Édition d'avril

L’arrivée du mois d’avril, ça créer toujours un drôle de mélange dans nos vies : la fin de session qui débute, les premiers VRAIS rayons de soleil qui sortent, le stress des examens/travaux qui grimpe en flèche, les premières sorties à la crèmerie, et ce sentiment surréel d’une année qui a filé à toute vitesse nous submerge.

Avril marque aussi la dernière édition du ComMédia pour cette année scolaire. Depuis septembre dernier, ce fut un immense plaisir de vous retrouver chaque mois, de partager idées, découvertes et passions à travers ces pages digitales.

On tient surtout à remercier chaleureusement toute notre équipe. Nos chers.chères rédacteurs et rédactrices, sans vous, ce journal n’existerait pas ! Merci pour votre créativité, votre curiosité et votre désir constant de raconter le monde, à votre manière.

À nos lecteurs et lectrices, merci de nous lire, de nous encourager, de commenter et d’apprécier notre contenu. Le ComMédia, il est à vous et il est pour vous. Merci du fond du coeur pour votre présence.

Que vous soyez dans votre sprint final ou déjà la tête plongée dans l’été, on espère que cette dernière édition, courte mais forte saura vous offrir une petite pause bien méritée !

Avec tout notre amour,

Salma Achoumi et Jaymie Vézina, co-rédactrices en cheffe du ComMédia 2025-2026.

Montréal en musique : les incontournables de l'été 2026

Par Erika Donatucci

La session d’hiver est enfin derrière nous ! Les gros manteaux retournent au placard, les terrasses se remplissent et Montréal reprend vie.  L’été s’annonce chargé, et avec lui, une programmation musicale qu’on aurait tort de manquer. 

Pour ce dernier article de cette session, je prends le temps de répondre à la question « Quels sont les spectacles à ne pas manquer à Montréal cet été ? »

Voici ma petite sélection et pourquoi ça en vaut la peine ! 

1. Osheaga

On ne le présente plus, c’est un incontournable à Montréal ! On enfile ses tenues les plus belles et pratiques pour les journées du 31 juillet au 2 août 2026. Pendant trois jours de musique, le parc Jean-Drapeau se transforme en véritable terrain de jeu musical : foule compacte, chaleur, couchers de soleil et concerts qui s’enchaînent. 

Cette année, on retrouve notamment Tate McRae, Lorde et Twenty One Pilots. Un mélange de nostalgie et de redécouvertes. 

On sort le billet qu'on a économisé pendant quelques semaines pour l'acheter, et on prend l’occasion de voir les petits artistes qui aujourd’hui sont abordables et qui demain ne le seront plus tels que Sombr, Max McNown, VALLEY. 

Tu as le choix entre prendre des billets de fin de semaine à partir de 425 $ avant taxes ou des billets journaliers à partir de 180 $ avant taxes si tu préfères seulement une programmation journalière.

2. Festival International de Jazz de Montréal

On se donne rendez-vous du 25 juin au 5 juillet 2026 pour des concerts de gros artistes internationaux autant dans les salles avec des billets payants qu’extérieurs qui sont 100 % gratuits. Pas besoin d’être un grand admirateur de jazz pour y passer faire un tour, il y a des artistes comme Angine de poitrine, groupe de rock québécois ou encore Rilès, chanteur français aux multiples influences.

Le vrai point fort ? Les concerts extérieurs gratuits en plein centre-ville attirent une foule immense chaque année. Et pour ceux qui veulent avoir l’expérience complète, certaines salles proposent des performances payantes comme celle du célèbre pianiste Sofiane Pamart.

3. Les Francos de Montréal 

Du 12 au 20 juin, Les Francos de Montréal mettent à l'honneur la musique francophone. Entre concerts gratuits  et spectacles payants, l’événement rassemble des artistes incontournables comme Orelsan, Cœur de pirate et Pierre Lapointe.

À l’heure que vous lisez cet article, la programmation complète a enfin vu le jour ! Je vous laisse leur Instagram pour aller faire un tour ! 

https://www.instagram.com/francosmtl/?hl=fr 

4. ÎleSoniq

Pour les amateurs de musiques électroniques, ÎleSoniq est un arrêt obligatoire. C’est TON festival. Le 8 et 9 août, prépare toi à vivre une vraie soirée électrisante au parc Jean-Drapeau qui accueillera de nouveau une foule prête à vibrer au rythme des basses et des drops

Compte environ 245 $ taxes incluses pour un laissez-passer de fin de semaine, ou autour de 150 $ pour une journée, taxes et frais inclus.

Si tu hésites encore, je te laisse un aperçu de ce que tu as peut-être manqué l’année dernière : https://ilesoniq.com/fr/revivez-2025

5. Piknic Electronik 

À partir du dimanche 17 mai, Piknic Electronik offre une alternative plus détendue. C’est le festival qui te donne une chance chaque dimanche tout au long de l’été et même après jusqu’au 18 octobre pour profiter d’une ambiance chill avec des DJ sets locaux et internationaux pour danser en plein air. Tu vas pouvoir retrouver sur scène des artistes connus du public tels que Josh Baker ou encore DJ Swisha, mais également des artistes surprises !

Puis, boire dans un seau orange je suis sûre que c’est dans ta bingo card pour cette année 2026 ! 

C'est aussi l'un des événements les plus accessibles de l'été : les billets varient entre 20 et 35 $ selon la date et les DJs. Pas d'excuse pour manquer ça!

6. Lasso Montréal 

Envie de changer d’ambiance ? On change un peu de vibe. On troque les beats pour les bottes, Yeehaw Montréal passe en mode country ! On enfile nos plus belles santiags, notre plus beau chapeau de cowboy et c’est parti pour passer un beau moment le 15 et 16 août. 

En tête d’affiche pour cette édition 2026 : Thomas Rhett et Mumford & Sons ! Mais, également, de plus petits noms comme Cameron Whitcomb que je recommande particulièrement.

Les billets vont commencer à 150$, cela reste un budget, mais une expérience à faire. 

7. Festival International Nuits d’Afrique

Souvent sous-estimé, le Festival International Nuits d’Afrique est pourtant l’un des festivals les plus vibrants de l’été. Du 7 au 19 juillet, nous recevrons pour la 40e édition des artistes venant de l’Afrique, des Antilles et de l’Amérique latine en intérieur comme en extérieur ! Puis, du 14 au 19 juillet, une programmation extérieure entièrement gratuite sera accessible. 

Sa programmation met en avant des musiques du monde variées, dans une ambiance festive et inclusive. Ce sera le 25 mai que tu auras la chance de découvrir les artistes qui monteront sur scène.

En attendant, voici un aperçu de l’année dernière : 

https://www.youtube.com/watch?v=cqtsjUmuv4Y&t=5s

8. Hors festivals 

Même en dehors des grands événements, Montréal reste une ville de concerts. De nombreux artistes internationaux s’arrêtent en tournée, offrant des occasions supplémentaires de profiter de la scène musicale tout au long de l’été.

On va pouvoir accueillir dans nos salles des artistes comme MIKA, A$AP Rocky,       5 Seconds of Summer, Ariana Grande ou encore Olivia Dean. 

Montréal ne ralentit jamais vraiment l’été. Peu importe tes goûts ou ton budget, il y aura toujours un concert, une scène ou un moment qui vaut le détour !

Documenter les rues de Montréal, une couleur à la fois

Par Marie Véronique Ross

Pour ce dernier article de la session, j’ai décidé de faire ce que j’aime le plus : me balader sur les avenues avec un appareil photo à la main. Le style documentaire m’a toujours intéressé. Il me remet en question et me fait comprendre l’importance de ce qui m’entoure.

Fille sensible et amoureuse de l’art, je me suis mise au défi. J’ai ouvert mon œil artistique et j’ai capturé ce qui me parlait. 

Familier avec la trend « color hunting » ou « chasse aux couleurs », en français ? Il s’agit de se promener et photographier les objets d’une couleur choisie. Assez simple ! J’avais choisi la couleur bleue pour faire un lien avec notre beau Québec. 

En marchant dans la ville, j’ai vite laissé tomber cette idée… 

À un moment, comme on dit, j’entends du brouhaha. 

Je cours dans les rues du vieux port en suivant les cris de la foule. 

J'ai trouvé mon bleu ! 

J’assistais, en direct, à la manifestation des cols bleus, réclamant de meilleures conditions de travail, juste devant l’Hôtel de ville.

Je me faufile à travers le groupe. 

J’observe, j’écoute et j'essaye de capter l’essentiel. 

Voici les cols bleus en image.

Mais ne vous inquiétez pas, je vous fais part des autres photos que j’ai prises, parce que : pourquoi pas ?

Disons que le bleu n’y était pas vraiment, mais elles valent la peine d’être vues !

Bleu ou pas, c'est ça le documentaire : se laisser porter par les événements et raconter l'histoire à travers les images. En espérant que les rues de Montréal auront encore beaucoup à me raconter.

Édition de mars

En mars, la météo joue au yoyo… un jour on sort les lunettes de soleil, le lendemain on regrette d’avoir rangé la tuque. Et disons que notre humeur suit pas mal le même rythme 🫣

Heureusement, il y a toujours le ComMédia pour te faire décrocher un peu de tout ça ✨ Avec cette édition, on t’apporte un petit avant-goût du printemps avec une dose de soleil pour te réchauffer entre deux tempêtes (de pluie ou de neige, who knows). 

Au menu ce mois-ci : une immersion en randonnée hivernale, la découverte d’une pratique yogique ancestrale, une plongée dans l’univers de l’humour à l’UdeM, une critique du très attendu Wuthering Heights, des conseils botaniques pour démarrer le printemps en force et un détour par le festival italien Sanremo.

Bref, peu importe la météo dehors, on s’occupe de mettre un peu de lumière dans ta journée 🌞

Bonne lecture ! 

Votre aventure botanique commence maintenant !

par Maxime gravel

Le printemps est là et votre espace a besoin de vie.  Les possibilités sont nombreuses pour inviter la nature dans votre quotidien, mais chaque botaniste doit commencer quelque part.
Alors, quelle sera votre première mission verte ?

→ Si vous avez envie de commencer un projet de jardinage, rendez-vous au chapitre 1

→ Si vous souhaitez transformer votre espace avec une plante facile, rendez-vous au chapitre 2.

→ Si vous cherchez une touche instantanée de couleur et de joie, filez au chapitre 3.

→ Et finalement, Si vous avez envie de faire un geste pour la planète, rendez-vous au chapitre 4.

1. Les semis – la mission « je veux me lancer dans un nouveau projet »

Vous avez choisi la voie de la patience et de la découverte. Devant vous : quelques graines minuscules, un peu de terre et une bonne dose de motivation. Mais ne vous fiez pas aux apparences, ces petites graines renferment tout le potentiel d’un futur jardin.

Remplissez un pot de terre, déposez-y quelques graines de légumes, fines herbes ou de fleurs. Ensuite, placez votre pot près d’une fenêtre et observez la magie opérer. Jour après jour, une première pousse apparaîtra, puis une feuille, puis une autre. Les semis demandent un peu d’attention, mais ils offrent une récompense incomparable!

