des cosmétiques. Le secteur agroalimentaire a également été grandement touché par cette prise de conscience qui a mené la population à vouloir se procurer des produits locaux au profit des grandes chaînes américaines. Durant la période estivale, les abonnements pour des paniers de fruits et légumes de saison offerts notamment par Bio Locaux, Le Jardin des Anges et Les Fermes Lufa, font fureur. 

Quand est-il durant l’hiver ? 

En effet, ce désir de consommer des aliments locaux se heurte aux conditions climatiques du Québec qui ne permettent pas d’avoir un rendement constant de produits agricoles (fruit, légumes, céréales, grains, légumineuses, etc.) tout au long de l’année. Le gouvernement Legault a exprimé sa volonté de faire accroître l’autonomie alimentaire du Québec de 10% dans les prochaines années (Cameron, 2021), sous-entendant la nécessité d’augmenter la taille des serres et de se lancer dans une production agricole hivernale afin d’atteindre cet objectif. Oui, oui … des légumes dans le sol en hiver ! Le gouvernement s’engage donc à fournir une aide financière aux producteurs qui désireraient participer à ce  projet baptisé « Grands tunnels » (Cameron, 2021). Plusieurs agriculteurs ont même déjà entamé le processus, mais la tâche s’avère de haute envergure. 


Comment fonctionne la production agroalimentaire en hiver ? 

Développée par Eliot Coleman dans un ouvrage publié en 2009, l’agriculture hivernale est un terrain encore peu exploré, mais qui tend à émerger dans un contexte d’autonomie alimentaire. Effectivement, les agriculteurs d’ici font face à un contexte de production peu commun mondialement, d'où le manque de ressources et de documentation sur le sujet. Chercheuse au Centre d’expertise et de transfert en agriculture biologique et de proximité (CETAB+), Charlotte Giard-Laliberté a entrepris d’offrir des réponses concrètes aux agriculteurs (Cameron, 2021). Son projet de recherche, financé par la MAPAQ, se concentre à fournir des données précises sur les productions, comme la température des serres, le temps de pousse, le rendement, les coûts en énergie et en matériaux, etc., afin de leur permettre d’établir un plan d’action adéquat (Cameron, 2021). 


Ainsi, l’agriculture hivernale se déroule généralement en serre, mais également au grand air dans certains cas. Pour la production en serre, celles-ci sont chauffées seulement entre 2 et 5 degrés Celsius pour éviter le gel du sol, mais également pour éviter la surconsommation d’énergie (Cameron, 2021). Pour les parcelles de terre qui ne sont pas couvertes en hiver, la neige s’avère être un allier de taille pour protéger la terre du gel et assurer la survie de certains plans, comme le plant de bleuet ou la vigne par exemple (Landry, 2023). En effet, le gel est l’un des plus gros défis pour la production agricole hivernale puisqu’il peut être dévastateur pour les racines, les tiges et les bourgeons; éléments précieux et très fragiles qui assurent la viabilité de la production (Landry, 2023). Comme l'ont expérimenté les fermes Le Jardin des Funambules et Coq à l’Âne du Bury, situé en Estrie, la demande pour leur service de panier d’hiver est impressionnante (Cameron, 2021). Tous deux embarqués dans le projet de serres froides, ils peinent à fournir à la demande. 


Beaucoup de questions, peu de réponses

Malgré l'engouement envers cette nouvelle pratique et les recherches entreprises, notamment par Charlotte Giard-Laliberté, beaucoup de questions restent sans réponse. Certains agriculteurs décident de répondre à leurs propres interrogations en embarquant à pieds joints dans le projet, mais plusieurs sont encore frileux à l’idée. Effectivement, il reste plusieurs enjeux importants à éclaircir concernant, entre autres, l’empreinte GES (Gaz à effet de serre) que laisserait une nouvelle pratique agricole étendue à la grandeur du Québec, la manière de fertiliser les sols et de conserver ses nutriments même en période froide, ainsi que la régénération des sols qui sera bouleversée par une saison de récolte de plus par année (Gamache, 2014). L’effet des phénomènes biologiques du sol en hiver, qui subit une diminution globale de ses activités métaboliques, n’est pas à négliger quant à leurs impacts nutritifs sur le produit qui sortira de terre lors de la récolte (Gamache, 2014). Les agriculteurs se questionnent également à savoir si le coût en énergies et en installation vaudra le rendement offert par une production hivernale plus lente en raison, notamment, du manque de lumière (Cameron, 2021). 