Pour un succès garanti, tournez-vous vers des variétés robustes comme les radis, la laitue ou le basilic, qui pardonnent les petites erreurs des débutants. Vous pouvez aussi privilégier des semenciers québécois (comme Terre Promise ou Les Semences du Portage) : leurs graines sont naturellement adaptées à notre climat et soutiennent la biodiversité d'ici.

Saviez-vous que de nombreuses bibliothèques au Québec proposent désormais des grainothèques? Ce service gratuit vous permet d'emprunter des semences pour démarrer votre projet sans frais. C'est l'occasion parfaite de découvrir des variétés ancestrales tout en participant à un bel élan de partage communautaire!

Voici un lien vers une vidéo explicative qui vous aidera à débuter : https://www.instagram.com/reel/DUtfR3cDzVx/?utm_source=ig_web_copy_link&igsh=MzRlODBiNWFlZA==

2. Les plantes vertes – la mission « j’ai besoin d’un peu de vie chez moi »

Votre objectif est clair : transformer votre espace en y intégrant un peu de vie. Pour cela, nul besoin d’une jungle tropicale, une seule plante bien choisie peut changer toute l’atmosphère d’une pièce. Le pothos, le monstera, la sansevière ou la zamioculcas sont des alliés parfaits pour débuter. Ils demandent peu d’entretien et purifie l’air.

Placez votre plante près d’une source de lumière naturelle, faites un bon arrosage environ 1 fois au deux semaines. Et regardez-la doucement prendre sa place dans votre décor. Ses feuilles deviendront vite un élément familier de votre quotidien. Mission accomplie, vous venez de créer votre propre coin de nature.

Voici une fiche avec des plantes potentiellement intéressantes :

 3. Le bouquet – la mission « j’ai envie de douceur et de couleur » 

Vous avez choisi l’option la plus instantanée : la beauté florale. Tulipes, tournesols ou fleurs sauvages : quelques tiges suffisent pour illuminer un espace.

Coupez légèrement les tiges en biais, placez-les dans un vase rempli d’eau fraîche et observez la transformation. Sinon rendez-vous au fleuriste près de chez vous!

En quelques secondes, votre table, votre bureau ou votre salon gagne en couleur et en énergie. Les fleurs attirent le regard, apportent de la joie et donnent l’impression que le printemps s’est installé chez vous. Petit secret de fleuriste : changez l’eau du vase tous les matins pour prolonger la vie de votre bouquet.

4. Impact environnemental - Mission « j’ai besoin de contribuer au bien-être de la planète »

Option 1 : Planter des arbres pour le climat

Les arbres sont de véritables puits de carbone : grâce à la photosynthèse, ils captent le CO₂ et le stockent durablement. Planter des arbres est donc une solution naturelle et efficace pour lutter contre les changements climatiques. Cette option s’adresse surtout aux personnes qui disposent d’un terrain où planter, mais il existe aussi des alternatives pour les autres. Par exemple, plusieurs organismes communautaires organisent des journées de plantation ouvertes au public. Il suffit donc de rester à l’affût des activités offertes durant l’été et l’automne pour s’impliquer concrètement, même sans terrain. 

Aussi, dans le Grand Montréal, certaines espèces sont recommandées ou autorisées en milieu urbain, comme l’amélanchier, le pommetier, le cerisier décoratif ou encore certains petits érables adaptés. Il est d’ailleurs fortement conseillé de vérifier auprès de votre municipalité la liste des arbres permis ou encouragés. 

Option 2 : Privilégier les plantes vivaces 

Choisir des espèces indigènes ou adaptées au Québec est un geste écologique stratégique. Ces plantes, parfaitement adaptées au climat et aux sols locaux, nécessitent peu d’eau, peu d’engrais et rarement des pesticides. En plus de réduire notre empreinte écologique, elles soutiennent directement la biodiversité en offrant nourriture et habitat aux pollinisateurs. 

Parmi les plantes locales faciles on peut retrouver : Asclépiade commune, achillée millefeuille, rudbeckie, échinacée, monarde (bergamote sauvage), héliopsis et hélénie automnale.

Option 3 : Créer des refuges pour les abeilles

La plantation de fleurs vivaces et l’aménagement de bandes fleuries jouent un rôle essentiel dans la conservation des abeilles. Ces espaces leur fournissent les ressources indispensables à leur survie, tout en contribuant au maintien de la biodiversité locale grâce à une pollinisation efficace. Que vous disposiez d’un simple balcon ou d’un grand terrain, vous pouvez facilement agir : un bac à fleurs bien aménagé ou quelques plantations dans votre cours font toute la différence. En plus d’embellir votre environnement, ces gestes soutiennent concrètement les abeilles et favorisent la pollinisation. 

Aussi, je vous recommande d’aller jeter un coup d’oeil au Défi Pissenlits : https://defipissenlits.ca/

Pour conclure

Je dois vous l’avouer, je suis un peu biaisée. Non seulement je suis fleuriste, mais j’ai aussi plus de 100 plantes chez moi. Mon but est simplement de partager avec vous cette passion, surtout lorsque le printemps commence ! Ma saison préférée. Peu importe le chemin que vous prenez : que vous ayez les deux mains dans la terre pour vos semis, que vous décoriez votre cocon avec une nouvelle plante verte, que vous profitiez simplement de la beauté éphémère d’un bouquet de fleurs, ou que vous posiez un geste concret pour calmer votre écoanxiété, l’important reste de savoir apprécier la nature. 

Bibliographie : 

Sydenham, M. A. K., Venter, Z. S., Eldegard, K., Torvanger, M. S., Nowell, M. S., Hansen, S., Øverland, J. I.,

Dupont, Y. L., Rasmussen, C., Skrindo, A. B., & Rusch, G. M. (2023). The contributions of flower strips to wild bee conservation in agricultural landscapes can be predicted using pollinator habitat suitability models. Ecological Solutions and Evidence, 4, e12283. https://doi.org/10.1002/2688-8319.12283 

Tremblay, S., Ouimet, R. & Périé, C. (2007). Planter des arbres pour capter le CO2! Avis de recherche forestière. nº 8. ftp://transfert.mern.gouv.qc.ca/public/Biblio/Perio/1102249/Avis08.pdf 

Ziaka, Y. (2006). L’empreinte écologique : comment diminuer notre empreinte sur la Terre? Dans Agir Responsable. Équipe d’animation européenne d’un Charte des responsabilité humaines.  https://base.alliance-respons.net/docs/agir_responsable_l_empreinte_ecologique.pdf

L'humour s'invite à l'UdeM : un nouveau club hors du commun

Par Solène Côté

L’humour, au Québec, on en mange par grandes pelletées. Le berceau de l’École nationale de l’humour et du Festival Juste pour Rire n’a rien à envier à la scène internationale. Pourtant, le maniement de cet art devant public peut souvent sembler l’apanage d’une poignée d’élus, de l’élite du rire, et aller jusqu’à décourager les néophytes de s’y lancer. C’est à cela que tente de remédier le tout nouveau Club d’humour de scène de l’Université de Montréal, le premier de son genre à émerger dans une université francophone canadienne.

Le Club d’humour de scène de l’Université de Montréal (CHSUM) a officiellement débuté ses activités en janvier 2026. Ses membres se rencontrent à raison d’un atelier par mois pour écrire, échanger, aiguiser leurs connaissances des procédés humoristiques ou préparer des micros ouverts, soit des soirées organisées précisément pour permettre à n’importe qui de présenter ce sur quoi il ou elle travaille, et ce, devant un public bienveillant pour tester ses créations et s’améliorer.

À la genèse de ce projet, on retrouve Jérémy Chhor, étudiant au baccalauréat en enseignement du français. Le créateur et coordonnateur du CHSUM connaît déjà bien le milieu du stand-up au Québec, puisqu’il s’y adonne lui-même depuis plusieurs années. Gagnant de l’édition 2024 d’UdeM en spectacle et participant à l’émission Le Gong Show en 2023 et 2025, Jérémy est animé d’une grande passion et d’un désir de créer une réelle communauté à l’université autour de l’art du monologue humoristique.

« J’en ai beaucoup fait dans ma vie, c’est un art qui me tient à cœur, mais c’est aussi un art dont l’expérience est parfois assez solitaire. C’est quelque chose qui peut aussi être intimidant pour des gens qui voudraient commencer, donc je voulais créer un club pour ces personnes, mais aussi pour rencontrer des gens qui sont passionnés par cet art eux aussi ».

Jérémy est d’avis que si tout le monde à l’université tâchait de mettre ne serait-ce qu’un peu plus d’effort pour rendre son domaine plus amusant pour autrui, à travers l’humour entre autres, plus de gens s’intéresseraient à ce que leurs collègues trouvent important et à la manière dont on peut changer une société pour le mieux. Pour lui, la pratique de l’humour, c’est aussi la pratique de la bienveillance, de la communication et de la créativité;  des qualités dont on ne saurait se passer, ni dans sa vie académique, ni dans sa vie professionnelle. 

« Un de mes objectifs principaux, ce serait que le club continue après que je ne sois plus à l’université, qu’il y ait une certaine pérennité dans la mission de faire découvrir cette forme d’art. J’aimerais ça pouvoir revenir plus tard, après avoir obtenu mon diplôme, et savoir qu’il y a encore des gens qui font des activités plus ou moins fructueuses, pour faire des blagues plus ou moins drôles... [Rire] ».

Selon Jérémy, non seulement tout le monde peut-il faire de l’humour, mais en plus, tout le

monde en fait déjà quotidiennement. Il s’agit pour lui plus d’une question de partage que simplement de création.

« Je pense qu’il n’y a pas une seule personne qui ne voit pas quelque chose de drôle dans son quotidien, sur internet, dans des livres, dans l’interaction qu’on voit entre deux écureuils dans le parc... L’humour, c’est aussi rire ensemble, le partager quand quelque chose est drôle ». 

Dans un avenir proche, le comité exécutif du CHSUM espère pouvoir organiser différents événements de style micro ouvert à l’université, des sorties pour aller voir des spectacles d’humour et participer à des ateliers avec des professionnels du milieu. Ces plans incluent également la mise sur pied de projets d’humour collaboratifs en baladodiffusion et l’exploration des différentes formes de cet art d’un médium à l’autre.

Tous et toutes sont les bienvenus au CHSUM, les étudiant•e•s de l’Université de Montréal comme ceux d’autres institutions universitaires. Prêt•e•s à canaliser le pouvoir contagieux du rire?

Pour trouver le CHSUM sur Instagram : @udemclubhumour.

L'hymne à l'hiver

Par Marie Véronique Ross

C’est au son de mon cellulaire qui sonne que je me réveille, le jeudi 5 mars. Après m’être couchée tard la veille (merci à la rue Mont-Royal, ses restos-pubs et au beau temps), je pensais faire la grâce matinée. Encore toute endormie, j’entends mon amie Gaby à l’autre bout du fil. Elle me dit que nos amies, Marie-Emmanuelle et Héléna, sont au chalet et elles sont disponibles pour une randonnée hivernale en montagne. Gaby me demande si, dans une heure, je serais prête pour qu’elle vienne me chercher. Confortablement couchée dans mon lit, mes rideaux de chambre encore fermés, je me dis clairement que non… Ceux qui me connaissent diront que ça me prend un petit peu plus de temps pour me préparer que la moyenne des gens. Mais pour prouver le contraire, je lui ai dit que j’allais assurément être prête à temps. Comme de fait, j’ai eu le temps de prendre une douche, de faire mon sac pour la nuit au chalet et celui pour la randonnée. 

Efficace la fille ! Et hop dans l’auto ! 

Voici ce que j’ai glissé dans mon sac pour cette rando hivernale (parce qu’à voir la température, on ne sait jamais !) : crampons, bouteille d’eau avec de la glace, un sandwich (que j’ai oublié dans la voiture…), des collations et une caméra ! 

Durant notre trajet en voiture, on observe le paysage enchanteur couvert de blanc, on se fait bercer par de la bonne musique en placottant de tout et de rien. Du vrai bon temps entre amies. 

1h30 plus tard, on arrive, enfin, à destination : le Mont Sutton. 

Vous vous attendiez à une folle destination hors du commun, hein ? 

On se retrouve en Estrie, un coin bien connu du Québec. Pour avoir grandi dans les Cantons-de-l’Est, Sutton a toujours été une destination très banale pour mes proches et moi, tellement on y allait souvent ! 

 Avec cette randonnée en montagne, j’ai redécouvert l’Estrie et sa nature abondante, celle dans laquelle j’ai grandi. 

La montagne nous a accueilli avec un soleil magnifique et une température incroyable. Oh, Mère Nature était particulièrement clémente cette journée-là ! Les rayons du soleil traversent les branches dénudées des arbres et font du bien à notre peau. Un peu de vitamine D comme on dit ! Le tapis blanc réfléchit tellement la lumière que je doit mettre mes lunettes de soleil pour toute la durée de la randonnée (un autre item à ajouter à votre sac !). 

Arrivées au premier arrêt qui nous offre une vue splendide sur le lac gelé, on s’arrête pour admirer un peu… mais pas trop puisqu’il faut continuer ! Plus on avance, plus c’est difficile :  je le sens dans mes jambes (oh pauvre « moi de demain matin »). La montagne devient abrupte et nos crampons ne suffisent plus pour nous tenir. Les randonneurs qui effectuent leur descente nous disent que « ce n’est pas terminé » et de « ne pas lâcher ». C’est encourageant… 

Mais je vous le jure, qu’à un moment, c’est comme si on entrait dans le monde féérique de Narnia. Les arbres couverts de neige et le sentier aux allures magiques nous guide au sommet. On monte les marches de glace et on arrive, enfin, au sommet. Le vent nous caresse et l’air est frais. On remet nos manteaux, on s’assoit sur la neige tapée, notre nourriture nous redonne de l’énergie et on ne fait qu’apprécier le moment présent. 

C’est ce que j’aime des randonnées. C’est durant ces moments d’unité avec la nature qu’on se rappelle ce qui est important. Je me suis rappelée que parfois il faut prendre du recul et décrocher un peu. 

Et je me suis rappelée que la vie se déroule, surtout, hors de notre tête. 

Sanremo : le festival qui façonne la pop italienne depuis 70 ans

Par erika donatucci

Pour les familles italiennes, nul besoin de présenter le Festival de Sanremo. Pour les autres, il est parfois simplement connu de nom, quand il n’est pas totalement inconnu. Mais, alors de quoi s’agit-il exactement ? 

Le Festival de Sanremo est un concours de chansons italiennes créé en 1951 et organisé chaque année en février dans la ville de Sanremo, surnommée la « Ville des fleurs », située en Ligurie dans le nord-ouest de l'Italie. Il a d’ailleurs servi d’inspiration pour la création du fameux concours de la chanson Eurovision en 1956. À l'origine, son objectif était simple : revitaliser l’économie et la réputation de la ville après la Seconde Guerre mondiale. Mais, au fil des décennies, il en est devenu l’élément central de la scène musicale italienne, marqué autant par des succès que par des polémiques (Wikipedia, 2026). Les artistes doivent présenter une chanson inédite qu’ils vont interpréter pendant la semaine, les différents votes entre le jury, la presse et le public déterminent le classement.

Depuis toujours, je regarde ce festival chaque année avec ma famille, captivé par la beauté du spectacle. Mais, au-delà de la nostalgie, une question demeure : comment un festival aussi ancien contribue-t-il encore à influencer la pop culture italienne aujourd’hui ?
Même après plus de 70 ans d’existence, le festival de Sanremo continue de pouvoir transformer la trajectoire d’un artiste. Chaque édition rassemble plus de 12,5 millions de téléspectateurs, offrant une visibilité massive aux participants. Un passage sur cette scène peut propulser une carrière ou la redéfinir complètement (Hennessy, 2025). En 2024, on a pu voir l’artiste Olly remporter l’édition avec sa chanson « Balorda Nostalgia », un titre qui dépasse rapidement le cadre de la télévision traditionnelle pour se retrouver avec une présence massive sur les réseaux sociaux et générer des revenus publicitaires considérables allant de 60 millions d’euros en 2024 à 67 millions en 2025 (Hennessy, 2025). 

Depuis 2010, tous les titres gagnants ont été certifiés et ceux des années 2020 atteignent systématiquement au moins la triple platine. Ces chiffres ne laissent pas place au doute : le festival agit comme une véritable machine à succès pour l’industrie musicale italienne. À l'image de l’Eurovision à l’échelle européenne, il fonctionne comme un accélérateur de carrière, transformant une simple participation en succès commercial durable. On y voit de jeunes artistes émergents, comme l’artiste Tananai, s’imposer sur la scène pop italienne et enchaîner les tubes de l’été (Hennessy, 2025).

Mais Sanremo ne se limite pas à l'Italie. Il constitue également un tremplin vers la scène internationale. Le groupe Måneskin en est l’exemple le plus frappant. Après leur victoire au concours italien, ils remportent l’Eurovision et accèdent à une notoriété mondiale. Ce passage du national à l’international illustre parfaitement le rôle stratégique du festival dans l’exportation de la musique italienne. 

Au-delà de la musique, selon moi, le festival reste avant tout une tradition télévisuelle profondément ancrée dans la société italienne. C’est pour cela que les téléspectateurs se font toujours aussi nombreux. Pendant une semaine, il rassemble plusieurs générations autour d’un même écran, mêlant performances musicales, invités prestigieux, tels que Alicia Keys pour l’édition 2026, des moments inattendus et débats publics. Aujourd’hui, cette dimension s’étend bien au-delà de la télévision grâce aux réseaux sociaux, où extraits, performances et polémiques deviennent viraux en quelques heures.
Le festival de Sanremo reste aussi influent après plus de 70 ans parce qu’il ne se limite pas à un simple concours musical. Il est à la fois une tradition culturelle, un moteur de l’industrie musicale et un spectacle médiatique d’envergure. Un équilibre qui permet de continuer à façonner la pop culture italienne année après année. 

Vous pouvez retrouver sur la chaîne YouTube de la Rai, toutes les prestations de cette année : https://youtube.com/playlist?list=PLb_Qew9DujkgbCkDTnpKE0438t857DaPY&si=5pHTuUXSsofeLCW

Bibliographie :

Wikipedia. (1 mars, 2026). Festival de Sanremo https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_de_Sanremo

Hennessy, U. (3 mars, 2025). Festival de Sanremo : le jeu télévisé qui décide de la carrière des artistes italiens ? Billboard France. https://fr.billboard.com/festival-de-sanremo-le-jeu-televise-qui-decide-de-la-carriere-des-artistes-italiens/

Une énergie libérée grâce à l’ouverture des hanches

Par Annabelle Blais

En assistant à de nombreux cours de yoga chaud au fil du temps, j’ai remarqué une constante dans mes pratiques : l’ouverture des hanches est au cœur de celle-ci . Des postures comme le bébé heureux, le pigeon ou le squat yogique reviennent fréquemment, mais l’une d’elles m’a particulièrement marquée : la split. Rarement enseignée, sans doute par crainte d’un manque de souplesse ou d’une rupture du flow (un enchaînement de posture de yoga et de respiration en toute fluidité), elle m’a pourtant été révélée par une professeure qui en soulignait la pertinence , peu importe le niveau. Cette approche m’a profondément touchée et m'a poussée à m’intéresser aux nombreux bienfaits des postures favorisant l’ouverture des hanches.  

Dans l’univers du yoga, notre corps est considéré dans son ensemble, en prenant  compte de ses dimensions physiques, émotionnelles et énergétiques. Dans cette vision dite holistique, l’action d’ouverture des hanches est présente dans les asanas (les postures de yoga) en lien avec le chakra racine, ainsi que dans les postures de médiation (Joy, n.d.).  

Dans un premier temps, il est intéressant de  comprendre l'importance de l’ouverture des hanches sur le plan physique. En effet, un manque de mobilité au niveau des hanches peut avoir  des répercussions sur l’ensemble de la posture. Une fois rigide, le haut de notre corps  compense et entraîne un déséquilibre de la posture. De ce fait, l’état de notre respiration devient la conséquence d’une cage thoracique comprimée, limitant ainsi une bonne inspiration et la circulation de l’énergie vitale  (Chin Mudra, n.d.). Si vous avez déjà suivi  un cours de yoga, vous savez que la respiration doit être  contrôlée tout au long de la pratique. Les professeurs y accordent  beaucoup d’importance dans leurs explications et leur guidances, afin de mieux mettre en pratique les postures.  

Sur une note plus spirituelle, on considère que, dans la région des hanches, se trouve Svadhishthana ou le chakra sacré. Celui-ci est situé entre le pubis et le nombril, en venant nouer les émotions négatives qui viennent d’un chakra en déséquilibre, comme montré sur l’image. Ici,  on peut percevoir  le Svadhishthana comme un muscle qui se contracte lorsqu’il subit un choc, pour se protéger des émotions violentes. Avec le temps, ces contractions créent des nœuds énergétiques qui prennent naissance dans ce centre, un point essentiel lié à nos émotions, à notre créativité et à l’ouverture des hanches. L’ouverture des hanches dans les asanas est donc un bon moyen de venir défaire ces nœuds pour en ressentir les bienfaits. Les bienfaits de cette pratique ne se limitent donc pas qu’au physique, mais peuvent apporter un apaisement mental. Il n’est pas rare qu’une fois cette région « ouverte », à l’aide de certaines postures, on ressent une sensation de légèreté. On retrouve à nouveau une fluidité qui vient nous soulager, une fois  les tensions et les blocages internes disparus (Les Yogis, n.d.).

Je vous invite alors à intégrer des postures de yoga qui se concentrent sur l’ouverture des hanches dans votre routine quotidienne et à découvrir celles qui vous apportent davantage de bien-être. 