En bref, l’agriculture à certainement un impact environnemental à ne pas sous-estimer, c’est pourquoi il est impératif pour les agriculteurs de trouver des manières de faire qui sont écologiques et qui permettront d’augmenter la production québécoise tout en protégeant l’environnement. La suite de ce magnifique projet reste à suivre !



Jaymie Vézina


Bibliographie 

Cameron, D. (2021, 31 janvier). Des légumes qui poussent dans la terre… en janvier. La Presse. https://www.lapresse.ca/actualites/2021-01-31/agriculture-hivernale/des-legumes-qui-poussent-dans-la-terre-en-janvier.php 


Gamache, M.-M. (2014). Fonctionnement biologique des sols agricoles en période hivernale et gestion de l’azote en climat nordique [mémoire de maîtrise, Université de Sherbrooke]. https://savoirs.usherbrooke.ca/bitstream/handle/11143/7202/cufe_Gamache_Marie-Michelle_essai452.pdf?sequence=1 


Landry, V. (2023, 14 janvier). En agriculture, la neige comme allié contre le froid. Le Devoir. 

https://www.ledevoir.com/plaisirs/alimentation/777492/autonomie-alimentaire-la-neige-comme-alliee-contre-le-froid

L'ère numérique de l'amour : La montée des cupidons virtuels

Comment définissez-vous les applications de rencontre? Pour certains, il s'agit d'un outil révolutionnaire qui facilite la rencontre de personnes partageant les mêmes intérêts. Pour d’autres, elles sont malheureusement synonymes de déception amoureuse. Explorons l'amour à l'ère numérique avec un regard sur Tinder, Hinge et Fruitz. Nous n'allons pas nous contenter de swiper à droite ou à gauche, nous allons creuser un peu. Ces applications peuvent-elles réellement nous aider à trouver l'amour, ou sont-elles simplement une source de perte de temps (et de confiance en l'humanité)? 

Tinder, l'application #1 au Canada est célèbre pour son système de "swiping" depuis 2012, rendant la navigation de profils amoureux simple et rapide (Top Dating Apps Ranking in Canada April 23, 2024). Le 22 Avril 2024, Tinder a lancé une nouvelle fonctionnalité "Share my date" permettant aux utilisateurs de partager les détails de leur rendez-vous, y compris le lieu, la date, l'heure et une photo de leur partenaire, avec leurs amis, leur famille et leurs pairs via un lien. Justin McLeod, PDG de Hinge, explique sur son site web comment l'application a vu le jour : « Lorsque l'amour de ma vie m'a quitté après l'université, j'étais dévasté. Je me suis tourné vers la technologie pour rencontrer de nouvelles personnes, créant ainsi Hinge » (Traduction Libre) (The Hinge Founder’s Story, Timeline, Press & More, 2012). Une particularité de Hinge est sa devise "conçue pour être supprimée", soulignant son objectif de faciliter des connexions profondes qui peuvent forger des relations sérieuses. Fruitz, l’application 100% Française (Fruitz Web Page, 2017) adopte une approche ludique en utilisant le concept de fruits pour catégoriser les relations, ce qui apporte une touche colorée à l'univers des rencontres en ligne. Quatre fruits représentent l'état d'esprit dans lequel l’utilisateur se retrouve : la cerise, pour trouver votre moitié ; le raisin, pour un verre sans prise de tête ; la pastèque, pour des câlins sans pépins ; et la pêche, pour une envie de pêcher un soir (Fruitz Web Page, 2017). Chaque application offre une expérience unique dans le monde des rencontres en ligne. 


Il est intéressant de connaître les opinions et expériences des utilisateurs eux-mêmes. 