Bibliographie :

Chin Mudra. (N.D.). Yoga : À quoi sert l’ouverture des hanches ? Chin Mudra. https://chin-mudra.yoga/blog/yoga-a-quoi-sert-l-ouverture-des-hanches

Joy, A. (N.D.). Qu’est-ce que vraiment un asana? Yay-yoga. https://www.yay-yoga.com/la-pratique-du-yoga/qu-est-ce-que-vraiment-un-asana/ 

Hauswirth Jain, K. (2024). Hip Openers Unlocked : Guide pour des hanches fortes et sans tension. Arhanta Yoga. https://www.arhantayoga.org/fr/hip-openers-unlocked/ 

Les Yogis. (N.D.). Pourquoi nos hanches sont-elles des réservoirs d’émotions? Les Yogis. https://lesyogis.fr/pourquoi-nos-hanches-sont-elles-des-reservoirs-demotions/ 

« Wuthering Heights» ne comprend pas Les Hauts de Hurlevent

Par DIANDRA MORAR

Portrait de Charli XCX pour la critique de l'album Wuthering Heights et venant du film 

Rêve contre réalité 

Emerald Fennell, réalisatrice de Saltburn (2023) et de Promising Young Woman (2020), a voulu revisiter les émotions qu’elle aurait ressenties en lisant Les Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë en créant Wuthering Heights grâce à son rôle de réalisatrice. Selon ses propos, Le film sert à représenter l’émotion qu’elle aurait eue en lisant le roman qui l’a rendue « folle » et « obsédée » à l’âge de  14 ans. (Youngs, 2026) Pourtant, si vous avez lu le livre, une chose devient claire très vite : Emerald Fennell semble ne pas avoir compris les Hauts de Hurlevent d’Emily Brönte. (1847)

Du moins, elle semble avoir voulu refaire une version du roman que la culture populaire imagine à tort : une histoire d’amour tragique avec un Heathcliff blanc. Elle ne fait que suivre une longue ligne où ce livre est difficile à adapter comme film.

Adaptation imparfaite ou incomprise ? 

Pour ceux qui ne connaissent pas, le film porte sur Catherine, fille noble, et Heathcliff, orphelin ramené à la maison par le père de Catherine. Ils forment un lien puissant où ils se supportent  à la violence d’un père alcoolique. Cette connexion se transforme en une puissante attirance en tant que jeunes adultes. Cependant, ce lien se brise quand Catherine marie le nouveau voisin, Edgar, pour sa richesse. Heathcliff disparaît et revient transformé en un gentleman. Immédiatement après le retour de celui-ci, un long montage de leur adultère se poursuit qui s’arrête abruptement où Heathcliff devient jaloux d’apprendre que sa partenaire est enceinte du riche Edgar. Pour rendre Catherine malade de jalousie, Heathcliff se marie avec la protégée d’Edgar, Isabella, qui rentre dans un jeu de séduction avec Heathcliff montrant plus de scènes de désir féminin de la part d’Isabella. Cela est dévastateur, car suite à une longue maladie agrémentée par la négligence d’Edgar et de Nelly, la servante, Catherine meurt avec Heathcliff, héros tragique, qui enlace le corps sans vie de sa dulcinée. (Fennell, 2026) 

Pourtant dans le livre, même on ressent une illusion de0 ressemblance, ce n’est qu’une illusion. Heathcliff, un orphelin de minorité visible, se fait recueillir par un gentilhomme à sa demeure familiale. Il crée une connexion avec la cadette Catherine et se fait harceler par le fils aîné Hindley, jaloux de la préférence du père à Heathcliff et intolérant de l’aspect physique de celui-ci. Suite à la mort du père, l’abus d’Heathcliff s’intensifie et la goutte se verse quand Catherine se marie avec l’aîné Edgar. Il est beau, blond et héritier du harmonieux Thundercross Ranch. Heathcliff disparaît pour revenir comme gentilhomme et se voue à donner vengeance à ses enemis. Il prend les Hauts de Hurlevent de l’aîné Hindley  et marie Isabella, la jeune sœur d’Edgar, pour causer du tort au frère aîné de celle-ci et rendre Catherine malade de jalousie, ce qui cause sa mort. Quant à Isabella, elle s’échappe à Londres pour ne plus subir la brutalité de son mari. La vengeance d’Heathcliff se poursuit même après la mort de Catherine, où il tourmente la prochaine génération, ce qui entraine  sa mort, mais lui offre la délivrance et lui permet de rejoindre le fantôme de Catherine où ils hantent la région.  (Bronte, 1847) 

Il est curieux que une histoire de vengeance et d’abus générationnel se transforme d’une histoire  tragique où on déconstruit des personnages complexes en seulement des caricatures basées sur le style, l’esthétique et une surface de profondeur. Comment on est en arrivés là ? 

Le duel de la substance contre le style 

Incarné par le comédien  Jacob Elordi (Saltburn, Euphoria) qui joue Heathcliff, le personnage semble exister pour projeter l’image d’un homme beau et sulfureux. Fennell veut plutôt donner le focus sur les femmes de l’histoire en mettant l’accent sur leurs désirs, leur jalousie ou les répressions qu’elles ressentent. En théorie, l’intention est pertinente. Par contre,il semble que pour mettre en avant Catherine, jouée par Margot Robbie (Barbie, Wolf of Wall Street), Fennell a choisi de faire disparaître les autres personnages féminins. 

Jacob Elordi dans Wuthering Heights (The New Yorker, 2026)

Bien-sûr, elles n’ont pas complètement disparu, mais elles sont bien plus mortes que la Catherine du livre et du film ne l’a jamais été. Il semble que Fennell les ait enterrés pour les remplacer par des clones. La principale victime s’agit de Isabella.

Le miroir de la souffrance n’est pas le désir  

Isabella est la sœur cadette ou la protégée d’Edgar, selon chaque version. Celui-ci est le futur mari de Catherine. C’est ce même mariage qui verse la goutte et fait déborder le vase après l’enfance terrible qu’a vécue Heathcliff, le poussant vers la vengeance contre ceux qu’il juge responsables de sa souffrance.

Fennell dépeint Isabella, jouée par Alison Oliver (Saltburn, The Order)  comme une fille innocente, presque à l'excès, chouchoutée par Edgar et qui donne des poupées crochetées à Catherine pour la faire passer pour étrange, mais amicale. Pourtant, il y a une coupure directe avec cette représentation, car apparemment elle ressent un désir profond à la rencontre d' Heathcliff, qui lui dit directement qu’il ne l’aimera jamais et se servira d’elle. Cela n’empêche pas Isabella de s’enfuir pour se marier avec Heathcliff et se retrouver à Wuthering Heights, où on perçoit de nombreuses scènes où Isabelle semble exprimer son désir avec grande intensité et plaisir. Une scène marquante s’agit de la lettre que reçoit Nelly, la servante, où Isabella explique son mal-être par rapport à son mari violent. Nelly va aux Hauts de Hurlevent pour voir une Isabelle en laisse se faisant tirer par Heathcliff. Toutefois, il faut préciser que le film révèle immédiatement qu’il s’agissait simplement d’une fausse lettre qu’Isabella écrit avec joie à la demande d’ Heathcliff, qui veut rendre Catherine malade de jalousie par rapport à son mariage avec Isabella. 

Allison Oliver dans Wuthering Heights (Tyla, 2026) 

Cependant, dans le livre, la réalité est tout autre. Pour se venger d’Edgar et causer une peine profonde à Catherine, Heathcliff séduit la jeune innocente et gâtée Isabella, qui croit aux contes de fées, pour en faire sa femme. Celle-ci, après un mariage hâtif et son arrivée aux Hauts de Hurlevent, voit directement Heathcliff tel que la brute qu’il est. Celle-ci écrit des lettres pour quémander l’aide de son frère en vain, considérant qu’elle l’a trahi en se mariant avec Heathcliff. Pour s’échapper de l’emprise de ce mari, Isabelle va seule à Londres où elle accouchera d’un fils et y restera jusqu’à sa mort en ayant probablement une des fins des plus paisible en comparaison des autres personnages du roman, et cela malgré les obstacles qu’Heathcliff avait dressés pour la rendre malheureuse. Pour le XIXᵉ siècle, ce que Emily Brontë a voulu dépeindre est révolutionnaire. Une femme seule qui préfère quitter son mari violent et se protéger elle-même pour se donner une meilleure vie, et ce même si elle y va sans le sou et sans aide familiale 

Maintenant, il y a un point à rendre clair : on ne peut jamais adapter parfaitement une œuvre à une autre version. Chaque version représente ce que l’artiste veut évoquer à travers son art. Il est curieux qu’une œuvre littéraire datant du XIXᵉ siècle soit plus subversive et plus avant-gardiste qu’un film de 2026. Fennell se défend en affirmant qu’elle voulait tout simplement représenter sa version des Hauts de Hurlevent tel qu’elle l’a ressenti dans son adolescence. Cependant, peut-on refaire une version d’une œuvre sans avoir compris son but ou même sans s'en soucier ?  (VanHouse, 2026) 

Ressentir sans comprendre 

Fennell représente à travers ce film la nouvelle tendance d’enlever la complexité d’une œuvre originelle pour seulement y laisser une faible fondation axée sur l’esthétique pour causer un choc fabriqué de surface. Des critiques expliquent qu’au moins Fennell permet aux adolescentes de pouvoir se fixer sur un film plus immersif pour découvrir de meilleurs films, comme le ferait Tarantino pour les adolescents. (Siede, 2026 ) 

Alors, deux questions se posent : Pourquoi ne pas pousser jusqu’au bout l’horreur et la tragédie des Hauts de Hurlevent et ne pas laisser Heathcliff être le monstre qu’il est dans le livre?  Et, pourquoi ne pas simplement réaliser un film original? 

Car voici la critique ultime de cet article : Wuthering Heights est d’un ennui mortel.  Fennell dit que c’est une « adaptation libre » (People, 2026), il n’empêche qu’en changeant les obstacles que les personnages vivent comme des parties de plaisir. Le film est vide dans le fond. Le choc de ce film est une recette de comment prendre un livre parlant de tragédie, passion et vengeance en lui enlevant tout pour ne manger que les os. Le besoin d’escapade qui se passe dans la culture populaire d’aujourd’hui prend des oeuvres complexes avec des atmosphères variées pour les transformer en des produits prêts à être digéré et recraché de façon immédiate sans questionnement. Il n’y a rien de mal à vouloir s’échapper, mais n’est-t-il mieux pas d’apprécier une oeuvre qui fait rêver autant qu’il questionne sur soi? 

L’œuvre de Brontë est si poignante à cet effet, car  elle apporte de l’âme en parlant de thèmes. Elle raconte du comment la violence n'engendre qu'un cycle perpétuel de violence, mais qu’on peut s’en sortir. Isabella, pour son propre bonheur, l’a fait pour elle-même et son fils. Les autres personnages avec leur comme Catherine et Heathcliff ont pu  retrouver de la paix même si c’est à travers  la mort.  (Brontë, 1847, Ticsh, 2026)  Pour toutes ces raisons, je reste convaincue d’une chose. Les Hauts de Hurlevent est une œuvre qu’on peut adapter, mais pour en saisir la passion qu’on ressent en le lisant, il faut laisser ces personnages avec leurs défauts et leur humanité et il deviendra ce que le livre est déjà : un miroir sur notre société. 

Édition de février

La mi-session, on est en plein dedans, et on va se le dire… le monde est un peu en feu. Les remises s’enchaînent, les nuits sont courtes, l’actualité nous épuise et le café est devenu un allié de taille. Si vous êtes fatigués, débordés ou juste à bout, on vous comprend.

Pour cette semaine de mise à niveau qui s’entâme, que vous en profitiez pour rattraper votre retard, finir vos travaux, gagner de l’argent, relaxer un peu (ou faire tout ça en même temps), on vous envoie une bonne dose de courage et de résilience. Parce qu’il ne nous reste plus qu’à accepter le chaos, respirer, et continuer d’avancer.

Quand vous aurez besoin de souffler, venez nous lire. Juste quelques minutes pour voyager, réfléchir, décrocher de votre quotidien chargé.

On se souhaite des températures plus douces pour aller prendre l’air (sans se geler la face) et de se rappeler qu’il y a un monde en dehors des écrans. Et surtout, on veut souligner le travail de nos trois rédactrices qui vous offrent du contenu recherché, profond et de qualité malgré leur horaire bien rempli !

Ne lâchez pas. On est ensemble là-dedans.

xxx

Vos co-rédactrices en cheffe,

Jaymie Vézina et Salma Achoumi

Nonna

Par Marie Véronique Ross

Photo : Marie Véronique Ross

Lexique  

Nonna : Grand-mère italienne 

Nonno : Grand-père italien 

Nonnis : Grands-parents italiens 

 

J’écris ce texte au lendemain de la célébration des 90 ans de ma Nonna. En regardant autour de moi hier, j’étais émue de voir tout l’amour que son entourage lui portait. Née en 1936, à Cave, dans une commune située dans la région de Rome, Nonna, en a vu de toutes les couleurs. Je comprends, maintenant, pourquoi on dit « la sagesse des vieux ». Par malchance, elle a dû subir les quatre ans de misère de la Deuxième Guerre mondiale en Italie. Elle a arrêté l’école en quatrième année puisqu’elle trouvait, comparée aux autres étudiants, qu’elle était trop vieille. Nonna, n’a jamais eu la plus grande des confiances en soi. Mais pour elle, l’éducation était synonyme de réussite.  

Pour moi, c’est son parcours qui est la définition de la réussite.  

À l’âge de 21 ans, elle a rencontré mon Nonno. Ils se sont mariés à l’âge de 22 ans et à l’âge de 24 ans, mon oncle était déjà au berceau. Je peux dire qu’à mes 22 ans, je ne suis définitivement pas au même endroit qu’elle l'était. Comme ma mère me dit souvent, on ne peut pas comparer les époques ! Tourner la page, après la guerre, était difficile. Peu de temps après, mes Nonnis ont finalement décidé de quitter l’Italie pour venir s’installer à Montréal.  

Ils avaient en tête le désir d’une meilleure qualité de vie.  

Arrivés dans le quartier d’Ahuntsic, mes Nonnis se sont bâtis une nouvelle vie. Ils ont appris le français pour mieux se jumeler à la population québécoise et ils ont appris les bases de l’anglais. Ils ont eu de la chance d’avoir des voisins tout aussi italiens, ce qui leur a permis de garder quelques repères culturels. Mon Nonno, après avoir suivi le cours qu’il pouvait se payer, a travaillé comme débosseleur et ma Nonna a consacré sa vie à sa famille. Peu à peu la famille s’est agrandie avec l’arrivée d’une petite fille (ma mère) et un autre petit garçon (mon plus jeune oncle). Ma mère m’a toujours dit que chez les Ronci, on parlait italien à la maison, mais on devait écouter la télévision en français et aller à l’école en anglais. Tout pour s’intégrer au Québec. Même si Nonno se débrouillait très bien en français, il s’amusait à dire que si tu étais en mesure de dire « tsé tsé la la », tu étais un vrai québécois. 

Je peux dire qu’ils ont fait un excellent travail pour élever leurs trois enfants. 

Au fur et à mesure que les années passent, les gens vieillissent. À l’âge de 53 ans, ma Nonna a perdu l’amour de sa vie, moins de deux semaines après le mariage de ma mère, ainsi que celui de son plus jeune fils. Une épreuve encore difficile à franchir. Cela ne l’a pas empêché de continuer à être la typique grand-maman italienne.  

Pendant plusieurs années, elle nous a accueillis, la grosse famille que nous sommes, chez elle pour les repas et plus encore. Elle nous servait ses délicieuses lasagnes. Même si la faim n’y était plus on l’entendait : « mangia mangia ». Demandez à tous ceux qui sont déjà venus à la maison : sa lasagne est effectivement incroyable… Je me rappelle encore ces moments, lorsqu’on quittait en cachette la table des enfants pour aller dans la cuisine pour qu’elle nous donne des polpette (boulettes) qui restaient dans le fond de sa bonne sauce aux tomates. Au-delà des saveurs, elle venait en renfort pour ma mère. Étant ma seule figure grand-parentale, son parcours m’a toujours impressionné. Très orientée vers la famille, Nonna a toujours été très présente pour nous. Et cela continue avec son arrière-petit-fils qu’elle regarde avec des yeux pleins d’amour. 

C’est le bonheur absolu. 

Laisser son pays natal et sa famille derrière pour un futur meilleur n’est pas facile.

Femme immigrante, femme forte, femme inspirante, je pense qu’elle devrait avoir la plus grande des confiances en elle. Elle devrait être fière de la vie qu’elle a menée et de la famille qu’elle a créée.  

La diminution de son autonomie des dernières années ne l’empêche pas de nous montrer son amour. Depuis les six dernières années, elle habite avec nous, et au quotidien, nous avons la chance de lui rendre cet amour en retour.  

C’est maintenant à nous de prendre la relève. 

Con amore 

Une harmonie en mouvement

Par Annabelle Blais

Judin, N. (2025). Photos: Buddhist Monks On Nationwide Walk For Peace Pass Through Jackson. Mississippi Free Press. https://www.mississippifreepress.org/photos-buddhist-monks-on-nationwide-walk-for-peace-pass-through-jackson/ 

Un événement important pour les Américains se déroule présentement : des moines bouddhistes qui entreprennent une marche pour la paix à travers les États-Unis. Ce geste n’est pas anodin. Ils avancent dans ce périple pour un objectif clair et unique : faire émerger la paix intérieure que ce pays a profondément enfouie en lui. Les récentes décisions présidentielles ont suscité un fort mécontentement, notamment en raison des actions de l’ICE, la police anti-immigration des États-Unis, qui ont déjà fait plusieurs victimes. S’y ajoutent la guerre commerciale avec le Canada, l’interdiction aux personnes transgenres de s’enrôler dans l’armée, ainsi que d’autres mesures controversées. Alors l’action des moines bouddhistes n’est ni une manifestation politique ni une protestation, mais plutôt une prise de conscience, en ces temps plus difficiles. 

C’est à la fin du mois d’octobre 2025, que les moines bouddhistes débutent leur chemin dans un temple bouddhiste du Texas, menés par leur guide spirituel, Bhikkhu Pannakara. Leur destination : Washington, où se trouve le Congrès des États-Unis. Cette marche à notamment pour but de demander la reconnaissance du Vesak comme fête fédérale. Cette fête est célébrée principalement en Asie pour commémorer la naissance, l’éveil et la mort du Bouddha (Canonne, 2024). 

Phuong Que. (2025). Vesak en Thaïlande : traditions bouddhistes et immersion spirituelle. Asia King Travel. https://asiakingtravel.fr/blog/vesak-en-thailande.html 

Sur leur passage, plusieurs Américains les saluent et leur offrent des objets qui leur sont utiles, avec bienveillance, sachant que ces moines bouddhistes ne mangent que ce qui leur est offert. De simples attentions sont aussi données, comme des fleurs, qu’ils redonnent ensuite au prochain. Leur présence touche et rassemble les citoyens au-delà des croyances religieuses. Comme le mentionnent plusieurs médias : « Sur leur passage, beaucoup disent trouver un apaisement inattendu ».  C’est la preuve que cette action, pourtant silencieuse, car le silence favorise la pleine conscience et encourage le calme, apporte une sérénité dans l’atmosphère sociale (Service Actualité Internationale, 2026). 

Leurs motivations

Pour les moines bouddhistes, le respect et l’amour sont au centre de leur pratique et la violence ne peut être commise ou encouragée. Ce principe de non-violence est appelé ahimsa : il relie la non-violence du geste, de la parole et de la pensée. C’est une pratique active qui demande à ces personnes de cultiver quotidiennement la compassion et la sagesse. Toutefois, ce n’est pas une raison pour eux de rester passifs face aux actions injustes qui se produisent dans le monde. C’est plutôt une raison de contribution avec des gestes réduisant la souffrance. C’est dans cette pensée que les moines marchent pour la paix. Cette action calme, disciplinée et constante devient un message symbolique, puisque leur paix intérieure contribue à un environnement plus harmonieux. Cette méthode suscite de l’intérêt et des questionnements dans la société. L’engouement pour  cette  marche aux États-Unis encourage les spectateurs et tous les citoyens sur leur passage à se questionner sur leurs propres attitudes et positionnements envers les conflits. Elle devient ainsi un outil de sensibilisation puissant, respectant la dignité de tous. 

Références :

Canonne, C. (2024). Qu’est-ce que le Vesak Day, jour sacré pour les Bouddhistes du monde ? Le Petit Journal. https://lepetitjournal.com/expat-mag/societe/-vesak-day-jour-sacre-religion-bouddhistes-monde-385366 

Mathes, M. (2026). Des moines bouddhistes traversent les États-Unis dans le froid. La Presse. https://www.lapresse.ca/international/etats-unis/2026-02-04/message-d-unite/des-moines-bouddhistes-traversent-les-etats-unis-dans-le-froid.php

Service Actualité Internationale. (2026). Des moines bouddhistes et leur chien séduisent l’Amérique lors d’une marche pour la paix. Entrevue.  https://entrevue.fr/monde/des-moines-bouddhistes-et-leur-chien-seduisent-lamerique-lors-dune-marche-pour-la-paix/ 

Thapa, S. (2026). Movement as solidarity: Walking for a cause across the U.S. and Britain. Global Voices. https://globalvoices.org/2026/01/31/movement-as-solidarity-walking-for-a-cause-across-the-u-s-and-britain/ 

Van Thi Nhu Lieu. (n.d.). Buddhist philosophy on the practice of non-violence. International Journal of Management, Engineering and Research, 14(3‑1). https://s3-ap-southeast-1.amazonaws.com/ijmer/pdf/volume14/volume14-issue3(1)/7.pdf

La bande-son de nos vies

Par Erika Donatucci

Qu’on s’en rende compte ou non, la musique influence profondément notre vie émotionnelle. Elle accompagne ce que l’on vit, mais peut aussi lui donner du sens. Je m’en rends compte moi-même, certaines chansons me font danser sans retenue, ou au contraire, d’autres mettent des mots sur ce que je n’arrive pas à exprimer.

Mes listes de lecture ne sont jamais anodines. Elles suivent mes états d’âme, mes périodes de vie et mes souvenirs, au point de devenir le récit musical de ce que je traverse. Mais, ce rapport à la musique est universel : on a tous une chanson qui nous ramène à un souvenir, à une personne ou à une épreuve comme celles qu’on écoute en boucle après une rupture, non pas parce qu’elles nous rendent tristes, mais parce qu’elles mettent en mots ce que l’on n’arrivait pas à exprimer.

L’utilisation de la musique selon nos émotions

Ce n’est pas qu’une impression, notre cerveau réagit réellement à la musique. Au cours des dernières années, les études montrent un lien entre la gestion de nos émotions et la musique. Selon Simone Dalla Bella, professeur au département de psychologie de l’Université de Montréal et codirecteur du Laboratoire international de recherche sur le cerveau, la musique et le son (BRAMS) (Girard-Bossé, 2021), quand on écoute ou pratique de la musique mobilise bien plus que l’ouïe, c’est une grande partie du cerveau qui s’active. 