Étudiante Anonyme, en première année du département de communication à l'UDEM, partage à son tour son expérience et sa perspective vis à vis de l’utilisation des applications de rencontre. Elle nous affirme 

Je préfère Hinge. J'ai été sur les trois applications de rencontre, mais Hinge se démarque vraiment pour moi. J'ai fait de belles rencontres grâce à cette application, et la création d'un profil est à la fois unique et amusante. Ce que j'aime le plus sur Hinge, ce sont les questions qu'ils te demandent de remplir pour ton profil plutôt qu'une petite bio où les gens ont tendance à énumérer des informations standard, parce que cela te permet vraiment de ressentir la personnalité de la personne. Une autre fonctionnalité que j'apprécie est le fait de pouvoir choisir le rayon de distance. Bien que Tinder développe des approches similaires, le modèle de communication de Hinge est bien plus performant. De plus, les utilisateurs de l'application et les personnes que j'ai rencontrées sur Hinge semblent être plus jeunes, ce qui rend le tout plus facile pour moi. Ça ajoute une certaine assurance, sachant que la majorité des profils montrés sont ceux d'étudiants.

Boris Brummans, professeur de communication à l'UDEM, n'est pas vraiment un expert en médias sociaux, mais plutôt une personne qui se pose beaucoup de questions sur la vie numérique. Curieuse d'entendre son point de vue en tant que personne résistant en grande partie aux pièges des médias, nous avons discuté de l'évolution et l’impact social des applications de rencontre. « Je comprends que nous sommes rendus là, mais en tant que dinosaure, j'ai quand même plusieurs questions », débute Boris en riant. « Il faut donner leur chance aux premières rencontres, en face à face, qui sont parfois le fait du hasard. Je donne aussi beaucoup de poids à la communication non verbale et au ressenti qui me permettent de bien cerner les personnes à qui je m'adresse. »

Boris aborde sa consommation d'information, expliquant : « J'aime avoir l'illusion du contrôle sur ma consommation d'information. Même si je paie pour Netflix et YouTube, je suis conscient des algorithmes qui influencent mes choix. La prise de conscience est cruciale ». Il exprime aussi sa méfiance envers la dépendance aux applications et aux grandes entreprises. « Dans ce monde hyperconnecté, notre capacité d'attention tend malheureusement à décroître, ce qui devient un réel problème de santé publique. Par ailleurs, je n'aime pas l'idée de laisser aux entreprises le soin de créer des besoins artificiels auxquels nous n'avions même pas pensé à l'origine. Tout cela devient un réel problème sociétal. Swiper sans trop y penser, par réflexe, c'est inquiétant, je trouve. » Dans le contexte des applications de rencontre, il perçoit ce mécanisme comme potentiellement problématique pour nos émotions humaines. « Cette automatisation et cette rapidité avec lesquelles les utilisateurs prennent des décisions sur les applications peuvent affecter la capacité à établir des connexions émotionnelles profondes. »

Boris conclut notre entretien en soulignant que: « La difficulté dans notre ère numérique, c’est que les grandes entreprises multinationales nous influencent de plus en plus. Satisfaire notre besoin de bien-être nous coûte, par ailleurs, de plus en plus cher. En tant que citoyen, je peux faire de mon mieux pour résister, mais je ne peux pas y échapper complètement. Enfin, cette idée d'agentivité que je prétend avoir par rapport à tout cela est peut-être une illusion. »


Une étude de Eharmony en 2021 révèle que 36% des Canadiens utilisent des applications de rencontre. À noter, la désirabilité en ligne pour les femmes est à son pic à 21 ans et pour les hommes à 26 ans. De plus, 53% des utilisateurs mettent des informations fautives sur leur profil, soulignant les défis d'authenticité dans ce domaine. Ces statistiques montrent comment les Canadiens utilisent les applications de rencontres et qu'il y a encore du travail à faire en termes d'évaluation de l'intégrité de ces utilisateurs (Eharmony Editorial Team, 2021) 


Les applications basées sur l'IA, quant à elles, constituent une nouvelle avancée dans le domaine, qui se développe à mesure que ces plateformes continuent d'évoluer vers un nouveau marché. Replika, conçue à l'origine comme un chatbot de compagnie, est devenue bien plus qu'une simple application (Goten, 2023). Elle permet aux utilisateurs de créer des relations romantiques avec des avatars qu'ils peuvent eux-mêmes personnaliser, dotés d'une intelligence émotionnelle artificielle sophistiquée. Cependant, la restriction des fonctionnalités érotiques souligne les défis et les limites de ces applications numériques et a suscité des réactions négatives de la part du public (Carrier, 2023). 


Cette introspection nous pousse à interroger la frontière entre la technologie et l'humanité, ainsi que les risques liés à une dépendance grandissante à cet amour numérique. Ces plateformes transforment la manière dont on se connecte, de la façon la plus artificielle qui soit, en mettant de côté les relations naturelles. Mon avis sur le sujet est le suivant : Rencontrer quelqu'un au hasard peut parfois réserver de belles surprises, une découverte agréable à laquelle on ne s'attendait pas forcément. C'est ce petit brin de magie qui rend ces moments si spéciaux. Mais qui n'a jamais connu ce moment gênant où l'on réalise que la magie n'est pas vraiment au rendez-vous? C'est un mélange entre l'humilité du hasard, le fait d'être parfois déçu en direct, sur le vif, et l'optimisme de l'authenticité des rencontres. C'est le risque du jeu, mais aussi ce qui rend chaque rencontre unique. Néanmoins, en les observant de mes propres yeux, je constate que les applications de rencontres sont devenues la norme pour notre génération, voire même une banalité incontournable. À l'ère du numérique, ces applications transforment la façon dont nous cherchons l'amour, remplaçant les rencontres fortuites par des algorithmes de compatibilité.


Salma Achoumi



Bibliographie 

Eharmony Editorial Team. (2021). 10 online dating statistics (For canada) you should know. Eharmony. https://www.eharmony.ca/online-dating-statistics/ 

Carrier, L. (2023, mai 14). En amour avec une intelligence artificielle. La Presse. https://www.lapresse.ca/societe/2023-05-14/en-amour-avec-une-intelligence-artificielle.php 

Dénicher des petits amis virtuels, c’est maintenant possible grâce à l’IA. (s. d.). Noovo Info. Consulté 26 avril 2024, à l’adresse https://www.noovo.info/nouvelle/denicher-des-petits-amis-virtuels-cest-maintenant-possible-grace-a -lia.html 

Download Hinge, the dating app designed to be deleted. (s. d.). Hinge. Consulté 26 avril 2024, à l’adresse https://hinge.co/fr-fr 

Fruitz Web Page. (2017). https://fruitz.io 

Goten, E. V. (2023, décembre 12). Peut-on véritablement tomber amoureux d’une IA ? Un utilisateur de l’application Replika témoigne. RTBF. https://www.rtbf.be/article/peut-on-veritablement-tomber-amoureux-d-une-ia-un-utilisateur-de-l-app lication-replika-temoigne-11299768 

Mhargude, R. (2023, décembre 27). Online dating services market : Connecting hearts in the digital era. https://www.linkedin.com/pulse/online-dating-services-market-connecting-hearts-digital-mhargude-l duzf 

Rashid, B., & Brooks, A. C. (s. d.). The complexities of human love. Consulté 26 avril 2024, à l’adresse https://www.theatlantic.com/podcasts/archive/2022/10/online-dating-apps-ai-tinder/671762/ 

Rim, H. (s. d.). Tinder launching ‘share my date’ feature for sending match details to friends—And parents. Forbes. Consulté 26 avril 2024, à l’adresse https://www.forbes.com/sites/hyunsoorim/2024/04/22/tinder-launching-share-my-date-feature-for-se nding-match-details-to-friends-and-parents/

Rohoman, S. (s. d.). I tried 5 popular dating apps in Toronto and here’s which ones are best for relationships—Narcity. Consulté 26 avril 2024, à l’adresse https://www.narcity.com/toronto/best-dating-apps-serious-relationships-toronto 

The Hinge founder’s story, timeline, press & more. (2012). Hinge. https://hinge.co/press 

Tinder Web Page. (2012). https://tinder.com/fr-CA 

Top Dating Apps Ranking in Canada April 23. (2024, avril 23). Similarweb. https://www.similarweb.com/top-apps/google/canada/dating/

L’éclipse solaire: un spectacle céleste

Les éclipses solaires sont un des phénomènes astronomiques les plus rares et à la fois les plus spectaculaires qui existent. En effet, les chances d'observer une éclipse solaire totale depuis n'importe quel endroit sur terre sont si rares que cela n'arrive généralement qu'une seule fois dans notre vie. Nous avons été chanceux de témoigner de ce spectacle céleste le 8 avril 2024. Ce phénomène était visible le long d'un trajet traversant des zones de l'Amérique du Nord, y compris certaines régions du Québec. À Montréal, nous avons donc eu la chance de voir une éclipse solaire totale, un événement surréel qui rassembla des masses. 