Dès l’enfance, la musique va venir réguler les émotions. Quand on y pense, quelle est la première chose qu’on va avoir tendance à faire pour calmer un enfant qui pleure ? Le bercer à l’aide de berceuses et de comptines pour l’aider à soulager sa douleur et son stress. Cet effet persiste à l’âge adulte, notamment par son influence sur les hormones du stress (Girard-Bossé, 2021).

Outre son côté apaisant, on cherche aussi naturellement une musique adaptée à notre humeur. Une chanson entraînante pour accompagner un moment de joie ou une plus mélancolique lorsque ça ne va pas. 

Mais, la musique ne se contente pas d’accompagner nos émotions : elle les façonne. Des recherches en neurosciences montrent que la musique active des zones du cerveau liées aux émotions, comme l’amygdale et l’hippocampe, qui jouent un rôle clé dans la mémoire et le ressenti (Ren et al., 2024). Autrement dit, une chanson ne vient pas seulement refléter ce que l’on vit : elle peut amplifier une tristesse, prolonger une joie ou même transformer la manière dont on interprète un souvenir. Par exemple, écouter Wake Me Up d’Avicii ramène souvent à un moment précis, tout en ravivant un sentiment de liberté, d’insouciance et les premières grandes transitions de la vie.

Si la musique reste autant gravée en nous, ce n’est pas un hasard. Ce lien émotionnel intense est ce qui pourrait la rendre presque impossible à oublier.

La mémoire musicale

Ce qui me fascine le plus reste la mémoire musicale. Elle est particulièrement robuste et stable et semble fonctionner différemment des autres formes de mémoire, ce qui pourrait expliquer pourquoi certaines chansons restent ancrées en nous pendant des années. Je me rappelle par exemple de chansons que je chantais à tue-tête dans ma chambre à 9 ans, alors que j’ai parfois du mal à me souvenir de ce que j’ai appris pour mon examen intra.

Certaines recherches suggèrent qu’elle résiste mieux au temps et à certaines pathologies. Si on prend l’exemple de la maladie d’Alzheimer,  « malgré une perte de mémoire plutôt généralisée, la mémoire musicale est plutôt épargnée ». La musique serait ce qu’est le sport pour le corps : un moyen de garder le cerveau en bonne santé (Girard-Bossé, 2021). 

C’est ce qui justement transforme nos playlists en capsules de souvenirs, ou ce que j’aime appeler le musée sonore de notre vie.

Les playlists comme mémoire de vie 
On m’a souvent demandé « Erika, c’est quoi ta chanson préférée ? » J’ai toujours trouvé cette question super personnelle parce que, selon moi, une playlist ressemble à un journal intime. On peut en dire long sur une personne rien qu’avec leur chanson préférée ou en écoutant sa musique. 

Comme le souligne Zaigam Akhtar (2023) dans son article, « il ne s’agit pas d’ajouter n’importe quel morceau qui sonne bien à une liste. L’objectif est de créer une playlist que vous pourrez utiliser au quotidien et qui enrichira votre vie ». Ma playlist principale a été créée il y a dix ans maintenant, autant vous dire que ça en dit long sur quelqu’un de dix ans de chansons.

Nos listes d'écoutes ne sont pas juste des listes de chansons, mais des archives de ce que nous avons été. Des résumés de chaque era de notre vie.

Références : 

Akhtar, Z. (2023, 26 janvier). The power of playlists. ILLUMINATION. https://medium.com/illumination/the-power-of-playlists-1bf4318ab5ed
Girard-Bossé, A. (2021, 27 septembre). Quand la musique prend le contrôle de votre cerveau. La Presse. https://www.lapresse.ca/actualites/sciences/2021-09-27/quand-la-musique-prend-le-controle-de-votre-cerveau.php

Ren, Y., Mehdizadeh, S. K., Leslie, G., et Brown, T. (2024). Affective music during episodic memory recollection modulates subsequent false emotional memory traces: an fMRI study. Cognitive, affective & behavioral neuroscience, 24(5), p. 912–930. https://doi.org/10.3758/s13415-024-01200-0

Édition de Janvier

Bye Bye 2025 ! BONJOUR 2026 ! 🎉

Un gros merci pour tout le support l’an dernier! On espère que vous êtes toujours là pour continuer le ride avec nous cette année.

On est super fières de vous présenter cette édition de janvier.

Remettre les pieds dans la routine après les Fêtes, c’est jamais facile. Mais avec un peu de motivation et de réconfort, ça peut être juste assez stimulant pour bien commencer 2026. Entre bilans de fin d’année et résolutions parfois un peu folles, notre équipe a transformé ce moment flou en contenu réfléchi et divertissant!

Dans cette édition, vous allez retrouver un peu de tout : culture, sport, musique, environnement, IA… des sujets qui font réfléchir, sourire et qui nous touchent tous. Bref, de quoi passer un bon moment et attaquer l’année du bon pied.

Merci d’être là, de nous lire et de faire partie de cette aventure. On vous souhaite une excellente lecture, un début d’année rempli de douceur et une année 2026 inspirante !

- Salma Achoumi et Jaymie Vézina

IA générative et communication : un décalage structurel entre la formation et la pratique professionnelle

Crédit photo : Michael Bonnette, Sid Lee.

Par Maxime Gravel

Après trois ans en communication à l’Université de Montréal, j’entends toujours les mêmes consignes des professeur(e)s à chaque début de session concernant l’IA générative. Elles traduisent un découragement face à un changement rapide et encore mal encadré. Nous sommes clairement dans une période de transition, tant dans le domaine académique que sur le marché du travail.

Qu’on le veuille ou non, l’IA générative est désormais bien implantée dans le domaine de la communication. Selon une étude de McKinsey publiée en 2023, plus de 65 % des organisations mondiales utilisent déjà au moins une forme d’IA générative dans leurs activités. Dans les communications, son usage est particulièrement visible : des étudiant(e)s s’en servent pour structurer des idées ou reformuler des textes, des organisations intègrent à leurs stratégies de veille et de création de contenu, et des agences de publicité l’utilisent pour accélérer certaines phases de conception (création visuel, recherche d’idée, écriture de scénarios, etc). Dans les relations publiques, l’IA sert aussi à rédiger des ébauches de communiqués ou à anticiper les questions des médias. L’IA n’est plus un outil marginal : elle fait désormais partie intégrante de l’écosystème professionnel en communication.

Cette réalité accentue ainsi le décalage entre les pratiques enseignées et celles acquises sur le terrain. Comme le souligne Anctil (2023) dans son étude sur l’intégrité académique et les habitudes étudiantes : « Face à l'événement ChatGPT, qui nous a fait abruptement entrer dans l’ère de l’IA générative, il est plus que temps que les cégeps et universités reconnaissent que nos politiques d’intégrité intellectuelle sont depuis longtemps en décalage avec la réalité techno numérique et les pratiques étudiantes » (Anctil, 2023).

Dans ce contexte, il serait pertinent que le programme de communication de l’UdeM propose un cours spécifiquement axé sur les impacts de l’IA générative. Non pas pour en faire la promotion, mais pour permettre aux étudiant(e)s de comprendre, d’analyser et de critiquer ses usages dans le champ de la communication. Le monde professionnel se transforme déjà, et l’Université a le devoir de rester à jour si elle veut remplir sa mission de formation.

Cette proposition répond d’ailleurs à des préoccupations très concrètes. Lors du premier cours de la session en cours, un professeur du département de communication a affirmé que neuf étudiant(e)s sur dix entreront directement sur le marché du travail après le baccalauréat. Or, il est de plus en plus probable qu’iels se retrouvent dans des organisations où l’IA générative est utilisée, parfois sans cadre clair, parfois sans réflexion éthique approfondie. Former les étudiant(e)s à reconnaître les limites, les biais et les enjeux de ces outils devient alors une responsabilité institutionnelle.

Plutôt que de répéter, à chaque début de session, que l’IA est « un outil à utiliser avec prudence » ou qu’il est « strictement interdit dans le cadre de ce cours », pourquoi ne pas offrir un espace structuré pour réfléchir à ses impacts réels ? Un cours dédié permettrait d’aborder les enjeux éthiques qu’il soulève, ses effets sur la créativité, sur la production de contenus, sur la crédibilité de l’information et même sur les conditions de travail en communication. Comprendre, analyser et réfléchir : voilà les compétences que devrait nous apporter un enseignement sur l’IA générative. L’enjeu n’est donc pas de former des expert(e)s techniques, mais bien de former des communicant(e)s capables d’évoluer de manière critique et responsable dans un milieu professionnel en pleine transformation.

Références : 
Anctil, D. (2023). L’éducation supérieure à l’ère de l’IA générative. Réflexion pédagogique. Vol. 36, Nº3. Pages 66 à 76. https://eduq.info/xmlui/bitstream/handle/11515/38833/Anctil-36-3-23.pdf 

Singla, A. & al. (2024). The state of AI in early 2024 : Gen AI adoption spikes and starts to generate value. Survey. https://www.mckinsey.com/capabilities/quantumblack/our-insights/the-state-of-ai-2024 

Huong, L. (2025). L’IA générative à l’université : après la « panique totale », l’adaptation. L-express. https://l-express.ca/lia-generative-a-luniversite-apres-la-panique-totale-ladaptation/ 

Bad Bunny au Super Bowl LX: Rumeurs, records et contexte politique

Par Makaïda Brown

Le 8 février prochain, le Levi’s Stadium accueillera non seulement la grande finale de la ligue nationale de football américain (NFL), mais sera aussi le théâtre d’un moment historique pour la culture mondiale. Pour la première fois, un artiste solo se produira entièrement en espagnol lors de la mi-temps du Super Bowl LX. Benito « Bad Bunny » Antonio Martínez Ocasio s’apprête à transformer l'événement le plus suivi d’Amérique en une célébration monumentale de la culture latine. Pourtant derrière les rythmes de reggaeton et les promesses de fête, l’annonce de sa performance a déclenché une véritable tempête politique. Cette controverse n'est pas sans rappeler celle suscitée par la prestation de Kendrick Lamar et de son titre « They’re not like Us », lors du Super Bowl de l'année précédente. Comme quoi, la musique elle-même peut donc être utilisée comme un outil politique.

Entre les rumeurs...
La confirmation de sa présence comme artiste de la mi-temps au Super Bowl LX fait beaucoup parler. Les rumeurs qui circulent actuellement en ligne suggèrent fortement que deux chansons en particulier, Nueva Yol et DtMF, feront partie de la liste de titres de l'artiste. Nueva Yol , un titre sorti de son album Debi tirar mas fotos , est un clin d’œil direct aux Latinos-américains. Le terme « Nueva Yol » vient de l’espagnol (plus précisément de Porto Rico, pays d’origine de Bad Bunny) et c’est une déformation volontaire de « New York ». Cette appellation est née avec les vagues de migration portoricaine vers New York autour de la fin du XIXe siècle jusqu’à la moitié du XXe siècle, indique Yomaira C. Figueroa-Vásquez, directrice du Center for Puerto Rican Studies (Centro). New York était une terre de survie pour ces migrants, la plupart d’entre eux se tournant vers le travail de la terre et d’usine. Ce choix de chanson dans ce climat politique est nécessaire afin de rappeler l’histoire des migrants latinos, travailleurs acharnés, mais il permet aussi d’humaniser là où la politique déshumanise.