Les éclipses solaires ont été étudiées depuis très longtemps et ont permis l’avancement de plusieurs découvertes scientifiques. Il y a plusieurs siècles, ce phénomène était perçu de manière inquiétante, étant encore inconnu des astronomes. L'obscurcissement soudain du ciel qui se produit lors d’une éclipse était auparavant perçu comme un signe que les dieux étaient mécontents ou comme une prémonition que des événements funestes allaient se produire. C’est seulement lorsque ce phénomène a été réellement étudié que les astronomes réalisèrent qu’il ne fallait pas se méfier des éclipses solaires; il fallait plutôt les apprécier et les célébrer. 

Pour donner plus de contexte, les éclipses solaires se produisent lorsque la nouvelle lune s'aligne parfaitement entre la Terre et le soleil, projetant brièvement une ombre sur notre planète. La lune est assez grande et assez proche de la Terre pour qu'elle puisse parfois cacher tout ou une partie du soleil, en fonction de leurs positions relatives. De plus, l’éclipse totale ne dure qu’environ 10 secondes en tant que telle ; pendant lesquelles la température extérieure chute drastiquement (National Geographic, 2024).

À travers les siècles, les phénomènes célestes, incluant les éclipses solaires, nous ont beaucoup aidé à comprendre notre monde et comment l’univers autour de nous fonctionne. En 1919, une expédition audacieuse vers une île isolée au large de l'Afrique de l'Ouest a été organisée pour observer une éclipse solaire totale. Ce voyage, dirigé par l'astronome britannique Sir Arthur Eddington, avait pour objectif de confirmer une prédiction révolutionnaire d'Einstein ; celle que la gravité des objets massifs déforme l'espace-temps, courbant ainsi la lumière L'idée était simple mais ingénieuse : pendant l'éclipse, les étoiles proches du bord du soleil étaient visibles, permettant aux scientifiques de repérer les changements dans leur lumière dus à la gravité du soleil. Ce test crucial a été un grand succès, propulsant Einstein vers une renommée scientifique mondiale et ouvrant une nouvelle ère dans notre compréhension de l'univers (National Geographic,2024). Aujourd’hui, la NASA continue à mener plusieurs recherches sur les éclipses pour augmenter nos connaissances sur trois aspects ; notre environnement spatial, notre planète terre et le soleil. En effet, les éclipses solaires permettent aux scientifiques d’approfondir leur recherche sur le soleil puisqu’ils peuvent voir la couronne, soit une partie de son atmosphère, qui n’est seulement visible quand une lumière vient l’éclaircir (NASA, 2024). Bref, ce phénomène n’est donc pas seulement magnifique à voir, mais est aussi très utile pour la science. 

L'éclipse solaire a été un moment vraiment magique pour moi. Pour être honnête, j'avais quelques doutes sur ce qui allait se passer, mais je ne m'attendais pas du tout à vivre une expérience aussi immersive et unique. Même si la totalité de l’éclipse ne dure que quelques secondes, les instants qui la précèdent et la suivent sont tout aussi incroyables. Ressentir la température chuter drastiquement et la lumière diminuer lentement en plein jour était quelque chose de totalement nouveau pour moi. Le ciel de Montréal prenait des teintes rosées juste avant l'éclipse, alors que le soleil, lui, se préparait à se coucher dans une palette de couleurs éclatantes. Et puis, l'ambiance sociale était tellement agréable, car tout le monde se réunissant soudainement pour profiter ensemble de ce spectacle naturel incroyable. C'était vraiment un moment spécial de voir tout le monde apprécier ce phénomène céleste. Bref, je suis vraiment contente d'avoir eu la chance d'assister à une éclipse avant qu'il ne soit trop tard, surtout sachant que les données nous disent que la Lune s'éloigne peu à peu de la Terre, et que, dans environ un milliard d'années, les éclipses solaires totales ne seront plus possibles (National Geographic, 2024).


Marielle Bucheit




Sources:

NASA. (2024). April 8, 2024, Total Solar Eclipse - Through the Eyes of NASA. NASA. https://science.nasa.gov/solar-system/skywatching/april-8-total-solar-eclipse-through-the-eyes-of-nasa/

National Geographic Society. (2024). Solar Eclipses. National Geographic. https://www.nationalgeographic.com/science/article/solar-eclipses