Sur la même lancée, DtMF ou encore Debi tirar Mas Fotos (« j’aurais dû prendre plus de photos ») est un choix de musique assez convoité pour sa performance. Une hypothèse lancée par l’internaute @thedoomedmoon sur TikTok suggère une performance de ce titre accompagnée de photos et de vidéos de familles affectées par les opérations de l’ICE (la police de l’immigration). Une tentative, encore ici, d’humaniser les êtres humains que la politique conservatrice surnomme « aliens » dans les médias.

... Et les records
Quoique sa présence au Super Bowl LX ne fasse pas l’unanimité, il est clair que les records qu’il bat parlent d’eux-mêmes. En effet, le choix de cet artiste n’est pas anodin : il est l’artiste le plus écouté au monde en 2025, détrônant Taylor Swift qui a maintenu ce titre en 2024 et 2025, et ce avec 19,8 milliards d'écoutes, indique Rolling Stone , le 4 décembre dernier. De plus, son album Un Verano Sin Ti est le deuxième album le plus écouté au monde avec 15 milliards d'écoutes comptabilisées depuis sa sortie en 2022. Il convient de rappeler qu’il est le premier artiste à assurer un spectacle de la mi-temps du Super Bowl complètement en espagnol. Notamment, la bande-annonce du spectacle du Super Bowl qu’il a sortie le 16 janvier dernier est maintenant la plus écoutée de l’histoire des bandes-annonces d’artistes du Super Bowl. Avec 5 millions de « j’aime » et 69,3 millions de vues (données du 20 janvier), l’artiste portoricain a battu le record de mentions « j’aime » pour une bande-annonce de mi-temps, rapporte rapporte Antonio Johri pour le journal Complex, le 20 janvier dernier.

... Se dresse une vive controverse politique...
Quoi qu’il soit une célébrité mondiale, le climat politique récent ne l’épargne pas. La confirmation du choix de l’artiste au Super Bowl laisse un goût amer aux figures conservatrices des États-Unis. Donald Trump y répondit d’un simple « absolument ridicule » et a renchéri avec « Je ne sais pas qui c’est. Je ne sais pas pourquoi ils font ça. C’est fou » (Newsmax TV, 2025, 06:44 ; traduction libre). Des figures conservatrices défendent cette réaction en indiquant que Bad Bunny ne parle pas anglais, qu’il est contre les politiques d’immigration de Trump et qu’il ne serait pas « américain ». Ce dernier argument est facilement contournable car Benito vient de Porto Rico, territoire qui appartient aux États-Unis. Bad Bunny a répondu à la critique linguistique au Saturday Night Live (SNL), le 4 octobre dernier, en indiquant que la population avait quatre mois pour apprendre l’espagnol.

https://www.newsmax.com/newsmax-tv/donald-trump-bad-bunny-kickoff/2025/10/06/id/122929 5/

... À laquelle Bad Bunny y répond par l’image

Bad Bunny répond aux critiques non par des mots mais par l’image. Sa bande-annonce, tournée à Porto Rico, le met en scène sous un flamboyant arbre emblématique de l’île. Il est accompagné de personnes de différents groupes d’âges, de cultures et de genres, et danse avec elles en adaptant ses mouvements aux leurs, le tout sur le rythme de sa chanson BAILE INoLVIDABLE

(danse inoubliable). Il termine avec le message « le 8 novembre, le monde va danser » (traduction libre). Face aux discours d’exclusion, il lance une « invitation ouverte » au monde entier ; la bande-annonce dégage le message « Peu importe qui vous êtes ou d'où vous venez, le rythme n’a pas besoin de traduction ». Là où la politique crée de la division et de la peur, Bad Bunny souhaite créer de l’unité et de la joie.

La performance de l’icône de la musique latine dépasse largement le simple spectacle musical. Ce qui aurait pu n’être qu’un enchaînement de records et de rumeurs est devenu un miroir des tensions identitaires de l’Amérique de 2026.

Références :

CA Ignorer les liens de navigation bad bunny super bowl trailer Créer 9+ Image d'avatar Bad Bunny Takes the World’s Biggest Stage | Apple Music Super Bowl Halftime Show (Official Trailer)

https://www.youtube.com/watch?v=SFKLTYwS9Fg

Trois pièces clés qui mèneront au succès du Canadien en 2026

Par Christopher Dubuc

Qui dit voyage du temps des Fêtes dit habituellement arrivée de la mi-saison pour le Canadien de Montréal. Cette année, ce voyage a été particulièrement fructueux pour l’équipe, qui a su amasser un total de 10 points sur une possibilité de 14. Cela représente une belle récolte, mais qu’en est-il des 37 rencontres restantes ? Les 56 points du Tricolore le positionnent actuellement parmi les meilleures équipes de la ligue, mais sa place en séries est (très) loin d’être garantie. Si le Canadien veut jouer du hockey de printemps, il devra compter sur quelques pièces clés pendant cette deuxième moitié de saison... 

Rester loin de l’infirmerie

Depuis plusieurs années, les joueurs du CH ont tendance à être sur la touche plus souvent qu’autrement. Cette saison, le scénario s’est reproduit assez rapidement, avec les blessures hâtives de Guhle, Laine, Dach et Newhook. Plus récemment, l’organisation a aussi pu voir Jake Evans et Josh Anderson tomber au combat, deux rouages importants du désavantage numérique.  

Il est d’ordinaire assez difficile de se battre pour une place en séries avec un effectif aussi réduit, mais au moment où l’on se parle, le Canadien ne montre aucun signe de faiblesse. Pendant que l’équipe tient bon, l’infirmerie se vide peu à peu, au point où l’on a appris ce matin que Kaiden Guhle allait prendre part au match de ce soir face aux Red Wings.  

En plus de Guhle, trois autres revenants ont foulé la glace avec leurs coéquipiers lors de l’entraînement matinal au Centre Bell, soit Evans, Laine et Dach. Alors qu’Evans a patiné en équipement complet, Laine et Dach portaient un chandail suggérant qu’ils ne pouvaient recevoir de contacts.  

Si la tendance se maintient, le CH pourra s’appuyer sur un alignement sans blessés pour entamer le dernier droit de sa saison. 

Espérons qu’aucune tuile ne tombe sur la tête du Tricolore, car une équipe en santé n’a pas de prix, parlez-en à Martin St-Louis.  

 

Passer outre l’horaire difficile 

En raison de cette année olympique, le calendrier des équipes de la Ligue nationale a été fortement condensé. Depuis l’amorce de la saison, il n’est pas rare de voir le Tricolore jouer trois, voire quatre rencontres au cours de la même semaine. À la longue, cela peut devenir très éreintant pour les joueurs, sans compter les nombreuses heures de transport à endurer quotidiennement.

Cette situation met d’autant plus en lumière l’importance d’avoir une formation complète et en santé, car la gestion de l’énergie devient primordiale avec l’avancement de la campagne.

En plus du manque de repos, les adversaires que le Canadien affrontera dans sa deuxième moitié de saison seront féroces. Selon les sites Tankathon et Power Rankings Guru, le Tricolore se retrouve avec le sixième horaire le plus difficile de la Ligue.

La méthode de ces sites, ou plutôt leur calcul, consiste à analyser les adversaires restants d’une équipe et la position de ceux-ci au classement, pour ensuite évaluer la difficulté du calendrier.  

Compte tenu de cette sixième position, la troupe de Martin St-Louis devra se mesurer à de solides formations pour terminer sa saison, notamment l’Avalanche du Colorado le 29 janvier, ainsi que le Wild du Minnesota le 20 janvier et le 2 février.  

À titre indicatif, ces deux équipes trônent respectivement au premier et au troisième rang du classement général. 

 

Vers une fin du ménage à trois ? 

Le 11 décembre dernier, Jacob Fowler effectuait son premier départ dans la Ligue nationale, en gardant le filet du Canadien face aux Penguins de Pittsburgh.  

La direction avait rappelé le natif de Floride à la suite de la rétrogradation de Samuel Montembeault dans la Ligue américaine. Toutefois, un grand nombre de partisans voyaient le rappel de Fowler comme un signe de panique de la part des dirigeants. 

Étant donné que le renvoi de Montembeault dans les mineurs avait pour but un conditionnement, le Québécois n’a pu jouer que deux matchs avec le Rocket de Laval avant de revenir avec le grand club. 

Il faut savoir que lorsqu’un joueur entame un conditionnement, il peut être renvoyé dans la Ligue américaine sans passer par le ballotage. En revanche, le séjour du joueur a une durée prédéterminée, ce qui explique pourquoi le gardien québécois n’a pu amorcer davantage de rencontres avec le club-école du Canadien.  

Près d’un mois après le premier départ de Fowler avec le CH, l’organisation se retrouve toujours avec trois gardiens au sein de sa formation. Même si le club ne semble pas être affecté par cette situation, celle-ci reste précaire.  

En ayant trois gardiens différents, il est difficile de donner à chacun un certain rythme, rotation oblige. Ainsi, les rencontres du Tricolore sont souvent amorcées par un gardien qui, on pourrait dire, est plus rouillé qu’à la normale, car il obtient nécessairement moins de temps de glace. 

Une grande question se pose : Dobes, Fowler ou Montembeault ? À quel gardien Martin St-Louis donnera-t-il officiellement sa confiance ? Difficile à dire, car Fowler, qui n’a pourtant que 21 ans et qui représente logiquement le gardien le moins établi de l’équipe, donne toutes les raisons à son entraîneur de le garder.  

Tout compte fait, la destinée du Canadien de Montréal reste entre ses mains, mais ces trois facteurs seront assurément essentiels s’il veut connaître une fin de campagne victorieuse et ainsi accéder aux séries éliminatoires pour une deuxième année consécutive.  

À quoi s'attendre pour l'environnement en 2026

Par Lucas Del Castillo

C’est janvier : une nouvelle année lunaire s’entame et nous sentons le vent du renouveau chatouiller notre nuque. On a tous quelques résolutions en tête et peut-être qu’on arrivera à les tenir cette année. Mais avez-vous pensé à l’environnement jusqu’à date? 

2026 est une année qui s’annonce turbulente. Le poids du raccourcissement de la date d’irréversibilité des changements climatiques semble être un poids remarquable pour tous. En effet, on semble s’enligner pour dépasser la limite du réchauffement planétaire de 1,5°C. L’éco-anxiété peut être étouffante et touche particulièrement la communauté étudiante de manière marquée. Face à cette tempête, je vous propose de vous aider à éclaircir les choses. Nous ne sommes jamais perdus quand il y a espoir. Voici alors un petit aperçu de bons coups en matière d’environnement pour la prochaine année. 

En dépit des mauvaises nouvelles environnementales qui semblent s’accumuler de façon incessante, la nouvelle année abonde d’avancées dans la lutte pour le climat. Bien que le Québec revoit sa cible de réduction de GES de 5 ans (par précaution dues aux activités de l’administration Trump), cela ne nous empêche pas d’avancer. Le gouvernement du Québec vient de publier en décembre un guide de réduction de la consommation d’énergie pour les petites entreprises qui entrent sur le marché. En partenariat avec Hydro-Québec, le Ministère de l’Environnement continue de mettre des efforts dans leur projet de décarbonisation des bâtiments et se mobilise pour l’'écoresponsabilité de toutes les subventions proposées par la province. 

En dehors des subventions du gouvernement, les efforts citoyens continuent de grandir et d’aller de l’avant. Parmi toutes les initiatives communautaires, j’ai choisi l’inspirante Danielle Romaine qui a dirigé une initiative de bénévolat en 2025 pour planter 500 000 semences de fleurs sauvages au Québec. Parti d’un projet de Sierra Club Canada, le projet Let’s Plant cherche à rebâtir l’habitat naturel des pollinisateurs du Canada. Le un tiers de notre agriculture dépend du travail de pollinisation et malheureusement, les colonies qui font ce travail disparaissent rapidement. Danielle, 27 ans, est un modèle exemplaire qui a pris un projet et l’a poussé jusqu’à sa réussite. Nous sommes tous responsables de la survie de nos abeilles et en 2026, celles du Québec pourront se réjouir de l’effort concret d’une citoyenne engagée. 

Nous avons aussi une belle réussite en ce qui a trait à la conservation des parcs naturels avec la plus grande surface privée de protection du territoire au Canada. Le Kootenay Forest Lands, situé en Colombie Britannique, se veut être un projet ambitieux de 45 000 hectares de forêts. Acquis par Conservation de la nature Canada (CNC) en 2025, ça fait plus de 20 ans que plusieurs groupes travaillent ensemble pour connecter des corridors naturels de biodiversité dans les Rocheuses, et finalement, la terre est acquise. CNC et ses partenaires ont comme projet de restaurer et de garder les forêts en santé pour le long terme.

À Ottawa, l’organisme Forêt Capitale Forest se démarque par ses techniques adaptées de plantation d’arbres dans la région de la capitale nationale. En ville, la terre est difficilement propice à l’agriculture, les espaces verts sont petits avec des sols appauvris. Grâce à l’utilisation de la méthode Miyawaki, qui consiste à planter en densité seulement les espèces d’arbres natives dans l’espace choisi, les jeunes arbres compétitionnent pour la lumière et poussent presque 10 fois plus vite que dans une forêt clairsemée. Ottawa attend donc un bel agrandissement de ses espaces verts pour l’année à venir!

Finalement, la Fondation de la faune du Québec a récemment approuvé 31 projets de conservation. Ces initiatives représentent 2,3 milliards de dollars envoyés partout au Québec pour améliorer la protection des habitats. Variant entre des recherches sur les espèces, l’habitat, l’acquisition des territoires à protéger et les efforts de conservation, ces projets donnent espoir que la biodiversité du Québec aura une chance de prospérer dans le futur. 

Références :

Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs. (2025). Guide en efficacité énergétique pour les petites entrepriseshttps://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/environnement/publications-adm/transition-energetique/guide-efficacite-energetique-petites-entreprises.pdf

Nature Conservancy Canada. (N-D). Kootenay Forest Lands. https://natureconservancy.ca/where-we-work/british-columbia/featured-projects/kootenay-forest-lands/

Forêt Capitale Forest. (2026). Tree Planting. https://foretcapitaleforest.ca/tree-planting/

Webber, S. (N-D). The Miyawaki Method for Creating Forests. Creating tomorrow's forests. https://www.creatingtomorrowsforests.co.uk/blog/the-miyawaki-method-for-creating-forests

Lachance, N. (22 janvier 2026). Réduction des GES pour contrer les changements climatiques: Québec repousse sa cible de cinq ans. Le Journal de Montréal. https://www.journaldemontreal.com/2026/01/22/reduction-des-gespour-contrer-les-changements-climatiques--quebec-repousse-sa-cible-de-cinq-ans

Lane, P. Romaine, D (15 décembre 2025). This volunteer is creating a world that buzzes with life. Canada’s National Observer. https://www.nationalobserver.com/2025/12/15/opinion/volunteer-biodiversity-bees-quebec

Vivre à la campagne. (24 juillet 2025). De nouveaux projets de conservation de milieux naturels. https://vivrealacampagne.ca/uncategorized/de-nouveaux-projets-de-conservation-de-milieux-naturels-2/?gad_source=5&gad_campaignid=17472890131&gclid=EAIaIQobChMItKXpyKWekgMVf15HAR1mUAd0EAAYASAAEgIR1_D_BwE

https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2024-10-09/depasser-1-5-c-de-rechauffement-aurait-des-consequences-irreversibles.php

Le Québec se reconnaît à l'écran

Par Marie Véronique Ross

Fierté. C’est le mot que j’ai retenu lors d’une courte entrevue sur la représentation du Québec à travers la télésérie avec l’acteur Benjamin Roy interprétant JJ Dagenais dans la toute nouvelle émission Rivalité passionnée (Heated Rivalry). Ce n’est que quelques semaines après sa sortie, en novembre dernier, que l’émission fait fureur et ce à travers le monde. Cette série à petit budget, diffusée sur Crave, a été renouvelée pour une deuxième saison et le public en est plus que ravi, notamment les Québécois (Friend, 2025).

Cette dernière met en lumière une longue histoire d’amour (de 2008 à 2018) de deux capitaines de hockey, soit Shane Hollander des Métros de Montréal, joué par Hudson Williams, et Ilya Rozanov des Raiders de Boston, joué par Connor Storrie. L’adaptation télévisuelle du roman de l’Ontarienne Rachel Reid, réalisée par le Montréalais Jacob Tierney, met de l’avant l’identité québécoise. En choisissant des acteurs québécois/canadiens tels que Benjamin Roy (JJ Dagenais), François Arnaud (Scott Hunter) et Sophie Nélisse (Rose Landry), il met en valeur des codes culturels typiquement d’ici (Granger, 2026). Par exemple, Rose Landry porte un chandail des bagels Saint-Viateur représentant la plus vieille boulangerie de bagels à Montréal. Un autre code serait l’université de McGill (prestigieuse école anglophone à Montréal) mentionnée, ainsi que le fort accent québécois de JJ Dagenais lorsqu’il parle anglais (sans toutefois dévaloriser la langue). Ces clins d'œil adressés directement au public québécois créent un sentiment d’appartenance entre les francophones et l’émission, me l’explique Benjamin Roy. Cette valorisation d'identité ne s'arrête pas seulement aux acteurs, mais ressort aussi dans l’univers musical.

C’est dans son studio à Saint-Sauveur que l’auteur-compositeur-interprète Peter Peter, né à Québec, réalise la trame sonore de l’émission (Trados, 2026). La sélection musicale mène l’artiste à rejoindre le catalogue de Sony Music (répertoire de musiques de films et d’émissions de grande réputation). L’intégration à ce catalogue permet à Peter d’avoir une plus grande visibilité à l’échelle mondiale (Tadros, 2026). Il transporte les spectateurs à travers une discographie québécoise composée d’artistes cultes des années de la série, soit de 2008 à 2018, comme Dumas, Philippe B, Alfa Rococo, Wolf Parade et plus encore (Groguhé, 2026). Dès l’ouverture de la saison, on entend la chanson « Une journée parfaite » de l’artiste Dumas. Entre le 1er décembre et le 28 décembre, cette dernière a pu enregistrer sur Spotify 190 000 écoutes aux États-Unis et 55 000 au Canada, ce qui est impressionnant pour un artiste d’ici. Le hit québécois a atteint l’Allemagne, le Royaume-Uni, le Brésil, ainsi que les Philippines (Granger, 2026). Au tout dernier épisode intitulé « The cottage » Peter Peter décide d’inclure la bande originale de la célèbre émission Le Chalet apparue en 2015 sur la chaîne Vrak TV avec sa chanson thème « l’Anarchie des jours heureux » de La Bronze. L’hommage à Le Chalet (l’une des émissions les plus populaires de ces années) a fait fondre le cœur de nombreux téléspectateurs québécois. C’est de cette manière qu’il fait rayonner la culture musicale québécoise à l’international.

Notre culture connaît ses difficultés ces derniers temps contre les géants du web comme Netflix, par exemple (Fortin, 2025). Benjamin Roy interprète l’ampleur de ce succès comme une « certaine fierté ». Il voit Heated Rivalry comme une manière pour le reste du monde de savoir que le Québec existe. « Des fois, on se fait ignorer par le reste du monde. Ce qui est, aussi, une peur du Québec, c’est pourquoi on est aussi intense avec la Loi 101, la culture, l’histoire », me confie-t-il. Il renchérit en expliquant que depuis, les individus de l’extérieur ne sont plus nécessairement « forcés » à apprendre sur le Québec, mais au contraire ils développent une curiosité envers celui-ci et ce que cette nation a à offrir.

Sur la scène mondiale, il est difficile de se démarquer. « Les œuvres québécoises sont aussi de calibres internationaux, mais ce n'est pas tout le monde qui va les consommer », lance Benjamin. Selon Toronto City News, en quelques semaines, l’émission devient l’une des plus grandes acquisitions de Crave et accumule plus de 600 millions de visionnements (Gurfinkel, 2026). Rivalité passionnée est une lueur d’espoir pour le rayonnement de la culture québécoise au-delà des frontières. Elle montre ce dont nous sommes capables.

Références :
Granger, P. (2026, 4 janvier). Rivalité passionnée, le succès mondial qui sert la culture et l’économie d’ici. Radio-Canada. https://ici.radio-canada.ca/info/long-format/2217462/rivalite-passionnee-heated-rivalry-succes-jacob-tierney  

Gurfinkel, J. (2026, 26 janvier). Heated Rivalry Is Anti-Dystopia Art. Maclean’s. https://macleans.ca/culture/heated-rivalry-is-anti-dystopia-

art/ 

Groguhé, M. (2026, 16 janvier). « Il se passe quelque chose d’extraordinaire ». LaPresse. https://www.lapresse.ca/arts/television/2026-01-16/jacob-tierney-realisateur-de-heated-rivalry/il-se-passe-quelque-chose-d-extraordinaire.php  

Friend, D. (2025, 12 décembre). Heated Rivalry is getting a 2nd season on Crave. CBC. https://www.cbc.ca/news/entertainment/heated-rivalry-renewed-season-2-9.7014088  

Friend, D. (2025, 12 décembre 2025). Steamy Canadian hockey series “Heated Rivalry” scores second season at Crave. Toronto City News. https://toronto.citynews.ca/2025/12/12/steamy-canadian-hockey-series-heated-rivalry-scores-second-season-at-crave/#:~:text=The%20LGBTQ+%20series%20from%20writer,12%2C%202025

Fortin, R. (2025, 12 août). La culture québécoise en danger: pourquoi la boude-t-on autant? CKOI. https://www.ckoi.com/audio/716441/la-culture-quebecoise-en-danger-pourquoi-la-boude-t-on-autant 

Tadros, P. (2026, 8 janvier). La musique de Peter Peter pour Heated Rivalry rejoint le prestigieux catalogue de Sony. Radio-Canada. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2219281/heated-rivalry-peter-peter-musique